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Roger Dautais
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Et la vie passe s’efface, existe, malgré tout.
Ce sera bientôt, les cernes d'hiver, les jours gris, les pluies incessantes, lavant les terres noires de la Pointe du Roselier. Ce sera aussi, les longues nuits solitaires passées à hurler comme un loup. Il restera, malgré le temps, malgré les routes empruntées, à suivre les souvenirs de l'été.
Il restera à retrouver les pas des voyageurs de l'au-delà, et puis leurs voix qui répéteront sans cesse :
Dans la mémoire des routes,
il y a toujours des bruits de pas
des matins ensoleillés,
d'autres pluvieux,
des pierres sèches
et d'autres recouverts de mousse.
Et je reconnaitrai ta voix défunte et je me dirai, tiens, cette fois, c'est elle qui m'invite à entrer dans la mémoire des morts. J'y entrerai et je reprendrai la route.
Personne ne m' empêchera de descendre au cœur du fleuve, d'y noyer ma peine, d'en retirer les pierres nécessaires à l'élévation de trois cairns. Ainsi se mêlent souvenirs défunts et vie difficile, pour exister un peu.
Roger Dautais
Notes de land art pour La Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http::rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Paroles rouges " pour Marie-Josée Christien 2007


*


Nous cheminons tous
oubliant que nous fûmes bercés
sur des chemins de terre
éclairés de néons


La route familière
s'efface sous une brume intense.



Nous marchons cependant
car il faut bien aller
quêtant les étincelles d'amour
dans le flux des saisons.

Eliane Biedermann
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Il est des jours de travail ordinaire qu'il convient d'offrir
à la nature, afin que l'invisible prenne le pas sur le réel...
R.D.


Dans les plis des mémoires empilées se nichent la foule des rêves stratifiés. Je tire le fil d'Ariane et traverse le temps jusqu'au rivage.
L'apaisant chaos de pierres me parle. Ici est passée la tempête et la rondeur des pierres en est la preuve. Un goéland perché sur les rochers, porteur d'âme en peine, m'indique le lieu du travail.
Entre le silence de la mer et les dires hystériques des sternes, je retrouve mon pays.
J'avance doucement vers la conclusion. Ici, l'espace me délivre. Je n'ai plus à supporter mon tumulte intérieur.
En écho, la voix de Driss, disparu : " demain sera un autre jour".

Roger Dautais
Notes de land art pour la Route 75

Photo : création land art de Roger Dautais
" Occurrences celtes " pour Christian Cottard
Côte Sud de Bretagne






Donne toi à l'espace
Il est ta nature

Qu'il te déchante
Ou te reprenne dans les airs

Il est de pluie tu es de rêve
Tu danses sous la mer
Au doux chant des baisers

Quel regret a porté ta mémoire.

Brigitte Maillard

* http://www.mondeenpoesie.net/ ainsi que les autres blogs créés et animés par Brigitte Maillard avec talent et humilité !
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Tiré de l'oubli...

.../Je vous dis, la vie de land artiste, ce n'est pas fait pour ceux qui traversent dans les clous. C'est vraiment pour ressentir les choses. C'est fait pour sentir, voir, écouter, toucher et goûter la vie au milieu de la nature. C'est d'emmener avec soi tous ceux qui l'ont quittée. C'est chanter la vie, simplement ça, chanter la vie libre dans la brume naissante qui un jour ou l'autre remonte de la mer pour effacer les falaises à suicide.
J'ai repris la route vers les côtes, avec en tête cette phrase de Norge :
" Tout ce qui existe un instant existe toujours".
Mais alors, mes souvenirs...
Roger Dautais

*

à Myriam Montoya

Ne rien regretter
Ni le gel, ni le sol rugueux
Ni le dos cassé au travail
Se courber seulement,
Devant la Nature.

Roger Dautais

D'autres poèmes dans l'Anthologie subjective de Guy Allix
guyallix.art.officelive.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" Rachis " cairn en côte de Nacre
au Docteur Missoury
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Inventaire
Une rencontre avec le chant du Gouyonveur. Un peu d’eau libre. Des pierres assemblées en couronne, qui enferment. Une grille de tiges de fougères aoutées. Un branche de lierre. Un peu de temps.
De mémoire flottante : « nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité » Nietzsche.
Ma vie est à l’eau ce que l’eau est à ma vie. C’est inséparable.

Souvenirs :
"Je pense à toi. Il pleut.
Qu'aurais-je gagné de mieux, autre que cette putain de vie qui me file entre mes doigts. Mes pensées défilent plus vite que les nuages.
Parfois, je voudrais que cette comédie s'arrête mais a-t-on le droit de sauter en marche du train, de ne pas terminer la représentation?
Ce qui me tient en vie ? Un peu d'amour, beaucoup d'amour et d'incompréhension.
Chaque jour est un point de départ.
Chaque jour, une nouvelle interrogation : où vais-je aller user ma vie loin d'elle, aurai-je encore la foi pour continuer ce chemin de solitude ?
Et pourtant le crépuscule n'est rien d'autre qu'une promesse de lumière nouvelle. "
Roger Dautais
Souvenir accidentel.

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo : création Lnd ar de Roger Dautais.
« Libération «  aux enfermés.
Région de Crac’h
Morbihan - Bretagne


*


Clarté
universellement
enclose
comme le cercle
qui se dessine
autour de nos vies.

Marie-Josée Christien
Un monde de pierres
Blanc-Silex . Editions
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Au nom de l’alchimie du hasard…

J’ai beaucoup étudié le land art avant de le pratiquer. Il me fallait comprendre ce que j’allais donner à ma vie, comme nouvelle orientation, dans cette expérience unique et singulière.
J’avais 55 ans
Fallait-il crouler sous une production d’images de masse où alimenter ma propre réflexion ?
Maintenant, je peux dire, sans me tromper qu’en prenant la route chaque jour,les éléments extérieurs ont changé ce que j’ai créé en vingt ans.Cette alchimie du hasard, alimentée, sans cesse, par le paysage, les vents, les intempéries, les marées, a fait entrer dans le jeu créatif  , la notion d’imprévisible et cela me plaisait.
Lorsque j’ai choisi le land art, emboîtant les pas d’Ana Mendieta,j’ai quitté la foule et je suis rentré en résistance contre cette production de masse.
Je me suis mis dans l’incapacité de vivre sans la pratique de cet art difficile.
J’ai appris que la matière organique,contenait en elle, l’imprévisible et ça me rendait heureux .
Le sable de mer, si souvent travaillé dans mes spirales, change de texture, d’une plage à l’autre, de couleur, d’aspect physique, sec ou mouillé, fin ou granuleux.
Lorsque je réalise une spirale, je ne sais pas où elle m’amènera, physiquement, mentalement.
Pour obtenir un résultat vu sur cette photo,il m’a fallu, apprendre, expérimenter. Et pour expérimenter, il faut pratiquer.
C’est pourquoi, devenu handicapé, provisoirement, je me suis fixé comme objectif de réaliser la même spirale, qui scellerait mon retour au monde du land art.
J’approche de ce rêve. Encore quelques mois de soins et cela deviendra, j’espère une réalité..
Je me suis fixé comme règle de vie d’aller chercher l’impossible, non pas dans la possession matérielle, qui est vaine, selon moi, mais dans un ailleurs philosophique où le dépassement de ce qui est atteint, devient moteur et créateur d’espoir.
Qui peut se permettre de juger la raison de vivre de l’autre, même si c’est souvent la règle dans les réseaux sociaux ?
Le temps pour moi, n'est plus à la polémique. Il me reste simplement à prouver, dans les mois qui viennent avant de conclure, que je marche correctement et que j'ai retrouvé la force physique de tracer une dernière spirale.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

" Photo : création land art de Roger Dautais
" Spirale océane " à Marie-Claude
Etel - Morbihan - Bretagne


*



Cercle

Tu es un frère
On peut s'entendre

Fais moi pareil,
Enferme moi.

Eugène Guillevvic

Du domaine 1977
Euclidiennes 1967 Gallimard

Réchauffons nous,
Vivons ensemble
Et méditons.

Eugène Guillevic

Du domaine 1977
Euclidiennes 1967 Gallimard
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" Vous n'avez pas de morts, pauvre ami, pas du tout ?
Venez que je partage les miens, avec vous".
Georges Brassens


Mise au point...

De fantomatiques habitants des réseaux sociaux me disent agonisant. C’est faux. Je suis simplement sur la liste d’attente. Je m’écarte de ces glissements sémantiques malfaisants. Ils ont vite fait de vous enterrer vivants. Je milite pour la vérité nue de la pierre qui apostrophe et garde sa liberté d’être elle même. Suis-je un voleur d’images impénitent ou simplement un voyageur doué d’un sixième sens ?
L’Arte Povera m’inspire et j’aime l’extrême précarité d’un merle en hiver. Son chant, né de si peu, est une merveille. Je tente en vain, de l’imiter, dans la retenue des moyens.
Toutes liquidités libertaires abandonnées, je laisse les sponsor qui tentent l’aventure,à leur funeste sort.
J’assiste à une fantastique dégringolade d’idées. Mais laquelle saisir ?
Pourquoi ces flottaisons, au cœur de l’été ? Pourquoi pas une une noyade et qu’on n’en parle plus.
Le soleil se crispe sur les lentilles d’eau. Il se morfond, disparaît, m’endeuille puis revient. Il éclaire la scène. Incroyable résurrection dont je profite.
Roger Dautais


LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
«  Flottaisons  » aux flaneuses
Hérouville-Saint-Clair - Normandie 2007




« l’hiver
les serpents
dorment »

Daniel Biga *

https://www.babelio.com/auteur/Daniel-Biga/167476
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Voir le monde autrement…

Cette force intérieure qui me vient du vécu, se heurte aux résistances nocives qu’il me faut contourner. Je veux parler des idées noires.
Il n’est pas question, au moment des installations land art d’exhumer de l’éparpillement des idées quelque ersatz sans saveur.
Représenter le monde avec ce que l’on a comme moyen, ce que l’on trouve et s’en tenir à ça, voilà ma conduite.
Appréhender avec mon corps, le vertige de la non-compréhension. Repartir avec une foule de questions qui se perdront dans le brouhaha du monde, suffit à me construire une espérance.
Les images représentées, ici,avant d’exister, se sont composées lentement : paysage, lieu ,eau, lumière, fleurs, pierres, sable, vent, comme un zoom, à l’envers qui amène les composants à la chambre noire.

Boîte à idées où se mêlent l’amour, la déraison, la colère, l’espoir, le silence. Un capharnaüm indescriptible.
Le temps se dilate. La main transmet, exécute, reprend, pose, hésite, traduit ma pensée.
Je quitte cette situation inconfortable et nécessaire à la création.
On voudrait tout dire en un geste. Il faut accepter ce manque, ces imperfections, ces scories de l’imaginaire.
Demain, je reprendrai la route kaléidoscopique, jusqu’à la rivière qui mène à la mer.

Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger Dautais
" les amants de l'estran " à Marie-Claude
Côte de nacre - Normandie - 2007





Qu’il ne voit ni les lampes,
Ni le pinson qui chante,
Ni l’étoile qui pleure
En ce soir de septembre.

Et la banlieue le cueille,
Morne comme le vent
Qui disperse les feuilles
Sur la gare émouvante
Et plus seule qu’avant.

Maurice Carême *

https://www.babelio.com/auteur/Maurice-Careme/76560
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J'ai rejoint le silence...

Je ne sais pas si ce que je fais, se partage. Cela peut se partager mais pas avec tout le monde. Je ne crois pas. Certaines de mes urgences, sont si fortes, si personnelles, qu'une fois traduites, je crains l'overdose.
L'essentiel n'est pas dans le détail de chaque travail, il est bien dans l'inscription à long terme et dans cette envie de vivre ainsi, loin du tumulte.
J'ai rejoint le silence, mon silence. J'attends le prochain départ, avec le désir d'oublier tout ce que je sais du land art, tout ce que j'ai déjà fait ,avec l'intention de laisser la Nature me proposer, d'autres pistes, d'autres inspirations.
Probablement, je continuerai à vous montrer quelques unes de mes créations, si tout se passe bien. Je sens si souvent le courant d'air de la porte de sortie dans mon dos. Désormais, ce ne sera pas long.
Enfant, j'aimais l'école buissonnière. je n'ai pas beaucoup changé. La tentation est trop grande, pour rentrer dans le rang.
Roger Dautais
Notes de Land art pour la Route 75

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo : création de Roger Dautais
" Mémoires " . Rive gauche.
Pour Tilia , étoile du Chemin des Grands Jardins.
Caen - Normandie 2007


*


je manque de répartie ça c’est depuis
longtemps surtout quand le cœur fait un
boucan à l’intérieur c’est peut-être que les
mots ne sont pas à la bonne place il
faudrait les faire refroidir et moi mes
mots ils sont toujours un peu trop dedans
émus.

Albane Gelé

Extrait de Aucun silence bien sûr
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.../ Les mots sont dévastateurs.
Un mot vous sauve, un autre vous tue.
Amélie Nothomb.


J'ai affronté ma mémoire jusqu'au bout,ce matin d'automne.Tête vide, tel un rôdeur sous la lune, j'ai recherché une solution vers la mer. Elle monte vers moi, sans pitié. Mixture remontée des abers pour me sauver du reste. Je me serais assis en dehors de ma peau, sans ce viatique.
Par crainte d'étouffement, j'ai craché des cauchemars les plus noirs et suis descendu au pierrier.
La mer folle brassait les pierres à grand bruit. J'ai attendu que ce tintamarre me fasse tout oublier et abattre ce cairn comme on fait pour un chêne, en fin de vie.
Roger Dautais

Photo : création land art de Roger Dautais
" Derniers instants " pour Marie
Cairn sur l'estran.

http://marie-aupaysdesimagesetdesmots.blogspot.com/

*


Noyau central

Lorsque les mots parviennent à leur sommet
Ils ont déjà brûlé
Le texte s'écrit
Dans les ponces et les basaltes
Je ne sais rien e ce que je suis
Je ne connais que les scories
Où va le doigt sur le chemin des signes
Obstinée à la phrase
Puisatier du verbe
Je n'ai de lien qu'avec l'opaque

Consumée- c'est toi qui portes le feu.

Claude LOUIS-COMBET

"Petite géologie du cœur " in Le Petit Œuvre Poétique.
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Vie et mort d'un cairn...

J'ai toujours voulu voyager plus loin que ne promet une terre où je marche.
Enfant, atteindre l'horizon était peine perdue, mais, y accrocher mes rêves, me rendait curieux, me maintenant en vie.Un jour noir passait plus vite que son bruit. Dans les terres noires,chaque pierre remontée du fond, laboure les pièces de pâture, les plus ingrates.J'étais cette pierre. Suis-je en mon pays devenu étranger, quand l'identité se calcule en biens de toute sorte ? Que pèse une poignée d'ajoncs, une poignée de cupules, les dernières fleurs de buddleïa, les fruits d'une rosa, la grappe d'ampélopsis, ou la feuille de
figuier ?
L'eau s'enroule lascive autour des pierres moussues, du Loc'h. Plus au sud,
en bordure d'atlantique, de l'estran..elle lèche ,salée, les premiers sables de l'estran.
Nuits blanches entre Orion et Cassiopée. Blondeur des rêves, présents, blés lascifs, mèches rebelles.
Mes vertèbres ont tenu. Mes souffrances, aussi. Loin de sa parole, ma vie se déroule, silencieuse, transformée en nuit glacée. Les traces mnésiques engrangent l'histoire d'un vieil homme, quittant la terre, jour après jour.
Entre mes mains, celles qui vont chanter la vie, face à la mer et l'attente de pied ferme. Le cairn vit et attend la marée. Plus tard, en une seconde d'éternité, tout sera dit et projeté au sol.
Roger Dautais

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com/

Photo : création land art de Roger dautais
" Cairn en Bretagne " pour Océanique
Carnac - Bretagne

*


L’homme prendra modèle sur la terre
La terre prendra modèle sur le ciel
Le ciel prendra modèle sur la Voie
La Voie, elle se modèle sur le naturel.

Lao Tseu – Tao te king


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