Quand Michel Bühler dérape dans l'antisémitisme abject.

L'ultime épisode du conflit proche-oriental a inspiré, le 22 juillet, une nouvelle chanson intitulée Gaza à Michel Bûhler. J'aime bien Michel Bûhler, je ne lui en veux pas si lui et moi sommes occasionnellement en désaccord sur une question politique.

Au milieu des images fortes voire outrancières qui sont la loi du genre et relèvent sans conteste de la licence artistique, j'ai toutefois été sidéré de voir actualisée la vieille calomnie des Juifs comme tueurs de bébés (dont ils utiliseraient le sang à des fins religieuses), tout droit reprise du Protocole des Sages de Sion (http://goo.gl/FWsxvB):

Vot' rêv' semble être de saigner
Tous les enfants de Palestine
De les tuer jusqu'au dernier!

Faut-il le répéter, en matière d'antisémitisme comme de racisme ou de sexisme, ce n'est pas l'intention de l'auteur qui compte mais l'effet. C'est pourquoi, s'il peut être amusant de montrer en images la similitude entre tel chien et la physionomie de son maître, voire polémiquement acceptable de trouver une ressemblance entre George W. Bush et un chimpanzé, il est raciste de comparer Taubira ou Obama à un singe car cela renvoie (même inconsciemment) à la théorie de l'infériorité des Noirs. Il en va de même de la répétition des figures dont s'est nourrie historiquement la persécution des Juifs.

Sur le fond, il n'arrange rien que le passage en question soit encadré de:

Voleurs de vallées de collines
...
Jusqu'où donc ira votre haine?

Michel Bühler dénie donc toute légitimité à l'Etat d'Israël et semble vraiment croire que les Israéliens haissent les Palestiniens et veulent leur disparition... En réalité ce sont ceux parmi ces derniers (comme le Hamas), et plus encore parmi ceux qui les soutiennent, en particulier en Occident, qui refusent la solution des deux Etats (seule conforme au droit des peuple à disposer d'eux-mêmes) qui ont empêché jusqu'à ce jour toute paix au Proche-Orient.
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