Je t’ai adoubée du sceau de Sappho

Les cyprès se ploient lentement
sous la fraîcheur du vent,
tandis que nous marchons main dans la main
le long du Loir,

le soleil soulève tes paupières,
ta chevelure de jais
effleure par à-coups la fleur de mon visage,
tu es le lys de mon Impudeur,

ô ma Douceur,
toi que j’ai adoubée cette nuit
du sceau de Sappho.
Tu n’étais auparavant à vingt ans

qu’une jeune femme timide,
et tu ne connaissais rien
aux jeux de l’Amour,
si ce n’est les baisers violents

et les attouchements furtifs
de quelques hommes.
Je t’ai appris les rites de l’effeuillage,
les langueurs des caresses,

la beauté de tes seins haut plantés, et
l’hermine de ton pertuis,
après maintes joutes tu as crié, mon Epousée,
la grâce de la Jouissance,

nous avons bu tes blanches noces,
puis, tu t’es réfugiée, repue,
et heureuse, contre l’aile de mes bras.
Nous sommes sorties, et face au monde,

tu m’as lancée, voilà peu, farouche :
- à notre retour,
je te posséderai,
car c’est si beau et si bon !

Sophie Rivière

Les armoiries de nos langueurs si douces et si féminines

Le vin de l’automne s’écoule
parmi les brumes du silence, tandis que
des duchés de nuages parcourent les hanches du soleil,

les oiseaux dans les bois du Maine
ne chantent plus la liesse de nos amours,
non loin de moi,

tinte le glas,
notre borde ignore maintenant
la messe de nos râles d’amours

sous les solives de notre chambre.
Je te pleure mon Epousée,
toi qui m’as délaissée un jour de mai,

je n’ai plus de toi
que quelques robes, et tes bas de soie,
mon corps frissonne à ton évocation,

et je regrette
les armoiries de nos langueurs
si douces et si féminines.

je t’ai enseigné des mois durant
des strophes érotiques,
et l’ivresse de la clarté.

Qu’es-tu devenue
mon Impératrice de liesse,
je sais cependant que tu me reviendras,

dans l’attente de ce jour béni,
je retourne chaque dimanche devant
la chapelle où je t’ai rencontrée la première fois,

je redécouvrirai alors l’isthme de tes seins,
et les stances de ton pertuis,
reviens vite, ma Divine, je n’en peux plus !

Sophie Rivière

Le missel de la Jouissance et la tendresse

Des langueurs de flamme
se déversent dessus les versets du vent,
dessus les bocages,

des mouettes montent vers les cieux
et racontent au monde
la cueillaison d’une harmonie.

Je marche, heureuse comme une enfant,
parmi les rues du Mans,
la clarté de l’aurore m’inculque l’astre de ta beauté,

mon sac à main se balance à mon épaule,
ma longue chevelure châtaine pend
à la vergue de mon dos,

ma robe courte et mes bas de soie
rutilent aux sourires du printemps
tandis que résonne sur l’asphalte la messe de mes escarpins,

parfois, des hommes me sifflent,
mais peu me chaut leur comportement,
car je n’aime rien tant que

l’orgueil de tes seins, ô mon amante, mon Epousée,
tressautant sous ta tunique d’organdi.
Je sais que tu m’attends en ton logis,

je m’approche mon amour,
toi qui m’as initiée aux plaisirs de Lesbos,
j’ai tant besoin de ta Grâce.

En arrivant, laisse-moi te posséder,
laisse-moi t’enseigner à tout heure que Dieu fait,
les rimes de ma passion si pure et si féminine

afin de te mener en l’océan de la volupté,
et de te faire connaître
le missel de la Jouissance et la tendresse !

Sophie Rivière

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Hola quien al chat soy nueva

Ô ma tourterelle, ma fée de feu

Tu fermes tes paupières de liesse,
ma douce,
lorsque mes lèvres communient avec tes lèvres,
que mes paumes cajolent ta chevelure de feu,

s’attardent
sur l’étole de ton pubis
et
les pétales de ta féminité.

Confie-moi encore tes flancs de fraîcheur,
tes cuisses d’orgueil aux odeurs envoutantes,
la voilette de tes yeux d’émeraude
qui se consument dans le calice de sérénité,

à chaque heure de nos jours et de nos nuits,
la tendresse scande nos vies,
et nous entraîne dans l’au-delà du désir,
quand nous marchons, main dans la main,

sous les porches des nuages
et sur la chaussée des villes.
Aujourd’hui, nos toilettes gisent à terre
dans l’ombre de notre chambre,

tes épaules tremblent
à
l’
aile de mon étreinte,

j’accueillerai incessamment à genoux,
au creux de ma dextre,
le Saint chrême de ta cyprine
sur l’autel d’éternité !

Sophie Rivière​

La mélodie de nos amours si belles et si féminines

Les feuilles des églantiers tombent
une
à
une

aujourd’hui dessus la mousse des bois,
les paupières mi-closes de l’été
vacillent parmi les soupirs de l’aurore.
Cette nuit, les étoiles ont sangloté

les strophes de grâce des roses
agonisant lentement parmi la prée,
cependant peu nous importe la mélopée des saisons,
ô ma Douce, ma Vénérée,

car seule compte
la mélodie de nos amours si belles et si féminines
qui déplaisent tant aux mâles.
Tes yeux d’émeraude connaissent

la musique de tes doigts sur mes seins,
et les algues de ma chevelure brune,
le vent emporte vers les bourgs et les cités de fer
l’hymne de mes gémissements,

quand, à genoux sur notre couche,
en notre gynécée, tu bénis avec ta langue et tes doigts
la toison de mon pubis, et les lys de mon pertuis.
Viens ma Princesse, redis-moi nos corps-à-corps,

le parfum de nos luxures
que mes sens inapaisés te réclament,
et
vous mes amies qui me lisez,

vivez les odes de Jouissance chantées
par Sappho et ses prêtresses,
et vous trouverez sans peine
les quatrains du Désir et de la Tendresse !

Sophie Rivière

Je marche dans le silence de l’aurore

Je marche dans le silence de l’aurore,
non loin de moi tintent
les cloches de la cathédrale Notre-Dame,

je longe les quais de Seine
où dorment des péniches,
les peupliers se courbent quand bruissent les rimes du vent,

mon sac à main se balance dessous mon bras,
tandis que résonne sur le bitume
la scansion de mes escarpins.

Je marche vers toi, ma Douce, mon Impératrice de lumière,
toi que j’ai rencontrée un jour de mai
pareil à celui-ci dans mon hameau du Maine,

ta tunique de lin voletait, dévoilant la clarté de ta grâce,
le fruit rouge de tes lèvres
murmurait l’océan de ta sensualité.

Je viens vers toi,
toi qui m’as fait découvrir
les orgues de nos amours si belles et si féminines

que psalmodiaient déjà
voilà vingt-cinq siècles Sappho et ses prêtresses,
je veux te tenir entre mes bras, et sentir tes seins contre les miens,

je veux te posséder à nouveau,
je veux entendre tes râles d’amour s’élever
vers les solives des cieux, et récolter le miel de ton corps,

je suis maintenant arrivée au bas de ton escalier,
je sais que tu m’attends, haletante,
dans quelques minutes,

nous nous retrouverons,
et nous glorifierons
le vin de nos blanches noces !

Sophie Rivière

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Je te vole l’aile d’un baiser

Ô mon amour,
je t’apporte à genoux, en notre borde,
des versets de lumière, et mon coeur qui ne bat que pour toi.

Reçois ce bouquet de violettes
que j’ai cueilies à l’aurore
alors que tremblotaient les orgues du vent

parmi
les bocages du Maine,
ma robe de lin et mes bas de soie

miroitent sous la sève du soleil,
l’onde du Loir danse
dans l’azur de mai.

Tu es éveillée maintenant en robe de peau, et
ton visage s’éclaire à ma vue,
tes seins haut plantés, arrogants et lourds,

écoutent le vin de mes désirs,
je me penche pour te voler l’aile d’un baiser
que tu me rends au centuple,

je te rejoins, et tu deviens Grâce,
ô mon Impératrice de douceur,
ô ma Fée de splendeur,

nous joutons d’amour des heures durant,
tu sanglotes des odes de liesse
jusqu’à ce que s’écoule le lait de ton corps que nous partageons,

puis,
tu te reposes, tendrement,
adossée contre la cathédrale de mes hanches,

soudain tu te redresses,
et tu me lances, farouche :
encore, c’est si bon !

Sophie Rivière
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