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Quel est le prix d'un MOOC ?

Très chers MOOCs...  Encore un billet (c'est le cas de le dire) très intéressant  de Christine Vaufrey http://goo.gl/45pz2 à mettre en parallèle avec celui de Matthieu Cisel MOOC: comment toucher le jackpot? http://goo.gl/xqhgN

Alors c'est cher, un MOOC ? Ruineux ? Mon avis ...

Le coût d'un seul module de cours à Centrale Lille (Approche. comptable & financière de l'entreprise) atteint 13k€ en vacations (sachant que les heures de service normal reviennent 4-8 fois plus cher) , sans compter les salles, la licence du jeu d'entreprise, les consommables, la correction des devoirs et le personnel administratif (surveillance de l'examen etc..). 

.. Et ce n'est là qu'un seul des modules du premier semestre. Je n'ose pas calculer le coût des modules avec des TP sur machine-outil.. 

Bref : avec un seul module de cours, dans une école de taille moyenne à 250 étudiants/promo on est déjà au coût de développement d'un MOOC (et je ne vais pas chiffrer combien le MOOC GdP a couté à Centrale Lille. En effet, il a été largement mené bénévolement, donc la comparaison est faussée.).

Maintenant, sachant que 50% des coûts d'un MOOC (vidéo, quizz, conception plateforme, savoir-faire...) sont non-récurrents, cela ramène finalement le MOOC académique à un prix proportionnellement raisonnable lorsqu'on le fait tourner 3 à 5 fois.

Personnellement, je doute donc du scénario de bulle spéculative " à la Boullier"... (je pense ici aux universités.. Pour les investisseurs qui achèteraient à prix d'or des actions de Coursera peut-être, mais c'est leur problème).

Pour moi les principales barrières au lancement de MOOCs sont 1/culturelles (capacité de l'enseignement supérieur à l'ouverture, licences libres, évaluation par les pairs, partage gratuit des cours), 2/ liées aux compétences (culture du net, ingéniérie pédagogique, travail en équipe, prise de risque) mais pas financières.


Et maintenant, pensons un peu à l'interêt général et considérons le coût par étudiant.. là franchement il n'y a pas photo, le budget consommé pour une promo d'étudiants peut servir à 10, voire 100 fois cet effectif et rendre la formation accessible à tous.

Alors on ne peut pas faire du "tout-MOOC" c'est entendu, mais on serait bien avisé d'en faire beaucoup, beaucoup plus, plutôt que de s'inquiéter d'une bulle spéculative.
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Rémi Bachelet's profile photoPatrick Lachassagne's profile photoGhislaine Para's profile photoThierry Eyraud's profile photo
12 comments
 
Merci pour ce partage, Rémi !! Je partage ton avis sur les principales barrières aux MOOCs dans l'enseignement supérieur... il s'agit bien d'un défi à ne pas manquer
Ghisl@ine
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votre oeuvre permettra de réduire ce coût, double merci,, le post mooc étant plus intéressant que le mooc lui même....si j'ose
vous avez un vrai travail de persuasion à faire +Rémi Bachelet , les fac françaises ......peut être faudrait-il décaler prochaines sessions pour dépasser septembre des inscription en fac
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+Thierry Eyraud la date du 16 septembre pour le lancement du MOOC GdP#2 est dictée par le planning de Centrale (et aussi par les vacances de Noël à la fin du certificat par équipes)..
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Tout dépend de ce qu'on inclue dans le calcul des coûts et de la qualité de la production qui s'échelonne entre la version économique « Garage Band » à la version de luxe dite « Hollywoodienne » avec  caméras à 100 000 $, des équipes de pré-production, production, post-production et des armées de consultants. 

Sur la base de l'expérience de Scott E. Page qui a donné deux fois le cours « Model Thinking » sur Coursera, j'en suis arrivé à des coûts inférieurs à 30 K$ par année pour desservir 150 000 étudiants. On parle ici d'un coût par année par étudiant inférieur à l'achat d'un timbre poste. (http://goo.gl/1fWiK)

Pour une superproduction « Hollywoodienne » et si l'on va jusqu'à compter une fraction des frais de chauffage des édifices et du salaire du recteur, j'imagine que l'on puisse dépasser les 100 K$. 

La réalité doit se situer entre ces deux extrêmes!

Dans le cas d'EDUlib de HEC Montréal, l'emploi de la plateforme Sakai existante a permis de réduire les coûts (http://goo.gl/NUsmL). Par contre le ratio entre le nombre d'heures de préparation versus le nombre d'heures de cours tournait autour de 10. 
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+Claude Coulombe "Par contre le ratio entre le nombre d'heures de préparation versus le nombre d'heures de cours tournait autour de 10. " même ordre de grandeur pour moi, alors que les cours étaient au départ déjà bien rôdés.

Mais : revoir le modèle des diapos, paufiner les schémas et les cours, trouver des images libres de droit puis enfin enregistrer avec 3-4 tentatives à chaque fois.. tout cela prend du temps !
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+Rémi Bachelet En gros, mes calculs arrivent à un coût qui se trouve davantage dans la fourchette des coûts d'un cours réalisé avec un environnement numérique d'apprentissage (LMS) traditionnel tel qu'estimé par M. Tony Bates qui sont entre 1/3 et 1/2 du coût estimé dans le rapport de l'Université d'Ottawa.

L'aspect massif impacte surtout les coûts de diffusion (infonuagique) qui sont somme toute plutôt marginaux de l'ordre de 10 à 20 % du budget total.

Cela dit, le coût par étudiant est l'argument qui tue! Là on parle d'économie d'échelle substantielle!
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+Claude Coulombe pour moi, il n'y a fondamentalement pas de différence entre un cours MOOc et un cours LMS/e-leanring (ou l'OCW sur mon site web) sauf l'exigence de qualité : il faut placer la barre le plus haut possible : qualité technique avec de la HD, des moyens d'accès variés (streaming, téléchargement), mais surtout qualité pédagogique (puisque le cours est massif et aussi une "vitrine").

Outre les cours et les questionnaires, qui sont réutilisables, la mise en place de certificat avancé avec correction par les pairs est très chronophage : pour chaque séquence, un énoncé - testé pour qu'il ne présente aucun problème -, vidéo de formation à la correction, barème.... concevoir un nouveau cas à chaque édition du MOOC avancé est sans nul doute le principal défi.

En ce moment sur le GdP#2, une équipe, animée par +Bertrand Gajeot travaille sur le fil rouge du MOOC du 16 septembre..

.. et il faudrait parler aussi du MOOC par équipes : là, la structure de coûts est encore différente
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+Rémi Bachelet En effet « l'évaluation » ou plutôt « les évaluations » des apprentissages / compétences et l'analyse des données d'apprentissage (Learning Analytics), vous touchez là un point capital.  Avec la mesure on passe de l'artisanat à l'ingénierie pédagogique!
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J'ai signalé votre conversation à l"'Association Francophone des Ingénieurs pédagogiques sur Linkedin.
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dans le numéro spécial de Nature sur les MOOC http://www.nature.com/nature/journal/v499/n7458/full/499277a.html : "For faculty members devising MOOCs and developing additional learning tools, there might be a short-term dip in research productivity"

=> c'est plus que cela, enseigner un MOOC demande tout de même un certain investissement, même une fois les vidéos enregistrées, même entouré de TA et de techniciens. On n'est pas uniquement dans la classe inversée, il y a un gros volume d'activité, un processus de mise à jour et d'innovation permanent à entretenir...

à noter aussi dans how will #MOOC affect research and scholarly enterprise at universities? http://goo.gl/I4VQL
“Universities think of themselves as being in the university business, not the learning business,” explains Dede. That is, they mostly take their existing structures and practices as given, and look to MOOCs and other online technologies as a way to do things more cheaply."
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