Profile cover photo
Profile photo
Luc Séguin
401 followers
401 followers
About
Luc's posts

Post has attachment
Découverte intéressante aujourd'hui dans Le Devoir : Pierre Bayard :

« Il a démasqué le véritable assassin de Roger Ackroyd, détecté des auteurs coupables d’avoir plagié des oeuvres pas encore écrites et expliqué à des milliers de lecteurs comment parler des livres qu’on n’a pas lus. Depuis plus d’une vingtaine d’années, Pierre Bayard développe une oeuvre à mi-chemin entre théorie et fiction, une douce fantaisie d’érudition qui n’en dépoussière pas moins avec vigueur nos habitudes de lecture et dévoile au grand jour les impensés de l’analyse littéraire traditionnelle. L’écrivain, professeur et psychanalyste passe la semaine à Montréal, où il donnera deux conférences consacrées respectivement à la critique policière et à la critique d’anticipation ».

Plusieurs livres numériques de cet auteur disponibles à BAnQ. J'ai arrêté mon choix sur Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? https://goo.gl/bIwRUO

Parce que, autant le dire, je n'ai jamais lu un seul livre, raison pour laquelle sans doute j'ai autant de difficulté à en parler.

Mais d'abord, quelques récits amérindiens : Amun

#littératurels

Post has attachment
« La garde en captivité de ces animaux au Zoo sauvage de Saint-Félicien permettra de sensibiliser et d’éduquer le public en plus de favoriser l’acquisition de nouvelles connaissances sur le caribou forestier »

Le ministre de la Forêt pourra en profiter pour se sensibiliser lui-même, et, tant qu'à y être, acquérir les connaissances qui visiblement lui manquent. Mais qu'il fasse vite, car le caribou forestier ne semble pas survivre très longtemps en captivité : 19 des 21 caribous que possédait le zoo Saint-Félicien sont morts en 2015, « subitement » [ https://goo.gl/ehR6el ] Alors, vous pensez bien que le zoo est drôlement content de se voir confier la horde de Val-d'Or, dont la capture sera faite « dans le plus grand respect », en pourchassant les bêtes en hélicoptère et en leur balançant des grands filets sur la tête. Car ces bêtes sont réputées craintives...

#biodiversité

Post has attachment
Serge Bouchard parle d'une télésérie « anglo-nombriliste, toute pleine d'omissions, de maladresses, de faussetés » https://goo.gl/IV3d4V Une jugement qui trouve écho chez les Acadiens et les Amérindiens.

#Canadals #Histoirels

Post has attachment
Un récent article du Devoir faisait état d’une « effervescence » de la « littérature de l’intime ». Qu’est-ce que cette littérature-là ? D’abord, ce n’est pas l’autofiction. Tant mieux, parce que je ne comprends rien à ce genre littéraire qui n’en est pas un, qui fonctionne plutôt comme un label, comme l’autocollant « Intel Inside » sur mon ordinateur. Le label « autofiction » me certifie… euh… quoi au fait ? Que les faits rapportés sont authentiques, 100 pour 100 vécus, bien qu’insérés dans une trame fictive ? Tous les faits ? Et comment mesurer la conformité de la représentation au vécu vraiment vécu ?

Post has attachment
Un livre que je vais lire cette année.

Post has attachment
Onfray m’intriguait. La rumeur en fait un conservateur réactionnaire, à la limite de l’islamophobie. Exemple : le très mauvais compte rendu de Nathalie Collard, bonne critique littéraire par ailleurs, lorsqu’elle se donne la peine de lire le livre. Onfray, lui, dans une entrevue, s’est dit anarchiste de gauche... Ce que montre Décadence, c’est une posture plus complexe.

Post has attachment
Il y aura, pour moi, un avant, et un après La Langue rapaillée. Ce que j’aime de ce court essai de la linguiste Anne-Marie Beaudoin-Bégin, c’est qu’il s’attaque à ce qui menace le plus le français parlé au Québec : son statut, les préjugés dont il est l’objet, voire le mépris. Je pense, ici, à la remarque d’Eugénie Bouchard, il y a quelques années, ou celle de Thierry Ardisson, sur le plateau de Tout le monde en parle. Beaudoin-Bégin remonte plus loin, au frère Untel, pour qui le joual, c’est-à-dire le français québécois familier, est « une langue désossée », « un cas de notre inexistence ». L’auteure cite aussi cette blague qui circule encore sur Facebook, où, sur trois colonnes, des mots anglais sont comparés à leurs équivalents en français soigné, puis en « Québécois » familier : « right here », « ici même », « drette là »... Mais, aussi bien, le mépris se voit chez ceux qui trouve le français d’ici « pittoresque », « cute »…

Cette situation a des causes historiques, mais s’explique aussi par la prépondérance d’une certaine idée de la langue française, qui serait si « belle, esthétique, grande, prestigieuse ». Pour déconstruire ce mythe, Beaudoin-Bégin rappelle d’abord quelques évidences : toutes les langues évoluent, elles sont vivantes, hors de tout essentialisme, et toutes possèdent deux registres : le registre soigné, ou soutenu, et le registre familier, dont aucun n’est supérieur à l’autre, chacun ayant sa valeur, son utilité. Le problème, c’est que les puristes comme Guy Bertrand, premier conseiller linguistique de Radio-Canada, appliquent au registre familier, celui de la langue parlée au quotidien, en situation informelle, les règles plus strictes du registre soigné, réservé aux situations « formelles ». Or, le registre familier se définit par sa liberté, le fait, précisément, que chacun peut utiliser la langue comme il veut, employer l'épenthèse, modifier des mots, en utiliser certains plutôt que d’autres, comme des anglicismes, des archaïsmes : « Lorsque les puristes viennent affirmer que tel ou tel mot est acceptable en registre familier, ils sortent de leur juridiction. Personne, sauf les locuteurs, ne peut gérer le registre familier ». Une seule contrainte : être compris de son interlocuteur.

Beaudoin-Bégin se montre particulièrement convaincante lorsqu’elle met en lumière, à partir de plusieurs exemples, l’incohérence des puristes dans leur critique des anglicismes, et le peu de valeur de leurs arguments, qu’ils tentent d’appuyer sur l’étymologie, sur la logique, alors que la langue est truffée d’illogismes. Si certaines formes ne sont pas acceptées, inutile de chercher « des explications plus approfondies que le fait que ces formes ne sont pas acceptées ». Point. « La norme prescriptive est un ensemble de règles auxquelles la société accorde une valeur ».

Si sa critique des puristes, aussi appelés « prescriptifs », est si sévère, c’est qu’ils « ont bel et bien réussi à profondément inculquer dans l’imaginaire linguistique des Québécois l’idée que la plupart des formes caractéristiques à cette communauté linguistique sont les symptômes de l’étiolement de la langue »

Cet essai réhabilite le français québécois, non pas comme langue distincte, comme le suggère le terme « joual », mais en tant que variation du français. Une variation parmi les autres variations, ni dégradée, ni étiolée. Car, en matière de langue, il ne peut y avoir rien d’autre que cela : des variations. Et aucune n’est supérieure à l’autre, pas même la variation française, élevée au statut de norme de référence au Québec depuis le rapport Durham, au XIXe siècle. Toutes ont leur registre soigné et leur familier, toutes sont composées de mots anciens et modernes, toutes évoluent, toutes expriment une identité. Les mépriser, c’est mépriser les gens qui en font usage.


Post has attachment
Je cite Jacques Attali : « Personne, pas même les rabbins ou les juges, n'a le droit de vivre sans travailler. [...] Travailler de ses mains est le premier devoir d'un Juif, quel que soit le temps qu'il passe à étudier, prier, juger, enseigner. »

Le narrateur d’Indignation, de l’auteur américain Philip Roth, peut bien se dire « athée convaincu », dans le petit monde de son quartier juif, dans la boucherie kascher de son père, cette règle issue d'une tradition millénaire n’a pas complètement été effacée par l’assimilation. 

Post has attachment
C’est un roman sur le lien filial, mais aussi sur l’attachement aux autres, aux êtres vivants, aux animaux, bref, sur l’attachement à la vie. Un roman, évidemment, où la mort, la pensée de la mort est aussi présente, où les mots « mentir », « trahir », « peur », reviennent souvent.

Post has attachment
Le 15 juin 1978, dans la taïga sibérienne, en amont de la rivière Abakan, fut découverte une famille russe vivant en ermite, complètement coupée de tout contact avec les hommes. Les géologues ayant aperçu leur cabane et leur jardin lors d’un vol en hélicoptère, furent leurs premiers « visiteurs » depuis 1945. Les Lykov sont des vieux-croyants, des Russes restés fidèles aux vieilles pratiques abolies par l’Église orthodoxe lors de la réforme du patriarche Nikon au XVIIe siècle. Ils parlent un russe vieux de 300 ans, rejettent tout ce qui vient du « siècle », c'est-à-dire du monde séculier. Leur subsistance dans la taïga repose principalement sur la pomme de terre et l’amande de cèdre. L’arbre le plus utile, outre le cèdre : le bouleau, dont l’écorce permet de fabriquer des chaussures, des seaux… Le chanvre également est indispensable. Une catastrophe : la perte d’une aiguille ! La pire menace : pas l'ours, pas le loup, mais le tamia rayé, ou suisse, que le traducteur appelle improprement « écureuil ».

Les premières rencontres furent cordiales. Des liens se créèrent. Lorsque Vassili Peskov, journaliste de Moscou, intervient dans l’histoire, en 1982, les deux fils sont décédés, ainsi qu’une des filles. Dans les conditions extrêmes de la taïga, le stress créé par la rencontre avec les géologues -- deux des enfants n’avaient jamais vu d’êtres humains autres que les membres de leur famille -- peut leur avoir été fatal. Seuls subsistent le père, Karp Ossipovitch, et la cadette, Agafia.

Dans une U.R.S.S. déliquescente sur le point d’imploser, Peskov va faire de ces vieux-croyants sectaires, solidement enracinés dans une tradition, de véritables vedettes nationales. Les lettres à son journal affluent, et les dons de tous genres pour aider ces « Robinson » des mont Saïan à survivre. Car les Lykov ont besoin d’aide. Le père se fait vieux -- il mourra en 1988 -- et, seule, la fille ne peut pas tout faire. Et là réside l’émouvante beauté de ce récit : alors que le rejet, le mépris, auraient pu être réciproques et sans appel -- des fondamentalistes intransigeants, opposés à des païens, des mécréants --, nous assistons aux plus touchantes marques de respect. Des visites en hélicoptère, des cadeaux, des discussions franches, une curiosité réciproque et respectueuse, une attention généreuse à ne pas heurter ces êtres reclus dans leur cabane misérable, au coeur de l’hiver sibérien, fragilisés, comme des oiseaux au creux de la main… Et, en tout temps, cette retenue, cette pudeur qui dit peu et exprime beaucoup, une chaleur humaine chez ces hommes, travailleurs du froid d'humble condition.

Ermites dans la taïga m’a réconcilié avec la civilisation chrétienne, que mes récentes lectures présentaient sous un jour critique assez déprimant.

#littératurels
Wait while more posts are being loaded