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Que delicia, cierto

L’été m’apporte des psaumes de douceur

Les flots du Loir viennent mourir à mes pieds,
tandis que les lys d’eau
redressent leurs fronts laiteux
face aux bannières du soleil,

ô ma Douce, mon Impératrice de Grâce,
l’été m’apporte des psaumes de douceur
parmi les bannières du bocages,
ma robe de soie volette dans l’azur,

les herbes s’ouvrent devant moi,
et se redressent après mon passage,
je repense à toi, mon Aimée,
toi qui es partie à l’aube

pour aller à ton travail.
Je t’ai connue à la brune, en novembre dernier,
alors que tu errais, pâle et fatiguée
car tu avais perdu ton chemin,

je t’invitai en ma borde,
et après le souper,
je déposai sur ton front gracile,
et tes lèvres,

des syllabes de volupté,
je te conduisis en ma chambre, sur ma couche,
je t’initiai des heures durant
aux mystères des prêtresses de Sappho,

tu gémis des motets de grâce,
puis arquée sur tes pieds,
tes seins fiers et lourds dirigés vers les solives des cieux,
tu hurlas l’hymne de ta Jouissance,

nous partageâmes le lait de ton corps,
et tu t’endormis bientôt dedans la crique de mes bras
blottie contre ma rivière d’amour,
et depuis lors,

tu es ma Maîtresse et ma Vie,
et nous psalmodions chaque jour
l’hymne de notre Féminité
si belle et si délicate !

Sophie Rivière

Le ciel nuptial édicte le dais de douceur

Le ciel nuptial de l’azur édicte
dans la souveraineté de l’aurore
le dais de douceur,

les bocages se signent devant la virginité du printemps,
ô ma Maîtresse, ma Suzeraine,
toi qui sais les parfums d’ambre, et les sanglots d’une cloche,

j’ai cueilli voilà peu pour toi, dans les champs et la prée
où règne la Paix, des brassées de lys et d’asphodèles
que je te donnerai tout à l’heure à mon retour

en notre logis, en Sarthe, car tu es ma Dame de Grâce.
Je t’ai connue un jour de mai à la fête patronale,
tu marchais devant moi,

ta longue chevelure de jais pendait
aux gréements de tes frêles épaules,
je te suivis, le soleil diaprait ta tunique et tes bas de soie,

tes seins fiers et lourds,
libres de toute attache, tressautaient au rythme de ta marche,
ta beauté et ton sourire me subjuguèrent,

l’amour envahit mon coeur,
moi qui n’étais jusqu’alors qu’une humble poétesse
délaissée par mes amantes,

tu perdis soudain ton châle, je me précipitai,
et je te le rendis à genoux telle une offrande,
tu m’invitas en ton logis pour me remercier.

Arrivée chez toi, je déposai lentement
sur tes lèvres l’aile d’un baiser, et je te demandai ta main,
ô ma Vénérée, ma Princesse d’harmonie,

tu acceptas, et le coeur battant, nues comme le vent des forêts,
nous joutâmes d’harmonie des heures durant,
je découvris l’archipel de ton pertuis,

et te conduisis dessus les plaines de l’Impudeur.
Depuis lors, nous partageons chaque jour
l’hymne de nos amours si pures et si féeriques !

Sophie Rivière

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Nous sommes unies par les fleurs de l’amour et de la Tendresse

Les églantines s’ouvrent
au vent de mes pas en ce matin de mai,
l’odeur des bocages monte dans les ciels du Maine

en un souffle d’ivresse,
ô ma Douce,
toi qui connais les paupières des lys,

et les lèvres voluptueuses de la luxure.
Je marche, rêveuse,
le long du Loir,

ma robe courte de soie blanche volette au gré de ma marche,
mes bas de soie brasillent
sous la grâce lascive du soleil,

mon sac à main se balance à mon épaule,
mes bras se referment
contre la forteresse du vide,

je repense à toi mon amante qui m’a délaissée,
alors que riait la langueur de l’été dernier,
pour aller chercher fortune à Paris.

J’ai pleuré la douceur de tes seins plantureux,
la rose de tes lèvres dessus ma rivière d’amour,
je suis allée aux confins de notre province,

et, à genoux sur la glèbe,
j’ai crié mon désespoir face aux camées du zénith,
cependant, je sais que tu me reviendras,

car, prêtresses de Lesbos,
nous sommes unies
par les fleurs de la passion et de la Tendresse,

nous nous épouserons alors
dans le châle de la Jouissance,
devant Éros et les femmes,

afin que vivent à jamais
les délices de notre Jouissance
si pure et si belle !

Sophie Rivière

Tu as déposé sur mes lèvres l’aile d’un baiser

Tes cheveux de jais couvrent tes épaules
jusqu’à la taille, ô mon Amante,
tu marches, hiératique, sur la paix des herbes,

en notre province du Maine,
les arbres et les oiseaux te saluent,
je te suis dans l’ombre de tes pas,

moi qui ne suis qu’une humble poétesse,
que ta servante, que l’ombre de ton ombre.
Entends-tu gémir les tercets du vent

parmi les bocages,
les rossignols, tout à l’heure,
ont chanté l’arrivée du printemps,

et face au soleil, tu m’as récité des strophes saphiques
que j’ai reprises, tu m’as souris,
et tu as déposé sur mes lèvres l’aile d’un baiser.

Tu m’as recueillie alors que j’errais deci delà,
fuyant un époux violent,
tu m’as emmenée en ta borde, là où coule l’Anille,

tu m’as appris les mystères des prêtresses de Sappho
à Mytilène, en l’île de Lesbos,
je me suis débarrassée du faix de mes étoffes,

et du port de mon soutien-gorge.
Depuis, je ne supporte nulle entrave,
je n’ai dorénavant pour unique but

que la satisfaction de tes sens, ô mon Epousée,
chaque jour, je te possède,
tu cries, tu halètes, tu brames de liesse,

quand sourd le lait de ton corps que nous buvons,
puis tu te réfugies dedans la crique de mes seins haut plantés,
fiers et lourds,

jusqu’à notre prochain duel d’Eros,
afin que triomphent
les rimes de nos amours si pures et si féminines !

Sophie Rivière

Laisse-moi te délivrer des baisers d’impudeur

Ma Douce, mon amour, je t’apporte en
ce jour de printemps dans mes mains blanches,
des brassées de lys

que je dépose en tremblant à genoux en la prée,
face aux sonnets du Levant,
face aux rives du Loir

qui serpente non loin de nous
sous les rires du soleil,
les arbres te saluent,

les oiseaux te révèrent, et entament des rimes de liesse.
Dénoue tes bras, viens vers moi,
accepte mon cadeau,

et laisse-moi te délivrer des baisers d’impudeur,
je reviens après quelques jours d’absence,
et déjà ton corps me manque,

je veux te célébrer,
toi que j’ai rencontrée un jour de mai
alors que je revenais de la fête patronale,

tu marchais hiératique, adossée
contre les vaisseaux des nuages,
et les cathédrales des bocages,

éblouie par ta splendeur, je t’ai déclaré mon amour,
mais tu as haussé les épaules,
je me suis débarrassée alors de tous mes atours,

et j’ai composé avec le sang de mon espérance,
avec la soie de la douceur,
une poésie saphique que je t’ai lue devant ta borde,

émue par la splendeur de ma Passion,
tu es venue vers moi, et à même les herbes de la prée,
sous le soleil de la Création, nous nous sommes aimées.

Sophie Rivière

Je cueille sur tes lèvres l’aile d’un baiser

Quand tombe la brune, les lucioles illuminent les prés
en notre province du Maine,
nos sortons alors de notre borde, ma Douce,

main dans la main,
nos robes de lin volettent au rire du vent,
seule résonne dans le silence la scansion de nos escarpins

parmi l’ombre des cyprès,
nous marchons le long du Loir,
avec au coeur l’hymne de notre amour.

Parfois, je m’arrête, farouche,
et je cueille sur la rose de tes lèvres l’aile d’un baiser,
 nous errons des heures durant

bercées par les psaumes de notre allégresse,
puis nous rentrons en notre borde.
J’effeuille alors dans notre chambre chacun de tes vêtements,

je te laisse seulement tes bas de soie
qui luisent, et crissent, mystérieux sous notre chandelier,
je te rejoins nue comme l’onde d’une fontaine,

et à genoux devant l’hermine de ton pubis,
ma lippe célèbre les strophes de ton pertuis, ô mon amante,
nos seins fiers et lourds tressautent à chacun de nos mouvements,

tu hurles l’émoi de ton Plaisir,
je t’emmène sur les rivages de la Jouissance,
et sur le continent de tendresse

où nous reposons maintenant avant de repartir au combat,
car il n’y a rien de plus beau en ce monde
que les orgues de la Féminité si pure et si belle !

Sophie Rivière

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