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Jean-Christophe Heckers
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Traversées des Limbes, ce sont quinze nouvelles pour ceux qui aiment le mélange des genres ou ne craignent pas de pouvoir les aimer. Laissez-vous tenter, soit par la version numérique, soit par la version papier! Mon besoin de financer un nouveau taille-crayons me pousse à solliciter votre soutien.

Outre la version papier, la version immatérielle est désormais disponible, ce qui permet de nourrir les liseuses voraces.


Extrait :


J’ai sorti la partition. Un œil sur les remarques au stylo rouge que j’ai osé déposer – est-ce que j’ai bien fait ? suis-je si bien placé pour juger ? –, mais de toute façon j’ai déjà compris qu’on ne parlerait pas de son concerto, et surtout pas de ce passage injouable dont jamais violoniste même surdoué ne viendrait à bout. Et que je ne pourrai pas annoncer que Nadia et moi c’est fini depuis le dimanche précédent, j’ai si longtemps été nul, elle a jeté l’éponge, je m’en veux de n’avoir pas réagi à temps, d’ailleurs ça n’aurait rien changé et elle aurait quand même quitté le navire avant qu’il sombre. Non, inutile d’y penser. Ironiquement, ça m’a donné du temps pour l’étudier à fond, ce fichu morceau. J’aurais donc matière à discuter. Mais en face de moi, enfoncé dans le canapé comme s’il voulait y être englouti, Daniel pense à autre chose. Il a cet air absent et triste que je lui ai déjà connu et qui laisse présager une grave confidence sur ses cruelles amours. Mais plus absent et plus triste que les fois précédentes. Ce doit être du sérieux.

C’est un soir d’août, un de ces soirs qui vous assènent la fin de l’état de grâce estival : les jours se sont mis à raccourcir tellement qu’il faut déjà tirer les rideaux bien trop tôt et se résigner à l’éclairage artificiel. Pressentant que je vais remplir le rôle de confesseur à défaut de celui de conseiller, j’allume une bougie sur la table basse. Intimité crépusculaire pour des aveux dont je devine déjà la nature. Puis je m’agrippe au fauteuil avant d’amorcer la discussion avec une phrase insignifiante, du genre : « Ça n’a pas l’air d’aller fort. » Il se recroqueville. J’attends un peu, réponse ou pas réponse ? Et il se lance sans prévenir.


(PS : la version imprimée, contrairement à ce qu'Amazon affiche, met en gros dix jours à faire le trajet de l'imprimerie à la boîte aux lettres.)

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Traversées des Limbes, ce sont quinze nouvelles pour ceux qui aiment le mélange des genres ou ne craignent pas de pouvoir les aimer. Laissez-vous tenter, soit par la version numérique, soit par la version papier! Mon besoin de financer un nouveau taille-crayons me pousse à solliciter votre soutien.

Outre la version papier, la version immatérielle est désormais disponible, ce qui permet de nourrir les liseuses voraces.


Extrait :


J’ai sorti la partition. Un œil sur les remarques au stylo rouge que j’ai osé déposer – est-ce que j’ai bien fait ? suis-je si bien placé pour juger ? –, mais de toute façon j’ai déjà compris qu’on ne parlerait pas de son concerto, et surtout pas de ce passage injouable dont jamais violoniste même surdoué ne viendrait à bout. Et que je ne pourrai pas annoncer que Nadia et moi c’est fini depuis le dimanche précédent, j’ai si longtemps été nul, elle a jeté l’éponge, je m’en veux de n’avoir pas réagi à temps, d’ailleurs ça n’aurait rien changé et elle aurait quand même quitté le navire avant qu’il sombre. Non, inutile d’y penser. Ironiquement, ça m’a donné du temps pour l’étudier à fond, ce fichu morceau. J’aurais donc matière à discuter. Mais en face de moi, enfoncé dans le canapé comme s’il voulait y être englouti, Daniel pense à autre chose. Il a cet air absent et triste que je lui ai déjà connu et qui laisse présager une grave confidence sur ses cruelles amours. Mais plus absent et plus triste que les fois précédentes. Ce doit être du sérieux.

C’est un soir d’août, un de ces soirs qui vous assènent la fin de l’état de grâce estival : les jours se sont mis à raccourcir tellement qu’il faut déjà tirer les rideaux bien trop tôt et se résigner à l’éclairage artificiel. Pressentant que je vais remplir le rôle de confesseur à défaut de celui de conseiller, j’allume une bougie sur la table basse. Intimité crépusculaire pour des aveux dont je devine déjà la nature. Puis je m’agrippe au fauteuil avant d’amorcer la discussion avec une phrase insignifiante, du genre : « Ça n’a pas l’air d’aller fort. » Il se recroqueville. J’attends un peu, réponse ou pas réponse ? Et il se lance sans prévenir.


(PS : la version imprimée, contrairement à ce qu'Amazon affiche, met en gros dix jours à faire le trajet de l'imprimerie à la boîte aux lettres.)

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Traversées des Limbes, ce sont quinze nouvelles pour ceux qui aiment le mélange des genres ou ne craignent pas de pouvoir les aimer. Laissez-vous tenter, soit par la version numérique, soit par la version papier! Mon besoin de financer un nouveau taille-crayons me pousse à solliciter votre soutien.

Outre la version papier, la version immatérielle est désormais disponible, ce qui permet de nourrir les liseuses voraces.


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J’ai sorti la partition. Un œil sur les remarques au stylo rouge que j’ai osé déposer – est-ce que j’ai bien fait ? suis-je si bien placé pour juger ? –, mais de toute façon j’ai déjà compris qu’on ne parlerait pas de son concerto, et surtout pas de ce passage injouable dont jamais violoniste même surdoué ne viendrait à bout. Et que je ne pourrai pas annoncer que Nadia et moi c’est fini depuis le dimanche précédent, j’ai si longtemps été nul, elle a jeté l’éponge, je m’en veux de n’avoir pas réagi à temps, d’ailleurs ça n’aurait rien changé et elle aurait quand même quitté le navire avant qu’il sombre. Non, inutile d’y penser. Ironiquement, ça m’a donné du temps pour l’étudier à fond, ce fichu morceau. J’aurais donc matière à discuter. Mais en face de moi, enfoncé dans le canapé comme s’il voulait y être englouti, Daniel pense à autre chose. Il a cet air absent et triste que je lui ai déjà connu et qui laisse présager une grave confidence sur ses cruelles amours. Mais plus absent et plus triste que les fois précédentes. Ce doit être du sérieux.

C’est un soir d’août, un de ces soirs qui vous assènent la fin de l’état de grâce estival : les jours se sont mis à raccourcir tellement qu’il faut déjà tirer les rideaux bien trop tôt et se résigner à l’éclairage artificiel. Pressentant que je vais remplir le rôle de confesseur à défaut de celui de conseiller, j’allume une bougie sur la table basse. Intimité crépusculaire pour des aveux dont je devine déjà la nature. Puis je m’agrippe au fauteuil avant d’amorcer la discussion avec une phrase insignifiante, du genre : « Ça n’a pas l’air d’aller fort. » Il se recroqueville. J’attends un peu, réponse ou pas réponse ? Et il se lance sans prévenir.


(PS : la version imprimée, contrairement à ce qu'Amazon affiche, met en gros dix jours à faire le trajet de l'imprimerie à la boîte aux lettres.)
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