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Chaque jour, quelques lignes sur le fait de vivre sous Justin Trudeau

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Nil Sanyas

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Jour 123 – Vendredi 19 février

Alors que l’on parle énormément de la lutte contre les taxis et Uber, j’ai envie de mettre en avant Téo Taxi. Cette nouvelle entreprise québécoise tente à la fois de surfer sur le succès des VTC, tout en proposant de réels services de taxis (donc en payant ses permis via un système de location).

Pour le moment en phase de test depuis quelques mois, son concept est simple : des voitures identifiées (vertes et blanches, sauf les taxis luxueux), 100 % électriques et silencieuses (avec des Kia, des Nissan et des Tesla), un service minimal (Wi-Fi gratuit et plus tard tablettes tactiles), une application mobile, un paiement mobile, un recrutement de chauffeur par site Web, etc.

Au point très important et qui pourrait avoir un poids considérable : les chauffeurs de Téo Taxi sont… salariés. Ce n’est ni le cas des chauffeurs de taxis (autonomes) ni de ceux d’Uber et de ses acolytes. Ce salaire garanti pour les chauffeurs de Téo Taxi implique de nombreuses conséquences : leur intérêt n’est pas de faire trainer le client pour que le compteur grimpe, mais plutôt de le faire arriver plus vite afin d’avoir plus de clients dans la journée, et donc plus de pourboire. Qui plus est, alors que certains taxis autonomes, pour joindre les deux bouts, travaillent un nombre incroyable d’heures par semaine, ici, les chauffeurs font leur 40 heures, et c’est tout.

Bien entendu, Téo Taxi n’est pas forcément l’entreprise parfaite. Elle a encore tout à prouver. Ses véhicules électriques ont un kilométrage limité, d’autant plus en hiver alors qu’il faut absolument mettre le chauffage. Je n’ai pas encore pu tester l’application, donc je ne sais pas ce qu’elle vaut réellement. Concernant la tarification, c’est là aussi à voir, j’ai cru comprendre qu’ils étaient variables selon la demande (comme pour Uber à nouveau). En tout cas, pour le lancement officiel de son application sur Google Play et l’App Store, l’entreprise a proposé immédiatement un rabais de 25 %. Un geste qui ressemble là encore à l’esprit start-up / Uber plus qu’à celui des taxis…

Pour le moment, seuls quelques quartiers de Montréal sont couverts. Mais il est évident que l’objectif est de couvrir l’intégralité de l’île. La ville de Québec sera aussi concernée dans un second temps (vers la fin de l’année). On ne sait toujours pas néanmoins quand le service sortira de sa phase de rodage.

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Adonis Vasquez (a Box Full of Crap)'s profile photo
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I'l mon enlevé me commentaires
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Nil Sanyas

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Jour 121 – Mercredi 17 février

Double nouvelle majeure au Québec aujourd’hui. Tout d’abord, confirmant ma chronique du 4 février dernier, Bombardier souffre à un tel point que l’entreprise vient d’annoncer le départ de 7000 employés dans le monde dans les deux années à venir, principalement au Québec (2400 postes) et au Royaume-Uni. Même si des embauches seront aussi réalisées dans le futur à en croire Bombardier, elles n’ont strictement rien de concret, contrairement aux départs.

Bombardier explique avoir de sérieux problèmes de liquidité - ce que nous savons depuis longtemps - et qu’il croit dans le succès futur du C Series, une chanson que j’entends un peu trop ces derniers temps, on dirait de la méthode Coué… J’ai parfois l’impression que Bombardier mise tout sur ces nouveaux avions et qu’en cas d’échec, l’entreprise se retrouvera dans une très mauvaise situation…

Un représentant syndical de l'Association des machinistes semble d’ailleurs aussi sceptique que moi : « J'espère simplement que la production de C Series décollera assez rapidement pour que les employés qui seront mis à pied puissent être rappelés au travail dans les plus brefs délais. » Il espère…

Reste tout de même une bonne nouvelle, et non des moindres : Air Canada a annoncé vouloir commander entre 45 et 75 C Series. J’attends tout de même que cette « intention » se concrétise. Cela devrait être une question de semaines, donc nous en aurons le cœur net sous peu, probablement le mois prochain. On reviendra aussi sur le possible coup de pouce que donnera (ou non) Ottawa.

Enfin, concernant l’affaire Claude Jutra, tout va très vite. Québec Cinéma vient d’annoncer qu’il changera le nom de la Soirée des Jutra, dont la prochaine édition aura lieu le 20 mars prochain. Il semble que cette décision ait pour impulsion Hélène David, la ministre de la Culture, qui a contacté le président de Québec Cinéma dans la matinée. La ministre aurait d’ailleurs déposé une requête auprès de la Commission de toponymie du Québec afin d’obtenir la liste de tous les lieux publics portant le nom de Claude Jutra. Cela pourrait – ce n’est pas une certitude – mener à suppression pure et simple de son nom des différents lieux portant son nom. On sait en tout cas déjà que le parc Claude-Jutra à Montréal disparaitra (enfin son nom), tout comme la principale salle de projection de la Cinémathèque.

Je trouve tout de même que tout va trop vite en réalité. Tout se base sur les propos d’un homme aujourd’hui âgé qui aurait été agressé durant plusieurs années par Claude Jutra durant son enfance. Mais rien ne nous dit que tout est vrai. Il n’y a aucun recul sur cette affaire. Je veux bien comprendre que certains souhaitent se désolidariser, mais si vite ? Tout s’est passé en quelques jours à peine…

C’est d’autant plus étonnant qu’il y a une poignée de jours, la ministre de la Culture déclarait ceci : « Ce ne sont pas des questions simples. Il n’y a pas d’accusations formelles. Il n’y a pas de victimes qui, à notre connaissance, ont porté plainte. Quoi qu’on dise par ailleurs, Claude Jutra est un immense créateur sauf que pour ce “par ailleurs”, on n’a pas d’informations confirmées. […] Tout citoyen est présumé innocent. On n’a pas d’éléments pour l’instant et il n’y a jamais eu de procès et M. Jutra est décédé. Alors, soyons très très prudents. » Il a suffi d’un témoignage choc ce matin dans La Presse pour que tout ce discours vole en éclat…

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Lunix Watt's profile photoSteve Smith's profile photo
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je travaille sur le cseries depuis le debut du projet et cette avion est de loin superieur au autre les pilot aime le piloter le succet sa viendra je vous lassure en attendant moi jachette des action pas cher! et pour ce qui est des subventions gm on eu plus de 15 milliards pour ma pars je trouve que aider une compagnie canadienne est de mise
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Nil Sanyas

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Jour 119 – Lundi 15 février

En ce beau lundi chaleureux (par rapport aux deux journées précédentes…), l’actualité qui agite le Québec concerne Philippe Couillard, notre Premier ministre, et son changement d’avis sur le projet d’exploitation pétrolière sur l’île d’Anticosti.

Si cette actualité anime en réalité la province depuis plusieurs années (et quelques semaines si l’on s’intéresse uniquement au cas Couillard), je n’avais pas encore abordé cette problématique jusqu’ici. Voici tout d’abord un récapitulatif historique :

• Années 1970 : alors que l’on sait déjà à l’époque que du pétrole est présent sur l’île (sans réellement savoir quelle quantité), la Société québécoise d'initiatives pétrolières, une société d’état fondée en 1969, n’arrive pas à trouver de gisement et abandonne le projet.

• 2002 : le gouvernement de Bernard Landry (Parti Québécois) s’intéresse de près à Anticosti et prévoit un lourd investissement du gouvernement pour exploiter ses réserves. La défaite du Parti Québécois l’année suivante à l’avantage de Jean Charest (Libéral), qui restera au pouvoir jusqu’en 2012, mettra fin aux idées du PQ.

• 2005 : le gouvernement de Jean Charest arrête officiellement toutes tentatives d’exploration alors que « seulement » 10 millions de $ ont été investis jusque là par Hydro-Québec Pétrole et Gaz. Le gouvernement annonce à cette époque qu’il n’y a rien d’intéressant à explorer (sans rire). Nous verrons plus tard qu’entre ce que dit ce gouvernement et ce qu’il fait, il y a de fortes différences.

• 2008 : l’entreprise publique Hydro-Québec revend à Pétrolia ses permis de forage sur Anticosti. L’entente est alors secrète.

• 2011 : la vente des permis de forage fait de plus en plus de bruit. On commence à accuser le Parti Libéral Québécois d’avoir vendu au privé la richesse de l’île… Jean Charest explique à l’époque, plein d’aplomb, que le gouvernement a agi dans l’intérêt des Québécois (sans commentaire).

• 2013 : l’entente entre Hydro-Québec et Pétrolia devient publique. Nous apprenons alors qu’une redevance sera reversée à HQ en fonction de la production : 1 % sur les 3 premiers millions de barils sortis de l’île, 2 % jusqu’à 10 millions et 3 % au-delà. Le tout net des redevances gouvernementales et des coûts de transport tout de même. En somme, sous couvert de ne plus avoir à investir, Hydro-Québec recevra des miettes. En somme, le PLQ a bien vendu au privé l’équivalent potentiel de plusieurs centaines voire milliers de milliards de dollars…

• Février 2014 : le gouvernement péquiste de Pauline Marois reprend la main et investit 115 millions de $ dans deux projets d’exploration afin de déterminer la valeur réelle de l’île. L’entente implique notamment que le Québec tire profit à 60 % des bénéfices de ce partenariat public-privé qui lie notamment les Québécois Pétrolia et Junex, le Canadien Corridor Resources et le Français Maurel & Prom. À cette époque, Couillard dira : « Je me pose de grosses questions sur le risque. Comment le risque se partage-t-il entre le secteur privé et le contribuable. Il me semble qu'on fait entrer le contribuable sur le risque un peu trop tôt, avant qu'on ait plus de détails sur la capacité du projet d'être rentable. (…) Il y avait de la place encore pour de l'investissement privé. » Mais qui dit investissement privé dit retour sur investissement plus important pour… le privé. Non ?

• Mai 2015 : d’après un scénario réalisé par le ministère des Ressources naturelles du Québec, 3900 à 6500 puits de pétrole pourraient être forés sur Anticosti. La publication de ce scénario prouve en tout cas que le nouveau gouvernement libéral de Philippe Couillard s’intéresse toujours au projet.

• Décembre 2015 : lors de la COP21, gros retournement de situation. Philippe Couillard se dissocie du projet, semble-t-il donc pour des raisons écologiques. Il est toutefois rappelé à l’époque que si le gouvernement venait à briser son contrat avec les entreprises privées, les conséquences pourraient être fâcheuses.

• Janvier/Février 2016 : Philippe Couillard continue ses attaques envers le projet Anticosti et ne cesse de cibler Pétrolia et les autres compagnies sur les conséquences dramatiques de cette exploitation. Le Français Maurel & Prom a d’ailleurs déjà fermé ses bureaux à Montréal, bien que les difficultés financières du groupe (liées à la chute du prix du pétrole) pourraient expliquer cette fermeture.

Concrètement, la fin des travaux d’exploration sur l’île est prévue pour cet été. Néanmoins, Philippe Couillard, qui martèle ne pas vouloir entendre parler d’un dossier issu du Parti Québécis (ce qui est faux), a tout de même déclaré ceci il y a quelques jours lors d’un point presse au sujet des fonctionnaires chargés d’analyser les impacts environnementaux sur l’île : « Ils feront ce qu'on leur dira. » Du Couillard tout craché. Le message est néanmoins très clair : le projet tombera à l’eau, ce qui peut bien entendu enchanter les écologistes, mais économiquement, le message est catastrophique, puisque le gouvernement revient sur une promesse. Ceci sans même prendre en compte les pénalités financières que pourraient avoir à payer le gouvernement…

Ces derniers jours, de multiples nouvelles sur le sujet ont ainsi été publiées afin de montrer toute la complexité du dossier et les conflits d’intérêts. Nous avons par exemple appris qu’en 2012, le gouvernement libéral de Jean Charest savait que Pétrolia menait trois forages sur l’île, et surtout, ce même gouvernement a rencontré le 20 juillet de cette même année (juste avant les élections) diverses personnalités de Pétrolia.

Nous savons aussi que Pétrolia se dit ignorée par le gouvernement et souhaite une rencontre rapide avec le Premier ministre. Alexandre Gagnon, président de Pétrolia, a même indiqué ne pas exclure une poursuite judiciaire…

Note : je n’ai volontairement pas développé la question écologique de cette problématique, sachant que l’île d’Anticosti compte un Parc National important, qu’elle est l’un des sites de reproduction majeur de certains oiseaux et que des plantes rares y figurent. Il est évident que creuser des milliers des puits de pétrole sur une bonne partie de l’île ne sera pas sans conséquence. D’autant plus que pour extraire le pétrole, il faut passer par de la fracturation hydraulique…

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Gilles Lavigueur's profile photoNil Sanyas's profile photo
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Merci ;) Je suis juste très très occupé en ce moment ;)
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Nil Sanyas

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Jour 116 – Vendredi 12 février

Aujourd’hui, je vais me contenter de diffuser pêle mêle diverses actualités en quelques mots :

- Justin Trudeau a fait une série de questions-réponses sur Twitter et a abordé aussi bien des thèmes importants que très légers (dont le soutien du Canada à l’Ukraine ou encore le retrait du projet de loi C-51) - Concernant la marijuana, Trudeau a bien précisé que le Canada le légalisera et ne se contentera donc pas de le décriminaliser, car cela ne suffirait pas à empêcher les gangs et les mafias de profiter de cette manne d’argent
- A ce sujet, le gouvernement du Québec a indiqué jeudi que même en cas de légalisation de la part du fédéral, la province ne comptait pas prendre en charge sa commercialisation. Vendredi, rattrapage aux branches, ce même gouvernement a précisé que le sujet était prématuré et que rien n’était encore arrêté... De toute évidence, il y a un conflit important entre le fédéral et les provinces sur la marie jeanne…
- Diverses photos sans importance de son enfance ont aussi été publiées sur son compte Instagram pour l’occasion de ses 100 premiers jours
- Le PM a reçu Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations Unis
- Lors d’un point presse en compagnie de Ban Ki-Moon, Justin Trudeau a indiqué qu’au regard du mauvais état de l’économie canadienne, atteindre un budget équilibré en 2019 sera difficile (sans blague ?!)
- Il a aussi fait remarquer que le déficit des 10 milliards de $ pour le budget 2016-2017 sera certainement plus élevé (sans blague ?! bis)
- Une vague de froid extrême touchera le Canada (et en particulier le Québec) toute la fin de semaine, avec des températures inférieures à 40 degrés celcius dans certains endroits…

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Gaston Talon's profile photonicholaspillai selvaratnam's profile photo
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Genycourse
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Nil Sanyas

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Jour 114 – Mercredi 10 février

Demain, Justin Trudeau fêtera concrètement ses 100 premiers jours à la tête du Canada. En effet, s’il a été élu le 19 octobre dernier, le Conseil des Ministres n’a été mis en place que le 4 novembre. Profitons donc de ces 100 jours pour faire un premier bilan en nous aidant de l’excellent site TrudeauMètre.

Sur 214 promesses, 170 n’ont toujours pas été amorcées, 29 ont débuté, 13 ont été réalisées et 2 n’ont pas été tenues. Je vais commencer par ces dernières puisqu’elles sont peu nombreuses.

A la base, celles non tenues étaient au nombre de trois, puisque l’arrêt des frappes en Syrie et en Irak n’avait toujours pas eu lieu contrairement aux promesses. Depuis hier, elle a donc changé de catégorie pour passer de non tenue à réalisée. Les deux autres promesses non tenues sont celles portant sur les 25 000 réfugiés accueillis à la fin 2015 (ne revenons pas dessus) et sur la baisse du taux d’imposition pour la classe moyenne. Concernant ce dernier point, la promesse a bien été respectée, les impôts ayant légèrement reculé. Le problème est que Justin Trudeau avait promis que cette baisse, cumulée à la hausse de l’impôt pour les plus riches, n’aurait aucune incidence fiscale. C’est faux puisque le gouvernement lui-même a avoué que l’opération lui coûtera 1,2 milliard de dollars en 2016-2017 et bien plus encore d’ici 2020-2021.

Concernant les promesses réalisées, on retrouve donc :

1. La baisse des impôts (de 22 % à 20,5 %) pour la seconde tranche (entre 44700 et 89401 $)
2. La création d’une nouvelle tranche d’imposition pour ceux gagnant plus de 200 000 $ (à 33 %)
3. Augmentation des prestations d’assurance-emploi pour ceux qui s’occupent d’un proche gravement malade
4. Mettre fin aux règlements empêchant les scientifiques fédéraux de s’exprimer sur leurs travaux (note : règlements scandaleux mis en place sous Harper)
5. Mise en place d’un comité non partisan dont l’objectif est de proposer au premier ministre des candidats à la Chambre haute (note : même si Justin Trudeau est celui qui a le choix final, ce comité a donc une utilité plus que limitée).
6. Rétablir le questionnaire détaillé obligatoire de recensement (note : je verrai moi-même ce questionnaire sous peu).
7. Un cabinet ministériel paritaire (note : même si certaines femmes officiellement ministres sont en fait sous la tutelle d’autres ministres)
8. Contribution supplémentaire de 100 millions de dollars au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés d'ici avril 2016.
9. Rétablir le programme fédéral de santé intérimaire afin d’offrir une couverture de soins de santé aux réfugiés et aux demandeurs d'asile.
10. Concéder un droit d’appel aux demandeurs d’asile issus de "pays d’origine désignés."
11. Doubler le nombre de demandes possibles de parrainage de parents et de grands-parents pour les immigrants.
12. Lancer une enquête publique nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées au Canada.
13. Maintenir la participation avec l'OTAN aux opérations REASSURANCE (Europe de l'Est) et UNIFIER (Ukraine).

On remarque rapidement que parmi les 13 promesses réalisées, la plupart ont en fait été plutôt faciles puisqu’il suffisait de voter quelques changements (pour les impôts par exemple) ou de rajouter un peu d’argent dans certains secteurs.

Parmi les 29 promesses amorcées mais non encore réalisées pleinement, on retrouve d’ailleurs des situations similaires (plus d’argent pour le Conseil des Arts, pour Radio Canada, pour Téléfilm Canada, les programmes Promart et Routes commerciales, etc.). Je retiendrai surtout le rétablissement du programme de contestation judiciaire, la gratuité des parc nationaux en 2017, la fin des boites postales communautaires chez Postes Canada, la normalisation des relations diplomatiques avec l’Iran, la fin des demandes de VISA pour les Mexicains et l’annulation de l’achat des avions F-35. Tout ceci reste néanmoins à être confirmé.

Enfin, parmi les nombreuses promesses qui n’ont même pas été amorcées, je retiendrai surtout :

- La réduction du taux d’imposition fédéral pour les petites entreprises (de 11 à 9 %)
- Augmenter de 10 % le Supplément de Revenu Garanti pour les aînés à faible revenu vivant seuls
- Améliorer l'accès aux médicaments d'ordonnance et réduire leur prix (note : j’ai hâte de voir les détails de ce projet…)
- Quadrupler l’investissement fédéral en transport collectif au cours des 10 prochaines années (note : là aussi, cela demande des détails…)
- Fournir une aide directe aux étudiants des familles à moyen ou faible revenu pour les aider à payer leurs frais d’éducation et veiller à ce que leur endettement soit gérable.
- Enregistrer un déficit à court terme de moins de 10 milliards de dollars au cours des deux prochains exercices financiers (2016 et 2017).
- Revenir à l’équilibre budgétaire en 2019.
- Fin de l'interdiction de donner du sang pour les homosexuels.

Je ne sais franchement pas si les 171 promesses qui n’ont pas été encore amorcées seront tenues, d’autant plus qu’une grande partie d’entre elles impliquent encore des hausses de financement. L’équilibre en 2019, on en discutera aussi. Car si équilibre il devra y avoir, alors d’autres promesses risquent de passer à la trappe. Je suivrai en tout cas de près tout ce qui s’appliquera en 2016.

Demain, sauf actualité plus urgente, j’aborderai la polémique du moment au sujet de Louis Morissette et du « black face », car j’ai la sombre impression qu’énormément de gens ne comprennent pas le problème de fond (ou le fond du problème, c’est comme vous voulez).

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Roy Clovis's profile photoTyrian Dunaédine's profile photo
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Illisible. 
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Nil Sanyas

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Jour 122 – Jeudi 18 février

Plusieurs petites actualités au Québec et au Canada doivent être mises en avant car elles peuvent passer inaperçues.

En premier lieu, l’affaire Claude Jutra a semble-t-il fait de l’ombre à une autre au sujet assez proche. Avant-hier, nous avons ainsi appris que près de 150 personnes victimes d’actes pédophiles au Québec ont reçu 30 millions de dollars de dédommagement (un record au Québec). Les actes en question ont été réalisés entre 1940 et 1982 et près d’une quarantaine d’agresseurs étaient concernés. Point important, les victimes étaient des jeunes garçons sourds.

Autre nouvelle, le député de Québec Solidaire Amir Khadir a déposé ce matin une plainte à la Sûreté du Québec contre Uber. Le député estime que l’entreprise commet des actes frauduleux et souhaite donc que ses dirigeants soient traduits en justice. Rien de moins. Je tâcherai de suivre le cheminement de cette plainte.

Enfin, nouvelle surprenante, nous venons d’apprendre qu’un comité parlementaire au niveau fédéral comptait s’attaquer à la crise des médias locaux. Leur mort annoncée dans les années à venir semble en effet préoccuper le gouvernement canadien. Voilà peut-être une bonne initiative. Mais n’est-ce pas trop tard ?

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Hassine Nasri's profile photo
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+Nil Sanyas ok pas de souci. Merci d'avoir essayé
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Nil Sanyas

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Jour 120 – Mardi 16 février

Après le froid, la tempête. Et pas petite puisque des établissements scolaires ont dû fermer leurs portes. Je suis d’ailleurs moi-même arrivé en retard à l’école de mon fils ce matin du fait de la lenteur de la circulation (il y a intérêt à ce qu’aucun blâme ne lui ait été donné). Plusieurs dizaines de centimètres tomberont entre aujourd’hui et demain à certains endroits au Canada.

Autre actualité, de nombreux médias rappellent que dans un mois, le Canada mettra en place de nouvelles règles pour la plupart de ses touristes (hors étatsuniens). À partir du 15 mars, les touristes européens (dont les Français, Belges, Suisses, etc.), qui n’avaient auparavant pas besoin de VISA pour se rendre au pays de Rufus Wainright et Patrick Watson (c’est mieux que Justin Bieber…) devront désormais se procurer la fameuse « autorisation de voyage électronique ». L’AVÉ n’est pas onéreuse, juste 7 $, et peu contraignante, puisqu’il suffit de la remplir en ligne. Une fois reçue par courriel, elle durera cinq ans. Il n’empêche que les Canadiens peuvent venir sans AVÉ ni visa en Europe, il n’y a donc pas de réciprocité sur ce point. Je me demande si la mise en place de cette autorisation n’est pas liée aux États-Unis qui ont aussi un système similaire.

Enfin, l’autre grosse affaire concerne spécifiquement le Québec. Nous venons ainsi d’apprendre que le cinéaste Claude Jutra aurait été pédophile. Le conditionnel est d’usage car il n’y a pour le moment pas de preuve, la nouvelle venant de l’une de ses biographies sortie aujourd’hui même. Le cinéaste étant décédé depuis longtemps, il n’est pas question de futurs procès. Par contre, Claude Jutra a donné son nom à l’équivalent des Oscars ou César québécois. Si la nouvelle venait à se confirmer, il ne serait pas surprenant qu’un changement de nom arrive sou peu… Québec Cinéma a en tout cas indiqué vouloir étudier la question avant de décider de quoi que ce soit.

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Tyrian Dunaédine's profile photoHassine Nasri's profile photo
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+Tyrian Dunaédine je n'aurais pas attendu les conseils avisés d'un adulte responsable comme toi si c'était le cas... Mais merci quand mm d'exister :)
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Nil Sanyas

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Jour 118 – Dimanche 14 février

Il n’y a rien d’intéressant aujourd’hui (ou alors je le traiterai plus tard), et il fait un tel froid que mes mains sont frigorifiées. Bon j’exagère, mais à peine. À demain.

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Nil Sanyas

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Jour 117 – Samedi 13 février

Continuons encore avec diverses actualités en ultra résumé :

- Guy Turcotte, le cardiologue qui a assassiné ses enfants et condamné récemment pour le meurtre prémédité de sa progéniture, vient de faire appel de sa peine… de quoi faire jaser à nouveau.
- Un juge transgenre vient pour la toute première fois d’être assermenté au Canada.
- L’équipe des « stars » du Canada a gagné son match de basket-ball contre les Américains lors du « Celebrity Game ». Le MVP du match a été Win Butler, le chanteur d’Arcade Fire.
- Après plusieurs victoires d’affilée, le Canadien de Montréal s’est incliné face aux Sabres de Buffalo.
- En cette veille de Saint Valentin, on apprend aussi qu’un habitant en Saskatchewan a donné l’un de ses reins à sa fiancée en début de mois. Bon, ça n’a aucun rapport avec la Saint Valentin, mais c’était pour le symbole.
- À Québec, le carnaval battra son plein. Justin Trudeau et sa famille y seront même présents.
- La vague de froid se confirme, je peux vous le dire…

PS : les -40 degrés Celcius en ressenti de ces derniers jours ont eu raison de moi. J’ai ainsi eu une belle fièvre dimanche et lundi (là ça va mieux), d’où le rattrapage.

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Simon Forgues's profile photo
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Oui, je viens de lire ça. Merci. Remarque que ça n'enlève rien à l'accomplissement en lui-même.
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Nil Sanyas

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Jour 115 – Jeudi 11 février

Chose promise chose due, parlons un peu de l’affaire Louis Morissette et du « black face ». Un court rappel des faits tout d’abord. Tout a débuté par une chronique de l’humoriste, producteur et présentateur Louis Morissette publiée dans le magazine Véro (créé par Véronique Cloutier… sa femme (!)). Dans ce magazine féminin, Louis Morissette explique notamment dans une tribune nommée « La victoire des moustiques » la problématique d’une minorité de personnes qui l’empêcheraient de travailler et de créer convenablement, du fait de leurs incessantes pressions. Un exemple concret est alors donné : pour son émission Bye Bye édition 2015, il aurait été « forcé » de recruter un comédien noir pour jouer le rôle de François Bugingo, le fameux journaliste-reporter mythomane d’origine rwandaise (je précise son origine non pas parce qu’elle a une importance en soi mais parce qu’elle permet de deviner sa couleur de peau sans autre explication, ce qui est important pour la suite de l’argumentation).

Si bien entendu, on peut comprendre qu’un artiste se sente gêné dans sa création que diverses associations le « forcent » directement ou indirectement à intégrer des membres de leurs communautés, il n’empêche que Louis Morissette passe à côté du problème. En premier lieu, pour jouer quelqu’un de plutôt noir, il souhaitait donc au départ prendre un blanc et certainement le « colorer » en noir, façon « black face », un style que je pensais révolu depuis très longtemps et qui ne pouvait qu’appartenir que dans les pays où un noir ne pouvait même pas manger dans le même restaurant qu’un blanc. Non, en 2016, pour jouer le rôle d’un noir, la première idée qu’à Louis Morissette en tête, c’est « hey, prenons un acteur blanc et colorons sa face en noir ». Ok…

Le producteur a donc opté pour Normand Brathwaite pour jouer le rôle… Normand Brathwaite… Le seul acteur noir qu’a trouvé Louis Morissette est donc Normand Brathwaite. Un métis à la peau plus claire que foncée, qui ne ressemble pas du tout à Bugingo (mais alors pas pantoute), a donc remplacé un acteur blanc pour être soi-disant « plus politiquement correct », correspondre aux attentes de la direction (qui a imposé ce changement) et ainsi ne pas subir les critiques des « moustiques ». Sauf qu’à mes yeux, prendre un gars « un peu » noir pour jouer un noir, c’est aussi con que de prendre Barack Obama pour jouer George W Bush parce que Barack Obama est métis et que sa mère est blanche. Trouver un acteur ressemblant « un peu » à Bugingo, ce qui aurait forcément amélioré la force du sketch, était donc impossible ? Il n’y a vraiment qu’un seul et uniquement acteur noir au Québec, et c’est un métis à la peau bien plus pâle que foncée ? (surtout après la tonne de maquillage que tout le monde s’inflige à la TV…)

Le problème de fond ici est multiple.

1. Non seulement que l’idée de « peindre / maquiller » la peau de quelqu’un aujourd’hui traverse l’esprit de certains est ahurissant, sachant que Montréal est une ville cosmopolite où l’on retrouve toutes les communautés du monde et il ne faut pas une après-midi pour trouver un profil qui peut correspondre à n’importe quel rôle.

2. Cela prouve que les milieux artistiques et médiatiques québécois sont encore ultra fermés, c’est un entre-soi à un niveau maximal, où le ne fonctionne qu’entre amis (et entre amants). C’est particulièrement visible dans les médias, mais ça l’est aussi dans d’autres secteurs.

3. Mais le pire reste l’incompréhension totale des médias et du milieu artistique face à toutes les personnes qui ont été choquées par cette affaire. De nombreux articles défendant Louis Morissette se sont ainsi multipliés un peu partout, avec des arguments minables, du style « c’est une rectitude politique, c’est tanant mais ça va passer », ou encore « le blackface, c’est Américain, quand le Québec le fait, ça n’a pas la même signification ». Sérieusement ?

A en croire de multiples éditorialistes sans talent comme le Québec en comporte tant, la province souffrirait d’une pression telle des minorités que cela aurait une influence néfaste sur les artistes. On croit rêver, mais non, tout ceci est dit le plus sérieusement du monde. Ces gens ne se rendent en effet pas compte que la quasi intégralité des émissions, des séries et des films sont faits aujourd’hui comme s’ils étaient réalisés il y a 50 ou 100 ans. Sauf qu’aujourd’hui, et en particulier à Montréal, le Québec n’est pas un territoire 100 % blanc. Certains ne semblent pas l’intégrer et tout porte à croire qu’il leur faudra du temps.

Le « blackface » est une gifle infligée à toutes les personnes « noires » (au sens large). Ne pas s’en rendre compte est gravissime. Croire qu’il n’y a que les vilains gauchistes-bobos-antiracistes extrêmistes qui s’y opposent, c’est passer à côté du problème. C’est même une sorte de négation totale du problème. Et malheureusement, cette négation est généralisée. Je n’ai lu quasi aucun article comprenant où est le problème en-dehors des associations noires (qui, comme toutes les associations du genre, sont par contre ultra communautaristes et font aussi de l’entre-soi à outrance, copiant ainsi en interne leurs problèmes externes… on pourra en reparler). Cela a au moins eu le mérite de renforcer ma « black-list » de pseudo journalistes à ne plus lire. Quand on est aussi idiot, c’est qu’on ne mérite pas une seule seconde de mon temps.

Si je suis plutôt clair de peau, je suis moi-même métis (ma mère vient de Martinique). Beaucoup pensent notamment que je suis maghrébin du fait de mon mélange, ce qui n’est pas le cas du tout. Le fait d’être marié à une Camerounaise rajoute aussi certainement du poids dans ma vision. Suis-je subjectif ? C’est possible. Il n’empêche que j’ai aussi une double voire triple vision du fait de mon vécu. J’ai tout aussi bien subi le racisme des blancs que des non-blancs dans ma jeunesse (c’est manichéen mais c’est pour simplifier le propos). J’ai vu et entendu toutes sortes de choses (surtout des conneries), ceci parmi toutes les « communautés », même si ce mot n’est pas toujours bien utilisé.

Mais s’il y a de nombreuses choses que j’ai retenues de ma maigre expérience en matière de relations entre communautés diverses, ce sont bien celles-ci : les gens ne savent pas de quoi ils parlent, ils ne se rendent pas compte de ce que vivent les autres, ils n’arrivent généralement pas à se mettre à la place des autres et par corolaire, ils minimisent souvent les conséquences des actes d’une majorité sur une minorité, et le ressenti que peut avoir cette minorité lorsqu’elle est critiquée, ou pire, ignorée par cette majorité. Le « blackface » en est une magnifique illustration. Une critique, même humoristique, d’un être supérieur (socialement parlant) sur un être inférieur n’est jamais vécue et interprétée d’une façon égale, car le rapport de force ne l’est justement pas, égal. C’est toute la problématique des « moustiques » qui n’arrivent généralement pas à expliquer leurs ressentis. Cela explique par exemple pourquoi les féministes ont un si gros problème de communication vis-à-vis des hommes (j’y reviendrai aussi un jour).

Quand le monde entier aura pris conscience de tout ceci, peut-être que ce monde ira mieux. Même si pour le secteur de l’humour, cela impliquera de ne pas tomber dans des facilités. Car derrière les blagues sur les femmes, les gays, les noirs, les roumains, les asiatiques et les handicapés (ces fameux moustiques qui empêchent les humoristes de s’exprimer), il y a surtout une fainéantise gigantesque de la part des auteurs. Forcément, entre réfléchir longuement pour créer de l’humour original et inventer une situation unique et surprenante, et reprendre une blague éculée et surannée basée sur des clichés mais qui fait mouche à chaque fois auprès du public majoritaire, le choix est rapide. Pourquoi se casser la tête après tout ? (la même logique fonctionne avec les émissions TV, les livres, les films, les séries et même les jeux vidéo)

Louis Morissette sera invité à Tout le monde en parle ce dimanche. Il sera accompagné de Gilbert Turp (professeur au Conservatoire d’art dramatique de Montréal), qui a signé dans Le Devoir une tribune qui à mon avis passe elle aussi à côté du problème (sauf peut-être dans sa conclusion, et encore). Cela pourrait bien faire ma chronique de lundi prochain selon leurs propos…

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Voici mon opinion qui vaut ce qu'elle vaut :
1 - ce n'était pas un numéro sur les noirs mais sur un journaliste qui a basé sa carrière sur le mensonge et qui accessoirement est noir. Le fait que le numéro était sur un individu et non une couleur de peau est quand même d'une importance majeure. Et en passant, je n'avais jamais entendu parlé de blackfacing avant ce mini scandale ce qui ne veut pas dire que ce soit pas un problème mais que ce n'est peut-être pas un problème d'ici.
2 - la troupe du bye bye est une troupe d'acteurs/humoristes relativement bien défini qui traite des divers sujets de l'actualité de l'année qui s'achève et une des caractéristiques de leur show c'est les transformations physiques des acteurs/humoristes ce qui m'amène au point 3
3 - si on ramène les problèmes du monde entier au Québec , Ils ne devraient plus faire de gros si il ne le sont pas, un homme ne devrait plus jouer de femme et vice-versa, pas de races qu ils ne sont pas etc etc ça va être triste tantôt.... Pis c'est un show d'humour/critique pas une série télévisée ou un film.
4 - je fais parti de la communauté d'origine française au Québec et dieu sait qu'on s'en prend plein la gueule à longueur de semaine pis c'est rarement original ce qui se dit mais c'est pas pour ça qu'il faut tout brimer et museler si ça fait pas mon affaire j'arrête d'écouter et je cherche pas à donner plus d'importance que ça en a.
C'est justement parcequ'on est dans une société multiculturelle que tout le monde devrait avoir le droit de rire sur tout le monde. Ça ne peut pas plaire à tout le monde mais je trouve ça sain que ça existe.
Je suis peut-être dans le champs mais c'est la lecture que j'en ai pour le moment. J'espère avoir mis par ecrit ma pensée correctement et ne pas avoir donné un sens que je ne voulais pas.
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