1812 (Souvenirs de Russie 1)

La horde aux yeux d'or, en foulées rapides,
Va silencieuse en attaques intrépides
Sur les soldats attardés, gelés, pétrifiés,
Qui meurent là sanglants, hébétés, statufiés.

Comme cosaques aux tuniques bleues, les loups
Vont et viennent parcourant sans fin la steppe
Et, dans le brouillard, fondent comme des guêpes
Sur la Grande Armée perdue, égaillée partout.

Cette retraite, c'est surtout une fête
Pour ces fauves affamés de sabres et de dents
Qui vont se rassasier sans fin, pendant longtemps,
De chair ennemie - à se tourner la tête.

22 octobre. 2002

Extrait de mon recueil "Aux quatre vents", protégé par le droit d'auteur.

LE PREDATEUR VA

Couché sur l'herbe et regardant ce ciel rouge
Qui annonce du vent pour demain, je bouge
En rêvant d'étoiles au clignotant incertain
Qui déchireraient la toile jusqu'au matin.

Seule une nuit noire saurait tuer ma peur
Car ce crépuscule enflammé niera torpeur
Réveillant en moi de très vieilles légendes
Où le loup poursuit au soir et chasse en bande.

Les pas là dans les pas, traces dans les traces,
Le prédateur va, avance en file indienne
Sans que l'herbe tremble bientôt sous la masse
Qui tuera, sans nulle vive proie indemne.

Ces fauves me paraissent soudain familiers
Pendant que meurent ailleurs pour rien par milliers
Des hommes, rien à protéger, sans froid ni faim,
Qui s'entre-tuent toujours comme à plaisir, sans fin.

23 octobre 2002

Extrait de mon recueil "Aux quatre vents", protégé par le droit d'auteur.

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