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Avis de lecture : Debout-payé de Gauz
C’est fou ce qu’un vigile, entend et réfléchit le monde tandis qu’il est payé à assurer la sécurité dans les centres commerciaux ou les grandes entreprises. En sommes-nous bien conscients ?
Debout-payé paru en 2014 aux Editions Attila nous emmène dans un univers sans foi, ni loi, celui de ceux qui sont payés à être debout toute la journée.
« Les contrats sont à durée indéterminée. Entrés chômeurs dans ces bureaux, tous ressortiront vigiles. Ceux qui ont déjà une expérience du métier savent ce qui les attend les prochains jours : rester debout toute la journée dans un magasin, répéter cet ennuyeux exploit de l’ennui, tous les jours, jusqu’à être payé à la fin du mois. Debout-payé. Et ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air. »
Cet ennui, personne mieux que Patrice Pluyette ne l’a décrit dans Un vigile comme une déréliction qui n’a ni odeur, ni couleur.
L’ennui de Gauz, un étudiant brillant ivoirien, fils d’une mère cultivée, est un peu différent. Il est multiple, coloré, cosmopolite, intelligent. Certains vigiles subissent, résignés, le seul emploi qui leur est destiné. D’autres sont vigiles pour payer leurs études et observent les riches se déplacer pour dépenser ailleurs l’argent qu’ils auraient tout aussi bien pu dépenser chez eux : « D’un centre commercial à un autre , quitter Dubaï, la ville-centre-commercial, et venir à Paris pour faire des emplettes aux Champs-Elysées, l’avenue centre-commercial. Le pétrole fait voyager loin mais rétrécit l’horizon ».
Les immigrés vivent parqués dans un ghetto, n’en sortent que pour travailler comme vigile dans le meilleur des cas et dans l’autre ils sont reconduits à la frontière. Ossiri, le personnage principal se plaît alors à imaginer un voyage bucolique à travers les champs où l’intéressé gambade en écoutant des « Au-revoir ». Gauz, l’auteur de ce livre « coup de poing », n’est pas dupe tandis qu’il nous assène en pleine face un aphorisme : « Bannir un homme, l’éloigner de force de l’endroit où il vit et travaille juste parce qu’un préfet ne lui a pas signé un banal papier, était une idée effrayante ».
Alors la prochaine fois que vous vous trouverez devant un vigile, ne le regardez plus tout à fait de la même manière, pensez à ce qu’il faut comme effort pour conjurer l’ennui, d’autant plus que cet homme, a si cela se trouve, fait plus d’années d’étude que la majorité des français. Et pendant que vous le dévisagez avec lassitude et ennui, prenez conscience du fait qu’il est peut-être occupé à disséquer vos moindres faits et gestes, non seulement pour éventuellement vous empêcher de voler mais aussi parce qu’il porte sur vous un regard vif et acéré sur vos travers d’hommes et de femmes occidentaux.


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