ROCKY TRIP #10 : CAP VERT – Mai 2013 par Xav

Pour notre prochain Trip VTT, Bruno et moi voulions rouler exotique et partir à la découverte d’un pays étranger en vélo. On a tous vu les images du Urge Cabo Verde et elles sont restées bien présentes dans notre esprit : du ride, des îles, des paysages extraordinaires, un combo qui peut jouer !

Après récup’ d’infos auprès d’Hervé DOULAT (1628 films - ex. 26in) et de Fred GLO (Tribe Sport Group), on obtient un contact sur l’île de Santo Antão.

Après quelques échanges de mails pour définir notre vision des choses avec celui-ci, la décision est prise : Destination le Cap Vert sur les traces du Urge Cabo Verde.

Il nous faut constituer un petit groupe de riders pour faciliter les transports, mais le profil du rider est très important : il devra pouvoir vivre à la rude, être fort mentalement en cas de pépin sur place et disposer d’une bonne technique de pilotage.

L’équipe sera donc constituée de Bruno LAVAL (MCF et membre du Team Rocky Sports en tant qu’ « ancien »: c’est celui qui est à l’arrêt derrière Baptiste et Ulysse dans le teaser Rocky Sport Inside 2014 et pourtant, c’est largement le plus fort d’entre nous), Bouli (Moniteur ESF à l’Alpe d’Huez et membre de tous nos trips), Berni (le Boss de Rocky Sports) et Xavier BASCOT (Mécano/Skiman chez Rocky Sports).

Contrairement à d’habitude où nos trips sont accès sur la beauté des singles et le cumul de déniv’ négatifs, le but de ce trip est de voyager en faisant du VTT et de découvrir l’île de Santo Antão où le tourisme de masse n’est pas encore d’actualité.

Situé au nord-ouest de l’archipel du Cap Vert, cette île volcanique est très montagneuse, elle culmine à 1 500 m d’altitude. Elle est réputée pour ces treks et l’on rencontre principalement des touristes français en trekking sur les coins les plus connus.

Après pas mal de difficultés et quelques doutes pour partir avec nos bikes, on embarque enfin de Genève via Lisbonne pour l’île de Sao Vicente, avant une traversée en bateau pour l’île de Santo Antão.

On retrouve André, notre contact sur l’île, traceur du Urge Cabo Verde et accessoirement propriétaire d’un gîte fort sympathique : Kasa Tambla !

Nous faisons le point sur ce que nous avions convenu : il nous met à disposition les topos des sentiers dit « cyclables », nous met en relation avec un Aluguer (taxi) que l’on prendra pour la semaine, nous rappelle le programme : 7 jours chez lui à Ponto do Sol côté Est de l’île, puis 4 jours chez l’habitant côté Ouest.

Il met en garde sur une chose : l’autonomie !
- ici interdiction de se faire mal, il n’y a pas de secours, ni d’hélicoptère ; de plus il y a très peu de réseau téléphonique
- la gestion de l’eau et de la chaleur est très importante
- interdiction de casser du matériel : les seules pièces détachées compatibles avec nos enduros sont celles que nous avons amené.
- et bien sûr aucun d’entre nous parle le portugais,  à nous de bien décortiquer les topos.

Après ce brief, on monte en pick-up au Col d’Espongiero à 1 300 m, point de départ de la plupart des trails. Ca y est, on est enfin sur nos VTT, prêt à rouler les sentiers du Cap Vert. On attaque par Jaoa Alfonso (une des spéciales du Urge Cabo Verde), et là c’est la claque : on bascule sur le côté verdoyant de l’île, c’est juste sublime, on roule dans un décor de rêve, qui fait penser au paysage du Machu Picchu au Pérou : des chemins muletiers suspendus et des cultures en terrasses de partout où cela est possible.

La descente alterne sentier technique et chemin muletier pavé. La bonne surprise, c’est que les sections pavées, qui sont assez larges, sont plutôt technique à rouler en VTT et loin d’être monotone. La récente cueillette de la canne à sucre a laissé pas mal de paille sur les chemins ce qui rend les pavés très glissants.

Bilan chiffré de ce premier sentier « cyclable » : 1 200 m de négatif pour 100 m de positif, sur 15 km pour 2H de ride. Le décor est bien là, dépaysement total, 1ères rencontres avec les Cap Verdiens, et en bonus, les trails semblent de qualité !

Les journées de VTT vont s’enchainer avec 1 à 2 longs trails par jour. Certains sentiers nous prennent 4 à 5 heures de roulage en faisant les touristes : photos, vidéos, admiration des paysages, découverte de la culture Cap Verdienne…

Les profils sont toujours descendants mais certains tracés demandent de bien pédaler avant de basculer dans le bon sens de la pente. La gestion de l’effort, de la chute et de la casse est omniprésent : on roule beaucoup plus cool que d’habitude.

Au fil des runs, la technique de pilotage propre à ces chemins pavés glissants s’améliore, et rouler en VTT dans ces conditions devient juste trop bon : à base d’appel contre-appel, de drifts maîtrisés, de passages techniques engagés…

Les images du Urge Cabo Verde nous reviennent chaque fois que nous roulons leurs spéciales, et faire un chrono sur ces sentiers en roulant à vue nous paraient juste incroyable : rappelez-vous le run de Nicolas VOUILLOZ sur les pavés humides (cf. vidéo du Urge Cabo Verde sur Nico), sa vitesse et son engagement, ça fait juste flipper !

Pour le dernier jour sur le côté Est de l’île, on se fera un Best-Of des trails que l’on a préféré, une journée Enduro où l’on posera appareils photo et Gopro pour se contenter de rider ! Résultat : 5 000 m de négatifs, trop bon !

Après 7 jours, on bascule côté Ouest de l’île, beaucoup moins arrosé, les paysages sont plus arides et on va rouler plus All Mountain, avec peu de recours au Aluguer.

Pendant 2 jours, on roule sur un plateau lunaire, rendu pas très intéressant à rider à cause d’une sécheresse importante. Les sentiers sont très sablonneux, la chaleur est éprouvante et la fatigue est bien présente.

Par contre, on va vivre une belle tranche de vie dans une famille n’ayant ni l’eau courante, ni l’électricité. Un retour 100 ans en arrière qui fait bien réfléchir. On vit à l’heure du soleil, lever à 6H du mat’, dîner à 18H et on prend notre douche au seau d’eau…

Et pourtant, les enfants sont tellement joyeux, s’en est déprimant quand on pense à nos enfants bloqués sur leur tablette !

Cela fait un peu bizarre de recevoir autant d’hospitalité de personne qui n’ont rien par rapport à nous. Ils ne comprennent pas ce que l’on vient faire chez eux avec nos bikes ; et comment leur expliquer que l’on est prêt à claquer des années de salaires cap verdien juste pour notre passion : ce décalage nous fera tous bien méditer. Nos dons de cahiers, stylos, etc. paraissent bien maigre par rapport à leurs besoins.

La découverte d’un pays en VTT est extraordinaire : cela ouvre de nombreuses portes, les cap verdiens étant très accueillant, on a passé de vrais bonnes tranches de vie grâce à nos bikes : découverte de vallée où ils n’avaient jamais vu de VTT d’enduro, tour de vélo avec des écoliers, mécaniques vélo avec des enfants, randonnée pédestre avec 2 jeunes adorables…

Alors bien sûr, les sentiers ne se valent pas tous en terme de plaisir de pilotage en VTT, mais chacun amène son lot de nouveautés : ride dans une vallée perdue longue de 15 km, randonnée sur un plateau désertique à 1 300 m d’altitude, roulage dans un cratère de volcan…

Un autre point important de ce voyage est la proximité de l’océan : les Cap Verdiens n’étant pas tournés vers la mer, quand 4 français vont faire de la plongée en masque et tuba pour ramasser des oursins et des nacres, on devient vite l’attraction au village !

La découverte de la cuisine cap verdienne a, aussi été une belle surprise : simple mais très bonne, on mange, tout simplement, les meilleures poissons et langoustes de notre vie !
 
Alors si cette destination vous attire, ce trip n’est pas à la portée de tout le monde : il faut bien sûr être un bon VTTiste, mais le plus important est d’être un bon baroudeur, capable de s’adapter à des situations parfois difficiles, et le plus important : être autonome.

Ce trip a vraiment été différent de tous les autres : on a vraiment voyagé avec nos VTT au lieu de simplement se gaver de singles.
La bonne surprise a été que le ride sur la partie Ouest de l’île est vraiment intéressante, néanmoins le roulage est forcément différent car il faut être prudent.

Bien sûr, on a eu notre lot de mésaventures : quelques chutes, sans gravité heureusement ; un dérailleur arrière décédé dans l’affrontement avec un rocher, une usure des pneus à vue d’œil, et un peu de jardinage ici ou là pour trouver le bon chemin…

On rentre en France bien déphasé, avec pleins de bons souvenirs dans la tête, avec l’envie de repartir avec nos VTT d’enduro, à la découverte d’un autre pays, pour mixer bike & voyage.

Le choc des températures nous rappellera à l’ordre en arrivant à l’Alpe d’Huez, nous avons oublié nos 25° quotidiens pour 0°C et neige à 2 000 m d’altitude…Welcome back home !
 
Plus de photos dans l'album dédié à ce trip: https://plus.google.com/u/0/b/113655419962249498209/photos/113655419962249498209/albums/5972809997498610737  
Retrouvez la vidéo du trip dans la Galerie Vidéos de notre site rocky-sports.com ou sur notre chaîne You Tube: ROCKY TRIP #10: Sur les traces du Urge Cabo Verde
Film sur le Urge Cabo Verde: http://www.zapiks.fr/urge-cabo-verde-2011-report.html
Film sur Nico Vouilloz: Vouilloz - genepiFILM EDIT - URGE CABO VERDE

#vtt #rockytrip #capvert  
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