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Marc-Albéric Lestage
Musique, poésie, und so weiter...
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Nouvelle immersion dans l'univers onirique de Chapelier Fou.

#ChapelierFou #Philemon #Muance

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Lecture du moment : "Amulette" de Carl Rakosi, dont voici deux extraits (publiés en 1967) :

Note de grâce

Depuis que le monde
est devenu mon diapason,
j'ai dû jouer
moi-même une note de temps en temps
qui paie ma dette
avec une honnête affection,
sans partage entre
la tête et la source.

La père décédé

Je voudrais être un vieux chien dans un coin
ou une paire de pantoufles favorites
près de ton lit
et t'entendre encore à propos de ta jeunesse
et que tu prennes soin de moi pour toujours.

#CarlRakosi #Poeteamericain #Objectiviste
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Lecture du moment : "L'étoile la plus triste" de Lucian Blaga, dont voici deux extraits (publiés en 1992) :

L'âme du village

Enfant, pose tes mains sur mes genoux.
L'éternité, vois-tu, est née au village.
Ici les pensées viennent sans se presser,
et le cœur frappe des coups plus espacés,
comme s'il ne battait plus dans ta poitrine
mais quelque part au fond de la terre.
Ici la soif de rédemption peut s'étancher,
et si tu sens que tes pieds saignent
tu peux les reposer à même la glaise.
Le soir venu,
l'âme du village nous effleure.
Elle passe pareille à la senteur discrète des foins,
à la fumée tombée d'un auvent de paille,
au jeu des chevreaux sur des tombes plus hautes.

Fin

Frère, tout livre te semble une maladie vaincue.
Mais celui qui t'a parlé est sous terre.
Il est dans l'eau. Il est dans le vent.
Ou plus loin peut-être.

Avec cette page je ferme la porte, je pousse le verrou.
Désormais je serai ailleurs, en haut ou en bas.
Toi, éteins ta bougie et interroge-toi :
où va le mystère des choses vécues ?

Tes oreilles ont-elles retenu une seule parole ?
Laisse là le dit du sang
tourne ton âme vers le mur
et tes larmes vers le couchant.

#LucianBlaga #Poeteroumain #Litteratureroumaine
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Lecture du moment : "Sur les rives de Manhattan" de Charles Reznikoff.

"De nombreux marieurs se présentèrent; Sarah Yetta eut d'autres prétendants. Son père avait dit : "Si tu veux être bien assortie à quelqu'un, épouse un homme qui est vingt pour cent en dessous de toi"; mais ceux-là, pensa-t'elle, étaient cent pour cent en dessous."

#CharlesReznikoff #LitteratureAmericaine #Objectiviste
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Lecture du moment : "Arbres d'hiver" de Sylvia Plath, dont voici un extrait (écrit en 1961) :

Je suis verticale

Mais je voudrais être horizontale.
Je ne suis pas un arbre dont les racines en terre
Absorbent les minéraux et l'amour maternel
Pour qu'à chaque mois de mars je brille de toutes mes feuilles,
Je ne suis pas non plus la beauté d'un massif
Suscitant des Oh et des Ah et grimée de couleurs vives,
Ignorant que bientôt je perdrai mes pétales,
Comparés à moi, un arbre est immortel
Et une fleur assez petite, mais plus saisissante,
Et il me manque la longévité de l'un, l'audace de l'autre.

Ce soir, dans la lumière infinitésimale des étoiles,
Les arbres et les fleurs ont répandu leur fraîche odeur.
Je marche parmi eux, mais aucun d'eux n'y prête attention.
Parfois je pense que lorsque je suis endormie
Je dois leur ressembler à la perfection -
Pensées devenues vagues.
Ce sera plus naturel pour moi, de reposer.

Alors le ciel et moi converserons à cœur ouvert,
Et je serai utile quand je reposerai définitivement :
Alors peut-être les arbres pourront-ils me toucher,
Et les fleurs m'accorder du temps.

#SylviaPlath #Poetesseamericaine #TedHughes
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Lecture du moment : "Fureur et mystère" de René Char, dont voici un extrait (écrit en 1947) :

Allégeance

Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima ?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards.
L'espace qu'il parcourt est ma fidélité.
Il dessine l'espoir et léger l'éconduit.
Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
À son insu, ma solitude est son trésor.
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?

#ReneChar #Poetefrançais #Surrealisme
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Où il n'y a pas que les montagnes (toutes proches) à admirer...

#StreetArt #Grenoble #France
Grenoble et le Street Art
Grenoble et le Street Art
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C'est une expérience troublante de se remémorer l'histoire d'un tel lieu, lorsqu'une belle lumière hivernale alliée au givre en adoucit sensiblement la dimension tragique.

#Dachau #Baviere #GeorgElser
Dachau
Dachau
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Lecture du moment : "Du monde entier au coeur du monde" de Blaise Cendrars, dont voici un extrait (écrit en 1913) :

Portrait

Il dort
Il est éveillé
Tout à coup, il peint
Il prend une église et peint avec une église
Il prend une vache et peint avec une vache
Avec une sardine
Avec des têtes, des mains, des couteaux
Il peint avec un nerf de boeuf
Il peint avec toutes les sales passions d'une petite ville juive
Avec toute la sexualité exacerbée de la province russe
Pour la France
Sans sensualité
Il peint avec ses cuisses
Il a les yeux au cul
Et c'est tout à coup votre portrait
C'est toi lecteur
C'est moi
C'est sa fiancée
C'est l'épicier du coin
La vachère
La sage-femme
Il y a des baquets de sang
On y lave les nouveau-nés
Des ciels de folie
Bouches de modernité
La Tour en tire-bouchon
Des mains
Le Christ
Le Christ c'est lui
Il a passé son enfance sur la Croix
Il se suicide tous les jours
Tout à coup, il ne peint plus
Il était éveillé
Il dort maintenant
Il s'étrangle avec sa cravate
Chagall est étonné de vivre encore.

#BlaiseCendrars #Poetefrançais #MarcChagall
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Lecture du moment : "Au fil de l'eau" suivi de "Haïkaïs" de Paul-Louis Couchoud, André Faure, Albert Poncin et Rafael Lozano.

Les premiers haïkus français ont été écrits en 1905 par trois amis (Couchoud, Faure et Poncin) à l'occasion d'une excursion en péniche sur les canaux du centre de la France.

Il est amusant de constater que plusieurs d'entre eux ont pris naissance dans le Berry !

Au pied du donjon
En demie couronne
Des toits gris et bruns
Sancerre

Le fleuve mal endormi
Fait vivre dans la terreur
Le village pelotonné
Saint-Satur

Des assiettes peintes
Dans l'âtre des poulets rôtissent
Ah ! La bonne auberge !
Saint-Bouize

Les fermes semblent des forteresses
Les vaches ne vont que par douze
Berry féodal

#Poesie #Haïkus #Berry
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