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TarValanion Tolliniion
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Le Troisième Pouvoir

Je trouve assez frappant que dans le discours des candidats à la présidentielle (par exemple cette tribune de Martine Aubry sur la justice, parue sur Mediapart, mais ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres), la Justice est vue sous deux angles et deux angles seulement.

D'abord et avant tout, son rôle de répression, assimilé, à tort, à la sécurité. La sécurité suppose la prévention, pas la répression, qui ne fait pas disparaître le délit qui a été une atteinte à la sécurité. Mais la première image est celle de la justice punissant les délinquants et les criminels.

Ensuite la justice tranchant les litiges civils, permettant le "vivre ensemble" selon l'expression de Mme Aubry dans sa tribune. Rôle essentiel aussi en effet, notre société pour vivre en paix suppose que tout litige puisse être tranché selon des règles de droit communes à tous.

Et c'est tout. Suit ensuite le couplet, tout à fait fondé, de l'insuffisance des moyens et la litanie des promesses qui ne seront pas tenues.

Et c'est typiquement français.

Le 3e rôle de la justice, qui mériterait d'être le premier par ordre protocolaire, est d'être le 3e pouvoir, le Pouvoir Judiciaire, qui, conformément à la vision de Montesquieu, n'est pas une séparation mais un équilibre des pouvoirs, contrôle et sanctionne les deux autres et leur impose le respect de la loi. C'est le rôle, encore embryonnaire comparé aux cours suprêmes des États-Unis, de l'Allemagne, et de l'Espagne, du Conseil Constitutionnel, qui assure le respect de la Constitution par le législatif. C'est le Conseil d'État, qui assure le respect de la loi et de la Constitution par l'exécutif. Et ce pouvoir est censé pouvoir barrer la route de l'Élysée à un candidat qui n'aurait pas respecté la loi pour y parvenir (du moins quand ce n'est pas M. Roland Dumas qui préside le Conseil Constitutionnel). La Justice est un Pouvoir, ou plus exactement un contre-pouvoir, car elle n'a institutionnellement, intrinsèquement, aucun pouvoir d'initiative.

Mais en France, la culture du contre-pouvoir, essentiel à une démocratie saine, est inconnue et saugrenue. Au contraire, l'exécutif rassemble tous les pouvoirs entre ses mains, le législatif lui étant soumis par le fait majoritaire et le fait que la plupart des parlementaires ont besoin de l'onction de leur parti pour espérer être réélu (sauf les châtelains locaux élus dans des fiefs plus que dans des circonscriptions, qui ne sont pas mieux pour la démocratie).

La première à blâmer est la Justice elle-même, qui s'est laissée soumettre depuis la Révolution. Témoin l'extraordinaire servilité dont le parquet de Paris a fait preuve dans le procès Chirac, au point d'embarrasser la défense. Pourtant voilà deux siècles que cette servilité ne lui a apporté que mépris de la part des gouvernants, qui se disent qu'on paye toujours trop cher des valets.

Au-delà de l'indispensable réforme budgétaire, la Justice doit se révolter. Elle ne se fera respecter que d'une façon : en usant de son pouvoir de nuisance, que lui donne la Constitution.

Elle tient une occasion en or avec l'affaire Karachi. Cela peut être la croisée des chemins. Si elle baisse les bras et laisse filer, ceux qui auront senti le vent du boulet auront à cœur d'en faire définitivement une impotente. La suppression du juge d'instruction, si elle avait eu lieu, aurait empêché cette affaire de sortir (de là à dire qu'on peut trouver ici un des motifs principaux de la réforme, il n'y a qu'un pas que je franchis allégrement, et hop). Si elle va jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'en haut, elle fera passer le message que désormais, nul n'est à l'abri d'être rattrapé par ses turpitudes.

On méprise ses valets, on craint ses bourreaux.

Lutter contre les incendies de bagnoles et moraliser la vie publique nécessite la même chose : la fin de la certitude de l'impunité.

La bataille sera rude. Il faut soutenir les juges qui la mènent. Leur défaite serait la notre.

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Huhu :)

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Le saviez-vous ? En France, il est moins grave de montrer son zizi à la sortie des écoles (1 an de prison, 15000€ d'amende encourus), d'essayer d'avoir des rapports sexuels avec des mineurs de moins de 15 ans contactés sur MSN ou de commettre des sévices graves et actes de cruauté sur des animaux (2 ans de prison, 30.000€ d'amende) que de télécharger une chanson de Johnny Halliday sur BitTorrent (3 ans de prison, 300.000€ d'amende encourus).

Ça s'appelle l'échelle des valeurs de la République.

Oh merde, les "partage-ça si toi aussi tu es contre/pour…" sont arrivés sur Google+. Donc les cons qui le font aussi. On est foutus, Google+ est devenu Facebook.

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"Accept that everything is a draft. It helps to get it done." So true, and so liberating once you realize it is true. It did help me get things done.

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This is Ira Glass talking to creative people about getting past The Gap. Every single creative person I've talked to about this has said some version of "I wish someone had told me this," so I'm posting it here in the event that one of you reading my dumb G+ stuff is sort of like me ten years ago.

...which is to say younger, thinner, and terrified about wasting your time making crap that nobody cares about.

I recommend printing it out and hanging it up in your creative space next to the Cult of Done Manifesto.

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Mais pourquoi personne ne m'a jamais dit que Frederic Mistral avait reçu le Nobel de Littérature? (Ca change rien, je l'aime toujours pas. Mais bon, quand même...)

Je pense me faire un cercle "Who the fuck are you??" pour y mettre tous ces gens qui m'ajoutent sans que je sache de qui il s'agit...
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