Un débat délicat et certainement pas "politiquement correct"...

En mettant à jour ma cartographie des MOOC français http://goo.gl/j9xvi, en début de semaine, j'ai compté ... 14 lancements en janvier 2014 (avec sans doute des erreurs, je commence d'ailleurs à avoir du mal à suivre ..)

C'est fantastique de voir qu'on monte en puissance, mais il faut aussi réaliser que ce mois-ci nous sommes en train d'entrer dans une nouvelle phase du développement des MOOC en France. L'époque des pionniers est finie, on passe en phase de croissance.

D'où la question que je vous propose : on sait tous ici qu'il ne suffit pas de lancer un MOOC pour réussir, cela demande beaucoup de travail, un éventail large de savoir- faire, une équipe etc... On sait aussi que pas mal de MOOC sont "pas terribles" (quand ils ne sont pas carrément des échecs http://goo.gl/3gj3I)... on a vu les premiers MOOC américains pour lesquels - malgré de prestigieuses signatures -, la qualité n'était pas toujours au rendez-vous.

Alors dans ces 14 MOOC, on va voir du très bon mais aussi du moins bon... quels sont d'après vous les principaux problèmes que l'on va observer en France?

Voici quelques hypothèses que j'essaie de classer en mettant en premier les causes de problèmes les plus probables.
1/ le prof n’a pas travaillé assez son cours pour une diffusion en ligne et massive (pédagogie, qualité des diapos, des autres ressources pédagogiques)
2/ l’université ou la grande école organisatrice se lance sans avoir assez de moyens en temps et compétence ou sans stratégie 
3/ le prof ne s’implique pas dans l’animation du MOOC : pas de questions-réponses en direct, participation/réactivité sur forum, communication avec les apprenants...
4/ l'équipe d'ingénierie pédagogique ne connaît pas bien la plateforme (avertissements généraux automatiques envoyés intempestivement, fonctions disponibles mal ou pas mises à profit)
5/ la plateforme logicielle est peu performante (ergonomie des forums, absence de fonctions importantes) ou installée de manière techniquement pas fiable (ralentissements, bugs..)
6/ Les opposants aux MOOC (il existe des résistances plus sérieuses que le fameux collectif Anti-MOOC) capitalisent sur ces faiblesses (ou même sur ... trop de succès) et font fermer des cours.

Bien sûr, vu de l'extérieur c'est assez facile de dire telle ou telle chose ne va pas quand on suit un cours, mais c'est un peu plus compliqué d'analyser d'où cela vient - d'autant qu'on aura en fait jamais une cause unique voir la fin de mon cours sur diagramme d’Ishikawa, que je vais justement devoir refaire pour le MOOCifier :)  et donc d'établir l'indispensable diagnostic permettant de progresser.

Et progresser est encore plus important que réussir : les MOOCs qui passeront sans trop de casse leur première édition devront ensuite s'améliorer continuellement s'ils veulent rester dans la course sur le "marché" mondialisé et très concurrentiel de la formation supérieure ouverte.

// edit - un élément que j'ai oublié de préciser et qui me parait important.

Il nous manque l'équivalent d'une "agence de notation" mais pour les MOOC : aujourd'hui les cours proposés sont très différents, leur qualité est très variable et on ne peut pas s'y retrouver. Du coup, les apprenants choisissent un peu au hasard en se décidant, non sur la base de la qualité réelle, mais au hasard ou en regardant la bande-annonce, .. ou sur le prestige de "la marque".
Bien sûr, vue la gratuité de l'inscription, ce n'est pas catastrophique d'abandonner un MOOC en cours de route http://goo.gl/90YjYo, mais c'est plus gênant de s'inscrire au mauvais et de rater le meilleur cours qui était proposé
... et bien sûr se serait bien que la concurrence s'établisse de la manière la plus saine possible - et donc de donner un peu de visibilité à l'offre.
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