Principale raison de rester éveillé face au soporifique opus Espion, lève-toi - Boisset, flanqué d’Audiard, adapte une Série noire, pratique la paranoïa ("Il a fait Kafka dans sa culotte", disait l’impitoyable Jeanson à propos du Clouzot des Espions) et s’empêtre dans l’usage du steadicam, deux ans après l’insurpassable sommet de Shining -, outre le reste de sa distribution irréprochable (Ventura, Piccoli, Cremer, Fresson, Heinz Bennent, Robert Dalban en voix off) et une agréable partition de Morricone : la présence de Krystyna Janda, égérie de Wajda, admirée aussi chez Szabó, Żuławski et Kieślowski, revenue récemment au grand écran (accompagnée de Juliette Binoche dans Elles).

Son jeu généreux, légèrement névrotique, sa prononciation particulière, couplés à un talent plusieurs fois primé, à une beauté naturelle et faussement glacée - ah, ces yeux bleus comme la Pologne - en font une partenaire exemplaire d’un Lino "au bout du rouleau" (bien mieux servi par Deray pour Un papillon sur l’épaule), effaçant sans effort la différence d’âge traditionnelle et sexuée (au cinéma). Le film, on le sait, devait être réalisé par l’auteur de L’important c’est d’aimer, avant que le comédien-star ne mette son veto, inquiété par la réputation turbulente du cinéaste ; à défaut de rêver à cette œuvre impossible - une de plus ! -, on peut cependant célébrer la comédienne solaire et précieuse, qui finit ici exécutée dans un coffre de voiture, en avatar féminin d’un certain Aldo Moro, assassiné quatre ans plus tôt…  

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2015-08-14
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