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Alain Chotil-Fani
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Alain Chotil-Fani's posts

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« Ambiance bourdonnante sous les vastes arcades de ce vieux café au store rayé vert et blanc », proclame le best-seller du livre de potes. Tu parles ! Faut avoir éclusé la cuvée Maya l’Abeille pour trouver ce coin bourdonnant. 

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L’un des atouts de la Plantation Laura est de mettre l’accent sur le traitement des esclaves. Les cases sont relativement grandes, mais on frémit de songer que deux familles – soit 24 personnes – pouvaient s’y entasser. Toute instruction des esclaves était absolument évitée, en stricte application du Code noir.

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Je termine la visite quand une sirène retentit, comme aux temps héroïques. « Évacuation immédiate ! Tout le monde à terre ! » L’ordre claironné par des vétérans n’appelle aucune réplique. Que se passe-t-il ? Un sous-marin japonais aurait-il été détecté dans les eaux placides du Mississippi ?

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Je lui demande comment il avait l’habitude d’occire ses proies. « Un coup de carabine là (il montre le crâne de la bête, pointant un espace sur l’arrière des yeux). « Si t’es pas capab, faut tchainger d’métier ». Pan pour l’image romanesque d’un Crocodile Dundee se mesurant au monstre avec un simple poignard.

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Une averse nous étrille alors que nous prenons la route de Lafayette. Vraiment une averse ? Cette eau gerbe de toute part, déborde la route, forme des mares tempétueuses sur les bas-côtés en déferlant sans trêve sur la voiture. Les essuie-glaces crient grâce, impuissants à évacuer les gallons de flotte qui s’abattent sur le pare-brise. On se croirait dans une scène choc signée Roland Emmerich. Je reste prudemment sur la file de droite, scrutant les feux de la voiture qui me précède dans la mélasse, le pouce prêt à enfoncer le bouton de freinage assisté qui garnit le levier de vitesse automatique. Sur les côtés défile une région complètement inondée. Des poteaux électriques illuminés par la foudre surgissent de l’eau. Serions-nous en train de vivre un nouvel ouragan Katrina ?

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Les habitant assis sur le seuil de leur maison nous saluent au passage. Je déjeune de beignets de tomates vertes, étrange chose qui n’était jusque-là qu’un titre de film. C’est bon, rehaussé par une sauce au goût inattendu de crustacé. « Ça vous a plu ? me demande la serveuse. La sauce est une spécialité. Nous y mettons du catfish. » La chair ferme et parfumée du poisson-chat aurait pu passer pour de la crevette.

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Mississippi. Ce nom impose à la mémoire des souvenirs sans âge. La prudence de bateaux à aube aux abords des hauts-fonds, suspendus au cri des mousses veillant la profondeur. Sur la passerelle, des dames élégantes aux larges ombrelles et des gentlemen en hauts-de-forme contemplent le quai où s’entasse le coton. Assis sur un ponton, quelque gamin en salopette arrache à un banjo aigrelet des songs de Stephen Foster. Un paradis perverti par le péché originel de l’esclavage, où maraudent sans relâche des alligators.

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La légende (non confirmée lors de la visite) veut que le roi Elvis perdît la vie sur le trône, ce qui sonne drôlement quand on sait la place des waters dans l’oeuvre de Stanley Kubrick. Plus fort encore, le drame de ce maître du kitsch périssant dans la fange entre en étroite résonance avec la pensée kunderienne. Cela dit, je ne saurais affirmer si les fans d’Elvis apprécient Kundera.

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Dans le public, des dames portant des chapeaux invraisemblables agitent les bras, se prosternent, hurlent leur joie. On se trémousse sans aucune gêne en criant sa foi. La communion avec Dieu se fait ici dans une transe impétueuse.

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J’ai l’impression d’avoir Michael Moore à cheval sur mon thorax, et je contemple en face de moi les autres amateurs impitoyablement cloués à la cloison comme autant d’insectes épinglés par un entomologiste pervers. « Criez si vous avez un problème », nous avait-on dit. Mais si je n’avais qu’un seul problème ! Mes pieds ne touchent plus le sol et mon oreille interne baguenaude comme un bateau ivre. Quant à crier, l’idée même crispe mon cerveau, tant l’air peine à assouvir mes poumons.
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