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L'APPEL DE LA HORDE
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diffusion du livre d'Angélique Andthehord SEX AND DESTROY un nouveau son rock ? Un nouvel extrait tous les mardis, mercredis, vendredi et samedis. Bonne lecture !
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#papa #soirées #politique #force #fantaisie

C'EST PARTI

Depuis quelques temps, les soirs de semaine, mon père mettait son pyjama, s’asseyait dans le lit de mes parents et attendait que je vinsse le rejoindre pour raconter l’histoire de la chèvre de monsieur Seguin avant d’aller me coucher. Même qu’une fois, au cours d’une de ces soirées, ma mère avait frappé à la porte de la chambre de mes parents en disant :

« Vous avez bientôt fini ? J’voudrais aller au lit, moi ! »

Ce soir-là, mon père lui avait demandé encore deux petites minutes parce que, lui et moi, nous avions encore des choses importantes à nous dire.

Puis, un soir, quand je vins m’asseoir sur le lit de mes parents, mon père m’annonça :

« L’histoire est terminée. On a besoin de savoir quel est ton parti politique.

- J’en ai pas, répondis-je en haussant les épaules.

- Il t’en faut un. C’est une force collective sur laquelle tu auras besoin de t’appuyer pour mener à bien ton projet. »

Embarrassée, je regardai mes mains :

« Droite ? Gauche ? Comment je peux savoir ?

- Non, ma petite cocotte. La droite et la gauche ne sont pas des partis en soi. Tout dépend de ce qu’on met dedans, de ce qu’ils portent. Ton parti, ce doit être le parti de la chèvre contre le loup ; considérant que le loup, c’est le directeur, la hiérarchie, la société des adultes… cherche ce qui pourrait représenter, à tes yeux, une force collective, populaire, une force de l’enfance ou de la jeunesse, qui serait pour toi un soutien devant le loup. »

Une idée me vient à l’esprit mais ce n’était pas un parti politique ; juste une fantaisie de mon cœur.

Mon père, comme à chacune de nos discussions, était assis à sa place, le dos appuyé sur son oreiller. Moi, j’étais tantôt à un bout du lit, tantôt à un autre ; assise en tailleur au milieu du lit, allongée au pied du lit ; à genou, sur la tête…

Je n’étais pas forcée de rester « droite et attentive » comme à l’école ou comme avec « Monsieur le Directeur » qui, les premières fois que je l’avais vu dans mes rêves, n’avait pas arrêté de râler parce que je dansais et tournais autour de lui pendant qu’il me parlait.

Mon papa, il ne me reprochait jamais rien. C’est comme la fois où j’avais rêvé qu’il était le roi Hérode. J’avais vu le peuple tout entier trembler devant lui. Alors, moi, pour montrer à tout le monde qu’il était le plus gentil et le plus patient de tous les papas et de tous les rois, j’avais dansé entre les pieds de son cheval et il ne m’avait pas grondée du tout.

« Non mais tu peux pas rester cinq minutes sans gigoter ? T’es pas un bébé, tout de même ! »

rouspéta soudainement mon père, stoppant net une de mes plus belles galipettes.

« Ben, quoi ? Ça m’empêche pas d’écouter.

- Non mais moi, ça me gêne pour me concentrer sur ce que j’ai à te dire. Tiens-toi tranquille un petit peu ! »

Je poussai un soupir, m’assis le dos raide, les bras croisés.

Pour la peine , ça me donna envie de dire que mon parti politique, c’était… Mais, non. Quand même pas… Quoique !

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1ère partie : DATE ET LIEU DE NAISSANCE
chapitre 9 : Sex, drugs and rock n roll

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#Papa #poison #rêve #analyse #loup

VOICI LA CLEF

Mon pauvre papa ! Il avait l’air tout contrarié. Pour le consoler et lui montrer qu’il ne fallait pas qu’il s’en fît, je revins sur un détail du formulaire :

« La phrase 4 de mon rêve, elle peut pas marcher toute seule ; elle est liée à la 5 : il a fallu que j’écrive « je dois finir la phrase 4 » en 5 avant de pouvoir écrire « je suis empoisonnée » en 4. Après, quand j’ai eu rempli la phrase 4, j’ai regardé la phrase 5 pour voir si elle s’était effacée (ça s’s’rait pu puisque c’était un rêve). Eh, ben ! Non : c’était toujours écrit « je dois finir la phrase 4 ». Ça veut dire qu’elle est toujours pas finie donc l’empoisonnement n’est qu’une solution provisoire, pour repousser le loup en attendant d’avoir autre chose.

- Et qu’est-ce que ce s’rait, autre chose ?

- Je sais pas, moi… « C’est trop tard » ( 4 - le loup voudrait bien me manger, mais… c’est trop tard ). »

Oui parce qu’il y a un détail mystérieux qui m’avait toujours frappé, dans l’histoire de la chèvre de monsieur Seguin.

Au début, monsieur Seguin a peur de la montagne parce qu’il la croit hantée par un loup. Allant s’y promener quand même, la chèvre trouve cette montagne bien paisible ; tout au long de la journée, elle n’y rencontre que des animaux gentils qui, apparemment, sont habitués à y vivre en toute tranquillité. C’est seulement quand le soir tombe que tous les animaux fuient la montagne et vont se réfugier dans leurs maisons. On dirait qu’ils savent que le prédateur de cette montagne ne vit que la nuit.

Effectivement, sitôt la nuit tombée, la chèvre rencontre le loup.

Quand le jour se lève enfin, ça veut dire que le combat est terminé. Le loup n’a rien mangé de toute la nuit, il n’a plus de force. C’est trop tard, il a perdu. Il n’a plus le pouvoir de combattre, il doit disparaître. En conséquence, la chèvre n’a plus qu’une seule chose à faire pour remporter la victoire : partir ; redescendre vers les prairies où elle était la veille, où elle pourra se reposer et soigner ses blessures. Au lieu de ça, elle se couche. Elle s’offre au loup. Pourquoi ?

C’est pour ça que moi, je n’avais jamais aimé l’histoire de la chèvre de monsieur Seguin.

Selon mon père, compte tenu de tout ce que je venais de dire, la clef du mystère était évidente :l’herbe des cigarettes que j’allais fumer quand je serais grande s’appellerait marihuana.

Si cette herbe est appelée drogue et est pourchassée, c’est parce qu’elle dérange les loups… et parce que ce sont les loups qui règnent de par le monde… parce que la chèvre rousse n’est pas encore venue les déloger… parce que le loup sait que la chèvre de monsieur Seguin aime l’herbe…

Toujours selon mon père, il faut quand même considérer que c’est son herbe qui conduit la chèvre à sa perte. Quand le jour se lève, il ne lui reste plus, pour remporter la victoire, qu’à se détourner ; à partir loin du loup… et de l’herbe. C’est ce qu’elle n’arrive pas à faire. Elle reste accrochée à son herbe qu’elle aime tant et renonce à la victoire.

L’herbe magique que le bon Dieu avait mise sous ses pieds pour l’aider à tenir debout, elle s’est couchée dessus !

SEX AND DESTROY un nouveau son rock ?
1ère partie : DATE ET LIEU DE NAISSANCE
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#Papa #histoire #symbolisme #poison #maîtresse

JE FUMERAI DES CIGARETTES

C’est vrai que mon père m’expliquait plein de choses, quand nous parlions de la chèvre de monsieur Seguin, le soir, avant de me coucher. En revanche, le coup de l’empoisonnement, c’est lui qui tint à ce que je le lui expliquasse.

En vrai, c’était ma maîtresse de CE2 qui disait tout le temps aux filles de ma classe :

« Oh, là, là ! Tu me fatigues. Tu es un vrai poison ! » ;

« Ça suffit, maintenant ! Vous m’empoisonnez ».

Ce n’était pas à moi qu’elle disait ça mais je m’en étais inspirée dans mon rêve.

Cette explication ne satisfit pas mon père. Il voulu que nous « remontassions au sommet de la montagne », c’est-à-dire que nous reprissions l’histoire de la chèvre de monsieur Seguin au moment où elle combat contre le loup.

« Au besoin, me dit-il, on ira prendre le livre mais cherche d’abord dans ta tête ! Dis-moi si tu vois quelque chose, dans la scène, qui peut aider la chèvre à tenir devant le loup !

- Ben oui, son herbe, répondis-je évidemment.

- Son herbe ?!

- Ben oui, tu t’rappelles pas ? L’histoire raconte qu’à chaque attaque du loup, la chèvre le repousse avec ses cornes et, après, elle arrache une touffe de cette bonne herbe tendre qu’elle trouve sous ses pattes. Et puis, elle retourne au combat les joues gonflées d’herbe. Même qu’à la fin, quand elle abandonne le combat, l’histoire dit qu’elle se couche sur sa chère herbe. Tu t’rappelles pas ? Même que sur la dernière image du livre, quand le loup a emporté la chèvre, on ne voit plus que l’herbe avec sa silhouette là où elle s’est couchée. Tu t’rappelles pas ?

- Si, maintenant que tu le dis. Mais, en quoi est-ce que tu penses que cette herbe aide la chèvre à tenir debout devant le loup ? me demanda-t-il encore.

- Ben parce que c’est sa nourriture. Pendant toute la nuit, le loup voudrait manger la chèvre mais il mange que dalle. Il a faim tout le temps alors que la petite chèvre, pendant ce temps-là, elle mange tout le temps, autant qu’elle veut. Quand on mange, on prend des forces. Y a que la chèvre qui en prend et en reprend tout au long du combat. »

Je n’inventais rien, sur ce coup-là. C’est exactement comme ça que l’histoire était présentée dans mon livre-disque. Pourtant, cela sembla ne pas convenir à mon père. Il me parut pertinent d’ajouter :

« Maintenant, l’histoire ne dit pas que cette herbe rend la chèvre empoisonnée pour le loup…

- Bon mais alors admettons que ce soit toi, la chèvre ! Ton herbe, ce serait quoi ?

- Mes cigarettes, bien sûr, m’exclamai-je joyeusement.

- Mais !... Tu fumes pas ! »

L’air ahuri de mon père était rigolo.

« Ben non mais c’est seulement parce que chuis trop petite. Quand j’chrai grande, je fumerai.

- Mais !... Qu’est-ce qui te le fait dire ?

- Ben… rien… je sais pas. Ah ! Si. Mon vœu ! »

Oui parce que, quand j’étais petite et qu’on ne m’écoutait jamais, il fallait, soi-disant, que j’attendisse d’avoir sept ans pour avoir raison. Du coup, le jour de mes sept ans, toute seule dans ma chambre, j’avais prononcé le vœu suivant :

« Quand je serai grande, je fumerai des cigarettes. »

Même, des fois, le soir, dans mon lit, avant de m’endormir, je faisais semblant de fumer. Ça me détendait. Même, le soir, dans mon lit, quand j’étais enquiquinée par le petit garçon imaginaire qui la ramenait tout le temps et que je surnommais le fantôme, j’avais trouvé un truc infaillible pour me débarrasser de lui : je lui soufflais la fumée de mes cigarettes imaginaires dans la figure. À chaque fois, il toussait et s’en allait en me traitant de sorcière. Hi ! Hi ! Hi !

j'avais le droit. Fumer réellement, je n’en n’avais pas le droit mais on ne pouvait m’interdire ni mon vœu, ni mes cigarettes imaginaires.

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1ère partie : DATE ET LIEU DE NAISSANCE
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#adulte #loup #répartie #travail #jeu

OR RAGEUX

Il cherchait à avoir la paix. Il essayait, par la ruse, à m’inciter à me coucher pour se jeter sur moi et me dévorer. Sa ruse, elle était grosse comme une maison ! Cela me parut vraiment flagrant quand il me sortit :

« Estime-toi heureuse d’avoir un travail !

- Ah ! Ah ! Ah ! Alors ça, c’est la meilleure de l’année !

- Argumente !

- Vous voulez me faire oublier que le travail, ça représente l’esclavage dont je dois sortir, tout comme vous représentez l’esclavagiste que je dois vaincre ? Ben ça, j’risque pas d’l’oublier parce que j’aime pas l’travail.

- Tu n’es vraiment pas intelligente. Est-ce que tu ne comprends donc pas que c’est un avenir que je te donne ?

- Ben justement : mon avenir, j’veux pas l’passer à travailler.

- Le travail, c’est de l’argent.

- Et le jeu, c’est de l’or.

- Tu dis n’importe quoi.

- Au fait, votre montre d’homme, elle est en argent ou en or blanc ?... C’est vrai, c’que j’dis.

- Argumente !

- C’que j’fais en jouant, c’est beaucoup plus beau, beaucoup plus grand, beaucoup plus vrai que si j’ai les bras enchaînés par le travail. »

Pendant ce temps-là, Monsieur le Directeur avait tourné la tête de l’autre côté, comme un adulte qui a décidé de ne pas répondre.

Alors, moi, j’en remis une couche.

« Pis d’abord, vous qui dites tout l’temps qui faut s'intéresser aux symboles ; eh, ben ! mon père, y m'a expliqué : la corde que monsieur Seguin met au cou de la chèvre pour la retenir dans le clos, ça symbolise l'argent qui retient au travail. Aussi, quand monsieur Seguin lui dit : « veux-tu que j’allonge ta corde ? », ça symbolise la prime, l’augmentation de salaire qui permet à la chèvre d’ avoir une plus grande étendue d’herbe à brouter dans le clos. Moi, j’trouve pas qu’ce soit ça, la richesse. La vraie richesse, c’est les forêts, les prairies et les champs de fleurs sauvages que la chèvre découvre dans la montagne quand elle a cassé sa corde. Ça veut bien d… »

Monsieur le Directeur se retourna subitement et me saisit par l’épaule. Ses yeux étaient rouges. Il ouvrit grand la bouche et deux grandes dents pointues apparurent, sortant de sa mâchoire supérieure. Je n’avais jamais vu quelqu’un en colère à ce point-là !… Heureusement que je savais que Monsieur le Directeur avait bon cœur… et qu’il comptait sur moi pour jouer cartes sur table…

« Chuis empoisonnée ! Je suis empoisonnée ! »

m’écriai-je précipitamment.

Il redevint normal et lâcha mon épaule. Ouf ! Je l’avais échappé belle… pour cette fois.

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#écrire #réplique #devoir #école #rêve

A MA SAUCE EMPOISONNÉE

Toutes les phrases étaient construites comme l’exemple, à savoir : une affirmation, une virgule, une conjonction et trois petits points. Si la phrase de l’exemple racontait mon cauchemar, les autres phrases ne racontaient que des histoires de loup. Comme par hasard !

En particulier, il y avait la phrase 4 qui disait :

4 - Le loup voudrait bien me manger, mais…

Mais… ? Mais … ? « mais ça s’peut pas » ? Non ! Cet argument a déjà rendu l’âme. Mais… quoi ? « mais il existe pas » ? Ben si : les loups, ça existe ; « Mais je suis… » ça s’rait p’t-êt’ pas prudent.

Ne sachant que répondre, je jetai un œil sur la cinquième et dernière phrase :

5 - Il faut rendre le formulaire, pourtant…

Je levai les yeux et vis Monsieur le Directeur qui venait ramasser les copies. Je me mis à paniquer : si je ne remplissais pas la phrase 4, j’étais fichue. Ça me fit exactement le même effet que quand la maîtresse venait ramasser les copies, que je n’avais pas répondu aux questions parce que je n’avais pas appris ma leçon et que j’avais peur d’être punie.

Comme à l’école en pareil cas, je me fiai à mon intuition pour remplir les blancs et complétai précipitamment :

5 - Il faut rendre le formulaire, pourtant… je dois finir la phrase 4.

4 - Le loup voudrait bien me manger, mais… je suis empoisonnée !

Monsieur le Directeur ramassa ma feuille sans la regarder.

En plus, il m’avait fait dépêcher pour rien parce qu’après, il n’y avait rien à faire.

À la longue, ça commençait à devenir ennuyeux.

J’étais assise à ma petite table, à la gauche de Monsieur le Directeur, tournée vers lui. Il était assis à son grand bureau, le nez en l’air. Qu’est-ce qu’on attendait ? Je baissai la tête et regardai mes mains posées sur la table. Quel ennui ! C’était bien la première fois de ma vie que je rêvais que je m’ennuyais.

Je repensai au formulaire et me fis la réflexion selon laquelle « s’empoisonner », au sens figuré, est synonyme de « s’ennuyer ». Je m’empoisonnais, donc, à force d’ennui.

Tout ce que je voyais, devant moi, c’était Monsieur le Directeur, bien tranquille, qui m’obligeait à rester assise à côté de lui et me laissait m’ennuyer sans s’occuper de moi. À la longue, la colère commença à me gagner et quelques petites phrases piquantes sortirent de ma bouche, par-ci, par-là.

Au début, Monsieur le Directeur fit celui qui n’entendait pas mais je savais y faire pour agacer un adulte. À la longue, il commença à soupirer, puis à me répondre. Ainsi débuta le long combat de la chèvre contre le loup.

Ce fut un combat gentil, correct et poli qui avait tendance, finalement, à m’amuser et à exaspérer notre pauvre Monsieur le Directeur, qui jamais ne me grondait.

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#rêve #personnage #directeur #loup #légende

MONSIEUR LE DIRECTEUR

C’était souvent, la nuit, que je rêvais de Monsieur le Directeur. Il était gentil mais il était obnubilé par ses histoires de loups. C’était lassant.

A chaque fois que je le rencontrais dans mes rêves, il me demandait qui j’étais. Alors moi, à chaque fois, je lui répondais :

« Chuis Angélique. »

Ça l’exaspérait. A chaque fois, il me disait :

« Je te dis toujours que tu dois répondre : « je suis la chèvre rousse ».

- Mais vous me dites toujours que je dois dire la vérité. La vérité, c’est que chuis Angélique et que chuis châtain. Vous voyez bien qu’chuis pas rousse.

- Tu comprends vraiment rien. Les symboles ! Il faut interpréter les symboles.

- Mais oui, j’comprends mais j’en ai marre, à la fin. J’veux jouer à aut’chose, maintenant.

- C’est un travail ! »

Ce qui est bien, quand on dort, c’est de se rappeler qu’on est dans un rêve et que, par conséquent, on a tous les droits. On est libre. M’en rappelant, je tournai les talons et me dirigeai vers la porte de sortie pour partir vers de nouvelles aventures.

« Où tu vas, comme ça ? me demanda Monsieur le Directeur.

- Ben ! Ça s’voit pas ? J’m’en vais. »

Alors que j’étais sur le point d’ouvrir la porte, il m’attrapa par les vêtements, me ramena près de lui et me dit :

« Dehors, il y a le loup.

- Ben, alors ! Quand est-ce que je pourrai partir ?

- Quand tu auras fini ton travail… Tient ! A propos : tu sais lire et écrire, tu as dit ? Alors, remplis-moi ce formulaire ! »

Il me fit asseoir devant un bureau, sur lequel il posa une feuille et un stylo. Bizarre ! Quelques phrases étaient commencées et il fallait les compléter.

« Tu peux écrire tout ce que tu veux, tout ce qui te passe par la tête, à condition que ce soit cohérent.

- Fastoche !

- Et surtout, prends-les bien dans l’ordre ! »

Je posai mes yeux sur la feuille et y vis des écritures, comme dans la réalité ; de vraies écritures déchiffrables. Bizarre ! Bizarre !

La première phrase était déjà remplie, à titre d’exemple et je pus lire :

C’est moi qui doit gagner, sinon…

> C’est moi qui doit gagner, sinon… ça s’peut pas.

Oui, oui, avec l’apostrophe. C’était mon cauchemar que j’étais en train de lire dans un rêve. Bizarre autant qu’étrange !

Monsieur le Directeur me donnait-il cette lecture pour me rappeler son importance ? Je me souvins, en effet, qu’au début de mon cauchemar, je n’avais pas arrêté de me répéter : « ça s'peut pas ; ça s’peut pas ». C’était très intelligent de ma part de m’être dit ça pour me donner la force mentale d’empêcher l’apparition de choses affreuses et irréelles. Cependant, quand il ajouta ses mots devant les miens, Monsieur le Directeur me donna une force bien supérieure.

Ça me faisait le même effet que l’école qui transformait en ciment le petit sable de mon être et moi, pendant ce temps-là, je m’édifiais solidement.

Je levai le doigt et attendis d’être interrogée.

Quand Monsieur le Directeur me vit, il me dit sèchement :

« Qu’est-ce que tu fais comme ça ? On n’est pas à l’école. Si t’as quelque chose à dire, tu le dis. »

Je pointai mon doigt sous la phrase et ouvris la bouche pour parler mais il m’interrompit d’un ton sec :

« Qu’est-ce qu’y a ? C’est pas ta réponse ?

Ben, si…

- Alors, il n’y a pas d’erreur : ce formulaire est bien le tien. Maintenant, on a assez perdu de temps avec ça. Dépêche-toi de le remplir ! On va pas y passer la journée.

- On est la nuit ! »

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#soirées #lecture #Papa #histoire #Dieu

LA CHÈVRE ROUSSE

A la maison, nous n’avions pas la télé. Puis, même lorsque nous l’eûmes enfin, les habitudes, ça ne se change pas en un jour. C’était souvent que mes parents allaient se coucher juste après manger, surtout les soirs d’hiver. Ils passaient leurs soirées au lit. Mon père lisait. Ma mère faisait de la couture, du tricot ou du canevas. Des fois, mon père allait se coucher le premier, pendant que ma mère finissait deux ou trois bricoles. Alors, moi, j’avais le droit d’aller cinq minutes dans le lit de mes parents pour que mon père me racontât une histoire avant que j’allasse me coucher. Quelques petits livres d’enfant étaient rangés à cet effet dans sa table de chevet.

En général, Papa et moi ne lisions que les images. Les textes et dialogues, nous les inventions. On rigolait bien.

Un soir, comme ça, j’étais installée pour la lecture, le dos appuyé sur l’oreiller de Maman. Papa, à côté, se pencha vers sa table de chevet en demandant :

« Alors, qu’est-ce qu’on va lire de beau, ce soir ? Mickey ? Donald ? Noirot ?

- Et si on lisait la chèvre de monsieur Seguin ? »

proposai-je.

Papa se redressa, étonné.

« La chèvre de monsieur Seguin ? C’est une grande histoire, ça.

- On n’a pas le temps de la lire avant d’aller me coucher, objectai-je avant qu’il ne le fît.

- Eh, bien ! On peut prendre un petit peu plus de temps, pour une fois ; puis on n’est pas obligé de la lire entièrement en un soir.

- Mais le livre, il est pas là, faudrait aller le chercher, objectai-je avant qu’il ne le fît.

- Commence à raconter ! Si on a besoin du livre, on ira le prendre à ce moment-là. »

L’histoire de la chèvre de monsieur Seguin, je la connaissais bien. Je l’avais en livre-disque, racontée par un célèbre comédien du Sud de la France. Mon père aussi, la connaissait mais l’histoire que je lui racontai ce soir-là, celle-là, il ne la connaissait pas bien :

« Au début, monsieur Seguin a eu six ou sept chèvres. C’était son troupeau. Elles sont toutes mortes d’un mal mystérieux et monsieur Seguin en a été bouleversé. Alors, il a fait une prière au bon dieu pour lui venir en aide. Pour l’exaucer, le bon Dieu lui a donné trois chèvres magiques. La première, la chèvre noire, la plus matérielle, s’est incarnée dans le troupeau pour comprendre ce que vivent les chèvres. Elle est morte pareil que le troupeau. La deuxième, la chèvre blanche, plus subtile que la première, ne s’est pas vraiment incarnée dans le troupeau. Elle a seulement suivi le chemin tracé par la chèvre noire, tout en restant en contact avec l’ange de Dieu, pour que Dieu soit au courant de ce qui se passe. Elle est morte pareil que la chèvre noire. Seulement, pendant ce temps-là, monsieur Seguin, il ne comprend pas comment ça se fait que les chèvres du bon Dieu meurent aussi. Alors, la troisième chèvre – c’est la chèvre rousse – celle-là, c’est celle qui doit rester en vie. Sinon, monsieur Seguin perdra la foi.

- Mais qui c’est, la chèvre rousse ?

- Ben c’est moi ! »

C’étaient mes rêves qui m’avaient raconté l’histoire comme ça. Dans mes rêves, il y avait un personnage qui revenait fréquemment et qui se faisait appeler « Monsieur le Directeur ». Il m’avait dit qu’il travaillait dans une entreprise au service de Dieu pour fabriquer la chèvre rousse. Il m’en avait proposé le rôle et j’avais dit oui.

Ce que je devais faire pour tenir ce rôle, nul ne pouvait me le dire car seule la chèvre rousse sait être la chèvre rousse. Monsieur le Directeur, tout ce qu’il pouvait faire pour m’y aider, c’était me donner la réplique en jouant le rôle du loup devant moi.

Du coup, il n’y avait pas vraiment de règles, à part les règles élémentaires de bonne conduite. Tout ce qui m’était demandé, c’était de rester en vie (sinon, ça aurait voulu dire que je n’étais pas la chèvre rousse). Cette exigence me convenait parfaitement.

Si, il y a quand même une règle que Monsieur le Directeur me demanda de respecter : ne pas faire mes coups en douce. Il jouait le rôle du méchant mais c’était pour m’aider. Il n’était pas le vrai méchant. Il était dans mon camp. Alors, je devais jouer franc jeu pour ne pas le mettre en danger. Ce n’était qu’une partie préparatoire. Il fallait jouer cartes sur table.

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#cauchemar #explication #réaliste #sérieux #recommandations

INVOCATION

Le monsieur reprit ses explications. Moi, pendant ce temps-là, pour contrebalancer le caractère trop sérieux qu’il donnait à mon rêve, je dansais et faisait des galipettes.

« Tout d’abord, il faut définir qui est le monstre mais… attention ! L’évoquer par son nom peut le faire surgir, étant donné que le rêve tire sa substance de l’imagination […] Si tu attribues au monstre des pouvoirs surnaturels et fantastiques, tu feras apparaître une créature contre laquelle nous ne pourrons pas lutter. La partie ne sera pas jouable. L’univers est un immense champ de forces mais nous ne pouvons nous y mouvoir que si nous lui donnons un visage humain. Il faut donc définir le « monstre » par une identité humaine et réaliste… toujours rester réaliste… tu m’écoutes ? »

« Oui, oui. J’écoute : toujours rester réaliste.

- Qui est le monstre ?

- Un monsieur.

- Un homme !

- Comme vous.

- Très bien !... Mais tu sais pas rester calme, deux minutes ?

- Ben quoi, c’est un rêve : on n’est pas à l’école !... Bon, d’accord. »

Magnanime, j’acceptai de rester deux minutes sans gigoter. Le monsieur au costume bleu-gris reprit son explication :

« Ce que tu dois combattre, c'est une force, invisible et impalpable. Pour la rendre visible et susceptible d'être combattue, il faut lui mettre un masque. Tu pourrais le définir comme étant une créature fantastique aux pouvoirs surnaturels. Ce ne serait pas faux : toutes les figures maléfiques de l’imagerie populaire proviennent de ce que les enfants ont vu dans leurs cauchemars. D’une certaine manière, le monstre, c’est vraiment ça mais ce monstre-là, ni toi ni moi ne peut se tenir devant. Nous allons donc, par-dessus ce premier masque, en mettre un autre plus accessible : celui d’un homme. Cet homme étant mon égal, je pourrai te protéger contre lui. Ce faisant, tu seras protégée contre tout ce qui se cachera derrière le masque. Est-ce que tu comprends, jusque là ?

- Oui… mais comment on fait pour mettre un masque sur le visage de la force ?

- En invoquant le nom de ce que tu veux faire apparaître… mais pas tout de suite… on va y revenir. Il faut voir déjà par quel moyen je peux te protéger.

- Parce que vous êtes plus fort que lui ?

- Non. Ce n’est pas moi qui vais combattre, c’est toi. Moi, je peux seulement t’aider, comme je l’ai déjà fait. Tu te souviens, lorsque tu étais sur le terrain de course ? tu entendais ma voix te guider parce que j’étais au sein du monstre. Dans ta chambre, j’ai pris la place du monstre pour te le livrer […]

- Alors, il faut que je mettre votre masque par-dessus celui de l’autre monsieur ?

- De l’autre homme, exactement.

- Mais vous ou l’autre monsieur, c’est toujours un visage humain. Alors, ça revient au même.

- Tu es assez grande pour comprendre que tous les hommes ne sont pas animés des mêmes intentions. Comme je te l’ai déjà expliqué, je veux aider les enfants, autant que je le peux, à triompher de cette force qui nous enchaîne. D’autres hommes, au contraire, pactisent avec elle, en tirent parti pour assouvir de bas intérêts. L’homme que tu as vu, dans ton cauchemar, est de ceux qui terrorisent les enfants pour leur faire perdre leurs moyens et parvenir, ainsi, à soumettre leurs âmes, à vie. Quant à moi, je ne te ferai jamais peur. Si, devant toi, je joue le rôle du loup, tu devras toujours te rappeler que je veux que ce soit toi qui gagne contre moi.

- Pourquoi un loup ?

- Je mettrai dans mes paroles des indices, ça et là, pour te mettre sur la piste. À toi de les trouver. Voilà ! Mon explication est terminée. Maintenant, attends-toi à revoir l’image de ton cauchemar un court instant ! Ne panique pas ! Je serai là. Tu entendras ma voix. La force est présente. Je la sens. Est-ce que tu te souviens comment on lui ajoute un masque ?

- En convoquant son nom ?

- En l’invoquant. Mon nom, pour toi, sera « Monsieur le Directeur ». Si tu es face à l'homme de ton cauchemar, prononce mon nom est tu ne verras plus que moi en face de toi. Tu as compris ?

- Oui.

- Bien. Concentre-toi ! Comment s’appelle l’être, humain et réaliste, qui capture les enfants pour les obliger à le servir toute leur vie ou pour les vendre à quelqu’un qui les traitera de même ?

- L’esclavagiste ! »

à cet instant, je vis surgir, à un mètre devant moi, le méchant du cauchemar de l’autre nuit. La terreur m’envahit d’autant plus que, cette fois, je comprenais parfaitement ce qu’il me voulait et je me sentais totalement sans défense.

« Écoute-moi ! Je suis là. Concentre-toi sur ma voix ! Pour t’aider à sortir de l’esclavage, j’ai un travail à te proposer […] Si tu acceptes ce contrat, invoque mon nom !

- Monsieur le Directeur ! »

SEX AND DESTROY un nouveau son rock ?
1ère partie : DATE ET LIEU DE NAISSANCE
chapitre 9 : Sex, drugs and rock n roll

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#hiérarchie #travail #jeu #cauchemar #monstre

PRÉSENTATION DE L'OFFRE

Il me dit que si j’acceptais son marché, je devrais l’appeler « Monsieur le Directeur ». Ça n’avait rien à voir avec l’école. Tout ce qui m’était exigé pour ce poste, c’était de savoir lire et écrire.

J’avais beau m’évertuer à faire mon petit clown, il ne déridait pas. Pas moyen de lui arracher un sourire ! Il restait là, debout, à parler, parler… genre :

« Ça n’t’intéresse pas, c’que j’te dis ?

« Si, si. J’écoute. »

Il me reparla de mon cauchemar en un long speech récité sur un ton monocorde.

En voici quelques bribes :

« […] Ce n’est pas toi seule qui a fait ce cauchemar […] C’est tout le monde […] Ce n'est pas à l’heure de la mort que sa venue est à craindre mais au commencement de la vie […] Le monstre utilise les faiblesses de l’enfance pour s’accaparer une à une toutes nos vies humaines […] Moi aussi, il m’a eu quand j’étais enfant […] J’ai perdu, c’est fini pour moi […]Sa morsure est irréversible […] mais je ne veux consacrer ma vie à le combattre, au nom de l’enfant que j’ai été […] Seul un enfant qui n’a jamais été mordu pourra nous sauver […] Je suis à la recherche de cet enfant […] je veux être sauvé […] mais un enfant tout seul est incapable de vaincre […] C’est pourquoi je viens offrir mon aide à quelque enfant qui présente certaine compétence […] C’est mon travail .

- Qu’est-ce que je dois faire ? demandai-je.

- Combattre, si tu en as le courage.

- Mais j’ai pas de force, moi. J’ai des p’tits muscles.

- Tu sais lire et écrire ?

- Ben, bien sûr.

- C’est tout ce qui t’est demandé. Pour le reste, sers-toi de ton intelligence !

- Ben, alors ! C’est facile. »

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#matinée #réveil #réalité #mystère #liberté

REMISE EN ORDRE

Quand ma mère me réveilla pour l’école et ouvrit les volets, je regardai, au pied de mon lit, ce que c’était qui avait la forme d’une silhouette (parce que, mine de rien, ça m’avait pas mal tracassé) : c’étaient mes vêtements que ma mère avait posés sur mon cartable la veille au soir. Puis, je regardai, au fond de la chambre, ce qui m’avait donné l’impression de voir un homme sur la chaise… il n’y avait même pas de chaise, au fond de la chambre ; rien du tout. Alors, je me levai, sortis dans le couloir et levai les yeux sur le carillon qui était accroché au mur. Il me joua sa mélodie ; ce qui fit dire à ma mère :

« Tu vois : t’es pas en avance. Dépêche-toi ! »

et ce qui me fit lui répondre :

« Pourquoi y sonne pile au moment où j’le r’garde ? Y s’fiche de moi ? »

et tout redevint normal.

Maintenant, si tu veux revoir ce monsieur, qui m’apparut assis à l’américaine au fond de ma chambre, et en savoir un peu plus sur lui, tu vas devoir à nouveau me suivre dans mes rêves nocturnes, étant donné qu’il ne vint plus jamais dans ma chambre en tant que présence fantomatique.

Une nuit, j’étais endormie et je rêvais librement que j’étais en train de jouer à je ne sais quoi. Depuis ma naissance et jusqu’à ce que j’allasse à l’école, j’avais toujours passé tout mon temps éveillée à jouer librement à je ne sais quoi et tout mon temps endormie à rêver librement que je jouais à je ne sais quoi. Depuis que j’allais à l’école, je perdais peu à peu le sens du jeu, au fur et à mesure que le travail me prenait mon temps que je passais éveillée. Par contre, le temps que je passais endormie, je le passais encore à rêver librement que je jouais, sans que rien ni personne n’y eût jamais fait obstacle.

Cette nuit-là, donc, je rêvais que je m’amusais tranquillement, seule, assise par terre, quand l’homme au costume bleu-gris de ma vision traversa ma cour en marchant et vint jusqu’à moi. L’ayant reconnu, je me levai précipitamment devant lui et réitérai ma question :

« Vous êtes mon ami ? »

mais il me répondit d’un ton sec et détaché :

« Non, je ne suis l’ami de personne. Je ne connais pas l’amitié. »

Croyant qu’il me faisait marcher et voulant montrer que je n’étais pas dupe :

« Mais si, en vrai : tout le monde connaît l’amitié puisque c’est un sentiment qu’on a dans le cœur.

- Peut-être, je ne sais pas. Je ne crois pas en l’amitié. Je me contente de faire mon travail. »

Quelle tristesse !

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