Post has attachment
Dihya des Aurès (55 ans après) Depuis 13 h jusqu'à 18 h j'ai été d'alerte hélicoptère, c'est-à-dire que s'il y avait eu besoin d'intervention à Alger, je serais monté à bord pour aller lâcher des grenades lacrymogènes sur les manifestants. Demain matin encore d'alerte.
A partir de maintenant je « travaille » sans les lettres (que je retrouverai peut-être un jour)
12 mars 1962
Ma première mission, ce sera ma seule mission avant le cessez-le-feu (et en dehors de ma « spécialité » comme on dit dans l'AA) Je serai « dispatcher » ce matin-là. Nous avons décollé à trois appareils cargos (équipés « transport de troupe »), de nuit, c'était mon baptême d'hélico. Nous volions de « concert », près l'un de l'autre, feux allumés, vers la Kabylie. On m'avait dit que j'aurai le temps, pendant le vol de préparer les sièges pour les « commandos » que nous allions transporter dans la montagne, c'est tout juste si j'ai eu le temps de le faire. Nous nous sommes posés après une demi-heure pour embarquer les combattants de l'armée de terre avec leur chargement sur le dos, près de Tizi-Ouzou et après un vol d'un quart d'heure, nous les avons déposés à flanc de montagne, les roues avant seules touchant le sol. Peu après je me souviens d'avoir entendu quelques coups de feu assez loin et vu des marquages par fumigènes alors que nous nous étions posés à quelque distance. Une heure plus tard nous reprenions notre vol vers Réghaïa.

                                                 *

17 mars, mon 1er « détachement »


Je suis tout content ce matin de quitter la base « mère » pour rejoindre Batna (Aurès) Nous étions deux, un mécanicien (sergent-chef N.) et moi, mitrailleur appelé, chacun avec son sac « marin » et son arme (carabine US), à prendre un véhicule pour Maison-Blanche (aéroport d'Alger). Une demi-heure plus tard, nous nous trouvions parmi les civils dont quelques jeunes personnes, qui se trouvaient là à attendre leur vol…J'avais « fière allure » (si l'on peut dire !) avec mon air « gamin » et ma carabine. Pour nous le vol était pour Télergma (aérodrome militaire de Constantine), nous avions embarqué sur l'habituel Nord Atlas et après une bonne heure nous atterrissions à Télergma et là nous avons changé de « taxi » un Broussard (monomoteur lent) pour deux sauts de puce (un poser à Kenchella) et une heure plus tard nous touchions le sol de Batna (1045m). Le sergent-chef N. connaissait déjà la base, nous avons déposé nos bagages rapidement et l'heure du repas étant bien avancée nous nous sommes dirigés rapidement vers le mess des sous-officiers  et là l'accueil « classique » de l'armée de terre (ALAT2) envers moi : « le cabot 3 à la troupe ! », les privilèges n'étant pas toujours bien acceptés ! Par la suite « ils » s'y sont faits.
Ce 17 mars, jour de mon arrivée à Batna était un samedi, le dimanche 18 mars : pas d'ordre de vols ce jour-là pas plus que le lundi 19 : jour officiel du cessez-le-feu ! Ce n'est que le lendemain de ce jour que nous avons repris les vols (sans ordre de mission pour cette fois), direction les ruines romaines de Timgad à une trentaine de kilomètres, c'était une sortie « culturelle », magnifique Timgad ! Avec son arc de triomphe de Trajan, son forum et ses mosaïques en excellent état. Puisqu'on en est à la « culture », je me souviens bien d'un survol du Medracen au printemps 1962 (mais cette fois c'était lors d'une mission « officielle » : RAV (Reconnaissance A Vue), les RAV constitueront l'essentiel de nos vols.
D'après vous c'est un pays « chaud » l'Algérie ? Si c'est ce que vous pensez, eh bien détrompez-vous ! (Bien sûr cela dépend de l'endroit où l'on se trouve…) Quand je suis arrivé à Batna, le 17 mars, nous avions le chauffage au poêle dans nos chambres et cela durerait encore plus d'un mois, au début de mars il était tombé trente centimètres de neige à Batna ! A Pâques qui tombait cette année 1962 au début d'avril j'ai vu la neige tomber pendant des heures (elle tenait bien au sol un plus haut), les montagnes environnantes étaient couvertes de neige.

Premiers vols
Il faut bien en parler du « Pirate » (hélicoptère armé), c'était notre appareil. Il y avait eu plusieurs versions de ce Sikorsky, celle que j'ai connue ne comportait comme armement qu'un canon MG 151 de 20mm (à l'emplacement de la porte du « cargo », donc côté droit de l'appareil) et une mitrailleuse Browning 12,7 située du même côté, à la fenêtre. Nous étions deux mitrailleurs à bord : le plus ancien au canon et moi Louisfert à la mitrailleuse…vous imaginez la situation ? Nous étions « censés » porter un gilet pare-balle et une « coquille » (imaginez où !) mais la plupart du temps nous ne les portions pas - peut-être dans les semaines (voire jours) précédentes mais je n'étais pas – encore – là…Autour du cou c'était le laryngophone, les écouteurs et le casque Guéneau (nom du fabricant) sur la tête et le câble de connexion qui nous reliait aux autres membres de l'équipage car il y avait au-dessus de nous dans le cockpit deux hommes qui étaient les « pilotes » (j'ai l'air de ne pas être sérieux mais on les appelait aussi « cochers » !) Moi, j'avais une responsabilité supplémentaire (si je puis dire) qui était immuable : je devais me trouver avec l'extincteur à l'extérieur, près du pot d'échappement, lors de la mise en route du moteur (1500 CV en « étoile ») au cas où…
Presque chaque jour, nous survolions des paysages merveilleux, Arris, Rhoufi, Z'ribet-el-Oued, certains – et je les comprends – me diront que nous n'étions pas là-bas pour faire du tourisme mais on peut considérer que toute personne normalement constituée ne pouvait qu'être en extase devant les merveilles que nous découvrions en dessous : dans ces régions pré désertiques de l'Aurès, c'était un tableau ni plus ni moins qu'il nous était donné d'admirer : l'oued bleu turquoise, les palmiers d'un vert émeraude, la roche des falaises ocre ! Je devrais dire : que « je » découvrais car l'autre mitrailleur (ou le « commando de l'air » qui en faisait office) avait déjà survolé plusieurs fois ces endroits, avait « fait le coup de feu » et n'avait peut-être pas la même perception que moi de la beauté du paysage…Nous survolions quelquefois des zones interdites que l'armée avait imposée et je me souviens qu'un matin du début d'avril nous étions arrivés au-dessus de positions ennemies par surprise (nous avions été aussi surpris qu'eux ). Comme nous volions souvent très bas, c'était juste après le passage d'une crête que nous les avions découverts et eux ne nous avaient pas entendus arriver car quelques secondes auparavant nous étions encore de l'autre côté de cette crête. Nous les avons vus se jeter sur leurs fusils-mitrailleurs, pensant que nous allions leur tirer dessus mais nous avons respecté le cessez-le-feu et eux aussi…Je dois ajouter une chose, c'est plus d'une fois que le cessez-le-feu a été rompu, je n'ai jamais rencontré cette situation mais j'ai bien failli, beaucoup plus tard, j'en reparlerai. Ici, à Batna, nous prenons le petit-déjeuner chez les militaires de l'ALAT, « ils » ont une jeune gazelle attachée par une ficelle, elle n'est pas sauvage. Des militaires des T284 (armée de l'air) ont un jeune fennec (ils se tient près du cou de son « maître », au chaud). Je suis resté deux mois et demi en détachement à Batna, il était prévu que je n'y reste que deux semaines mais « on a du m'oublier à Réghaïa et je n'ai rien fait pour me rappeler à leur bon souvenir tellement je me trouvais bien dans cette partie de l'Algérie. Nous volions presque chaque jour et j'étais comblé. Un autre matin de printemps, nous nous étions posés près d'un « poste » de l'armée de terre, - ils » étaient toujours contents d'avoir de la visite – A peine descendus de l'appareil, un responsable de ce « poste » (tout au plus une dizaine d'individus) nous dit : « ils » viennent de partir avec nos mules ! Le chef de bord et premier pilote, le lieutenant F. propose d'aller les rechercher, on embarque un ou deux soldats avec nous, des cordes et licols et on décolle, nous n'avons pas eu bien loin à aller pour retrouver les bêtes qui avaient changé de propriétaires…ces derniers n'ont d'ailleurs opposé aucune résistance, nos canon et mitrailleuse étaient dissuasifs ! (Jamais nous ne nous en serions servis…)
A Batna, c'était moi qui était chargé de prendre possession des « messages » chaque soir (messages envoyés par la « région aérienne – 5ème RA : Algérie -) qui indiquaient les « opérations » pour le lendemain : les ordres de vol. Nous avions été appelés pour venir en aide à un pilote de « Broussard » victime d'une panne et qui avait été obligé de se poser dans une partie assez plane, pas très loin d'un oued, nous avions dû déposer un sentinelle pour garder l'avion en attendant que des mécaniciens viennent le réparer, nous avions ramené le pilote en lieu sûr (je n'aurais pas voulu être la sentinelle…)
Nous avons volé aujourd'hui jusqu'aux portes du désert (à partir de quel moment se trouve-t-on au Sahara ? bonne question !) et nous sommes posés près d'un camp de la « léchion étranchère » (il y avait encore de nombreux Allemands à la légion dans ce temps-là), je me souviens très bien qu'ils devisaient dans leur langue en s'approchant du canon (Mauser) de l'hélico.Peu avant l'atterrissage j'avais entendu les pilotes dans mes écouteurs : « Vous avez vu les tentes à la limite du camp ? Ce sont celles des … (je ne me souviens plus du mot enfin disons des …demoiselles ou dames), nous avions été invités à partager une bière avec eux (c'était bien tôt le matin pour cela !), ils nous avaient donné des munitions pour aller chasser la gazelle (eh oui ! je sais, nous étions – peut-être - plus « cruels » à cette époque…), je ne « m'étale » pas sur les détails, enfin moi comme d'habitude je m'en « tire » bien car c'était encore l'ancien (en l'occurrence un sergent-chef des commandos de l'air) qui avait fait le sale « boulot », nous avons rapporté une gazelle aux légionnaires avant de repartir. J'ai déjà parlé d'Arris un peu plus haut et ai vanté les beautés de ses paysages, je me souviens qu'un matin (c'était plus souvent le matin que nous étions en « opération ») après que l'hélicoptère « Alouette 2 » du capitaine qui remplissait les fonctions de PC Air (poste de commandement Air) se soit posée, nous avions fait de même et je vois encore (et j'entends) ce capitaine qui posait des questions aux enfants de l'école : « Alors les enfants vous êtes contents d'être à l'école ? Ouiiiiiiii »

Le roman ici (Dihya des Aurès)

Soudain j'aperçus l'institutrice (une « Arabe » comme nous disions…) A Arris il n'y avait pas que les paysages qui étaient « à couper le souffle ».
Elle était restée un peu en arrière mais puisque le capitaine s'adressait aux enfants elle se dit qu'elle pouvait être un tant soi peu concernée car c'était « ses » enfants après tout et elle s'avança vers lui et vers nous. Elle était plutôt petite, elle avait la peau mate, très légèrement basanée, de beaux yeux bleus légèrement moqueurs, des sourcils fins et un nez tout autant, je remarquai ses petites mains aux doigts effilés, elle devait avoir vingt-deux ou vingt-trois ans. Elle s'entretint quelques minutes avec le capitaine et le lieutenant R. le pilote commandant de bord de notre « Pirate », moi j'étais resté en retrait, ma situation de caporal (j'étais le plus jeune d'entre nous et presque « sans grade ») ne me permettait pas de me montrer au premier plan…Et puis ma timidité naturelle ne m'engageait pas à cela. Je crois bien que nos regards se croisèrent plus d'une fois, j'en fus tout ému ! (C'était cela le « coup de foudre » ?), on ne s'éternisa pas, il fallut repartir.
Le récit – suite – ici
On redécolla, les deux appareils de concert, Batna fut bientôt en vue.     
                                                     *
Nous avions des séances de cinéma chaque soir à Batna, je me souviens même d'une fois où nous avions pu assister à deux séances ! Jamais je n'aurai autant de chances – de toute ma vie – d'assister à des séances de cinéma (et c'était gratuit). C'est comme cela qu'un matin, ne m'étant pas réveillé à l'heure, je n'avais pas pris le temps du petit déjeuner ! L'équipage m'attendait, rotor tournant, le rituel de mise en route avait-il été suivi ? extincteur…? Mes excuses mon lieutenant (profil bas !) Et on décolle. Aujourd'hui RAV sur El Kantara (gorges magnifiques, on sent le désert). Quelque temps plus tard, une section de supplétifs ayant faussé compagnie à la France était le but de notre vol, comme souvent le résultat de notre reconnaissance n'apporta rien, (il était tellement facile de se soustraire à notre recherche dans ces régions montagneuses)  nous n'avons pas retrouvé les fuyards qui avaient sûrement de bonnes raisons de changer de camp !
Le roman

Nous reviendrons souvent à Arris, petite localité d'altitude des Aurès et je me prendrai d'affection (si j'ose dire) pour les enfants de l'école (française, pour combien de temps encore ?) et pour l'institutrice Dihya et là ne suis-je pas un peu présomptueux et trop sûr de moi ? Après deux ou trois atterrissages je m'efforçais de ne pas trop attirer l'attention de mes supérieurs et j'essayais de m'approcher de la jeune institutrice, j'appris qu'elle avait vingt-deux ans et moi qui n'avait que vingt ans et l'air toujours aussi « gamin » j'étais tout content de pouvoir échanger avec une aînée (de peu mais quand même !) Elle me dit qu'elle enseignait en français, en chaouïa (langue berbère des Aurès) et aussi un peu en arabe, pour le français elle ne savait pas si l'enseignement dans notre langue perdurerait…
Je m'arrangeais pour lui demander son adresse, elle eut l'air un peu étonnée mais ne refusa pas de me la communiquer et elle l'écrivit sur un petit bout de papier (je vois encore ses gestes fébriles) qu'elle me remit subrepticement alors que l'équipage montait à son poste et moi aussi (avec un peu de retard…) Bientôt ce serait Batna.
Plus de cinquante ans après je me souviens bien de l'Aurès (ou des Aurès) et de Batna. Je ne mens pas en disant que c'est ici que j'ai passé mes meilleurs moments en tant qu'appelé en Algérie. Le survol de l'oued el Abiod à Rouffi était merveilleux (un décor de cinéma), personne ne résistait à une telle beauté.
                                                    *
Le récit
Au cours d'avril 1962, lors d'une RAV, nous apercevons des mouflons qui fuient, à cette époque c'était presque une obligation de tirer sur les bêtes sauvages que nous rencontrions, ce fut la seule fois de ma vie d'appelé que j'utilisais ma carabine US, je tire et je blesse la pauvre bête (qui pouvait encore courir), le sergent B. mitrailleur appelé comme moi mais ancien, l'abat du premier coup ; nous nous posons pour le hisser à bord (quel poids : au moins soixante kilos), nous avons souffert pour le monter dans le « cargo », la vengeance posthume de l'animal c'est qu'il a laissé une mare de sang à nettoyer dans l'appareil (devinez qui était le volontaire d'office : Louisfert évidemment). Nous avons fait un méchoui de mouflon et nous les chasseurs nous avons eu « droit » au cœur (pas formidable, plutôt coriace), le vol du lendemain s'en est ressenti : nausées et ce qui suit… à l'atterrissage.

Roman

Dihya était déjà venue en métropole, comme nous dirions encore pendant quelque temps bien qu'il nous arrivait quelquefois d'utiliser l'expression « en France » (plus particulièrement nous les appelés). Elle était venue en colonie de vacances dans la région de Nantes étant adolescente puis avait été étudiante à l'école normale d'institutrices à Fontenay-aux-Roses en banlieue sud de Paris. C'est dans cette même ville de Fontenay que j'avais résidé plus de deux ans juste avant d'être appelé en Algérie, peut-être nous étions-nous croisés ! Elle s'était déjà « arrangée » pour venir à Batna depuis Arris (une quarantaine de km), à l'époque je pouvais le souligner comme méritoire, il fallait prendre un car cahotant qui conduisait au marché de la ville et l'époque ne se prêtait pas à ce genre d' « engagement » (si je puis dire : il n'aurait pas fallu que son stratagème fût découvert par la population algérienne en ce temps-là et je lui suis reconnaissant pour ce qu'elle a fait pour nous permettre de nous rencontrer. La ville de Batna (une grande ville par rapport à Arris où on la connaissait beaucoup plus bien qu'elle fût originaire de Rouffi ou environs). N'allez pas penser que nous allions dans un hôtel, nous étions totalement chastes bien sûr et nous nous promenions dans des endroits qu'elle connaissait suffisamment pour que ce soit dans le plus parfait anonymat. Je lui donnai mon adresse : SP 87… sur DIH. Ca devait étonner le vaguemestre cette lettre qui arrivait des Aurès et non de France comme à l'accoutumée.


                                                Arris le .. avril 1962


Mon cher petit français,
Comment allez-vous depuis que nous nous sommes vus jeudi ? (Elle utilisait aussi bien le vouvoiement que le tutoiement). Ce matin une cigogne s'est posée sur le toit de l'école, est-ce un présage ? C'est ce que je souhaite. Nous nous dirigeons tout doucement vers l'indépendance de notre pays, chaque jour il y a de nouveaux drapeaux algériens sur les toits. Bien sûr je suis contente de notre accession à l'indépendance qui aura bientôt lieu je crois. Je ressens une certaine hostilité de la part des parents des enfants (et même de la part de ces derniers (ou est-ce une impression ?) Tu as dit une fois que nous nous marierions plus tard, il me sera dur de quitter mon cher pays. Je crois que de toute façon c'est ce que je serai obligée de faire quand nous deviendrons indépendants car ici on ne me laissera pas en paix … Je te serre contre moi et t'embrasse.
                                                     Dihya
Récit

Ce matin RAV vers Arris, Rhoufi entre autre pour compter les « drapeaux fells5 » qui se multiplient en ce moment, juste après le cessez-le-feu on en dénombrait assez peu, de jour en jour leur nombre augmente : l'Algérie (enfin, les Arabes), ne pense plus qu'à une chose : l'indépendance.
Hier après-midi, je suis allé en ville pour la première fois, en voiture (jeep), ça change de l'hélico ! C'est un sous-officier de carrière qui conduisait, un autre nous accompagnait, ces messieurs se sont absentés pour aller boire un « pot » dans une « maison » et m'ont abandonné à mon sort, seul dans la jeep, en compagnie d'un Mac 50 : pistolet (surtout ne le montre pas trop ! message reçu).
Roman

                                                   Batna le … A SP 87…

Ma chère Dihya chérie ;
Je ne sais quand je devrai quitter la base de Batna, pour moi ce ne sera pas de gaieté de cœur car j'ai beaucoup de raisons pour me plaire ici mais je sais que l'inéluctable arrivera (bientôt). D'un autre côté je me dis que ça me rapprochera de mon retour en France. Je réitère ce que j'ai promis. En ce moment courent des bruits qui disent que les hélicos de Réghaïa (notre base « mère ») devraient être rapatriés vers St Dizier (en Champagne) mais ce n'est qu'une rumeur. En attendant de pouvoir t'embrasser à Batna ou chez toi, je te quitte et t'embrasse très fort.
                                                        Pierre-Alain
Le récit

Il fait de plus en plus chaud ici sauf la nuit où nous chauffons encore. Il y a des rumeurs sur un départ prochain de la 22ème EH vers Saint Dizier, nous en parlons beaucoup ici au DIH, mais la vie continue et nous avons à remplir nos missions jusqu'au bout.
Je me souviens d'une mission qui nous a pris toute la journée : l'armée (aussi bien l'AA que l'armée de terre) devait faire rendre les armes à des
combattants de l'ALN retranchés dans une mechta. C'est l'opération la plus importante que j'ai vue ! D'abord des passes d'intimidation en rase-mottes des « Corsair7 » de la marine nationale de Télergma sur ces « insurgés » mais rien n'y fit. Evidemment ce n'était que des menaces et « ils » le savaient !
Ensuite ce fut notre tour (le « pirate ») d'intervenir : trois quarts d'heure à tourner autour de la « mechta » (le plus bas possible) avec notre hélicoptère armé de la mitrailleuse 12,7 (avec Louisfert derrière) et du canon de 20 (avec l'autre mitrailleur

Post has attachment

Post has attachment

Post has attachment

Post has attachment

Post has attachment

C'est ma communauté !

Post has attachment
Vous avez déjà vu ce livre ?
Photo

Post has attachment

Post has attachment
Wait while more posts are being loaded