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Marc Wauman
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Les araignées ont pris leurs quartiers d'hiver. En l'absence d'insectes, elles laissent derrière elles leurs toiles, auxquelles elles ont confié désormais le soin de capturer la lumière.
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C'est l'hiver. Sa beauté est à mes pieds.
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VITRE BRISÉE ET ESCALIER ROUGE
English version after the French text. Cadrer,
en photographie, signifie exclure. Paradoxalement cette exclusion est
un enrichissement. Cela permet de ne laisser au spectateur que
l'essentiel, c'est-à-dire cela qui a arrêté le regard du
photographe. À conte...

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Assoupissement
Le formalisme dans la street
photography a été pour
l'essentiel délaissé, sinon expressément nié, par les générations
d'après la Seconde Guerre mondiale, s'inscrivant alors dans le
sillage de Robert Frank, Garry Winogrand ou William Klein.
L'attention à la ...

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CAMPER

À défaut d'être « belle » – c'est-à-dire à défaut de répondre aux poncifs d'une esthétique qui lui est inadéquate – une photographie se doit d'être intéressante. Une des manières d'y parvenir est d'intriguer, de susciter des questions, de retenir le spectateur en le forçant à s'interroger.

La photo présentée ici illustre bien le procédé. Son efficacité repose tout d'abord sur l'économie des moyens qu'elle met en œuvre : une seule couleur – du rouge –, un graphisme sobre mais fort, et la mise en situation d'un personnage dont on tente de deviner l'occupation. Et puis ce fond blanc parsemé de structures répétitives que révèlent les faibles jeux d'ombre d'un éclairage presque uniforme. De quoi s'agit-il ? Quelle est leur fonction ? Pourquoi ce comptoir, ce personnage ? Quelle est leur relation avec les structures du fond ? On se perd en conjectures, on s'attarde sur l'image, la photographie arrête, interpelle, met l'imagination du spectateur à l'épreuve. Le photographe a réussi.

Cette photo a été prise au début de la nuit au travers de la vitrine d'un magasin de chaussures sur Madison Avenue, New York. Les protubérances qui rythment la paroi blanche sont en fait des supports destinés à présenter les divers modèles de chaussures. Ces dernières en avaient été ôtées, sans doute afin de renouveler la collection.

Le dépouillement graphique et chromatique est souvent la meilleure option quand on veut donner force à une image.
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Super Chloé ! Je suis impatient d'entendre cela. Merci de tout cœur.

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« DONNE-MOI LA MAIN ! »

New York, juillet 2013 - English version after the French text.

Je ne crois pas au symbolisme de l'image photographique. Cela tient au caractère souvent platement prosaïque de ce qu'elle représente. À moins de recourir aux manipulations, montages, imbrications... tout ce qui rentre dans la catégorie générale des « trucages » – par lesquels, déjà, on quitte le domaine propre de la photographie – l'image photographique brute ne propose rien au-delà de ce qu'elle montre. C'est à notre imagination de suppléer ce qu'une photo ne peut, au mieux, que suggérer. Puisqu'elle arrête le temps, elle n'a pas d'histoire à raconter. Mais nous, spectateurs, demeurons emportés par le flux temporel, et inscrivons spontanément nos perceptions et leur compréhension dans ce flux.

L'image présentée ici a été saisie à New York lors de l'Independance Day. C'est le matin, et la ville est étonnamment calme. Peu de circulation. J'avais échoué dans Harlem piégé par l'offre réduite des stations de métro desservies lors des jours fériés. Je remontais Saint Nicholas Avenue en direction de Central Park où j'espérais trouver quelque événement, animation ou activité intéressants à photographier.

Un passage pour piétons était protégé par un feu. Il fallait patienter. Devant moi, cette mère et sa fille. Cette dernière s'impatientait et aurait volontiers entamé la traversée puisque plus aucune automobile semblait aborder le carrefour. Sa mère lui intima de rester sur la trottoir. La fillette se rebiffe. La mère : « Give me the hand ! ». Le ton est impératif, mais la rebelle fait encore mine de se rebiffer, soustrayant sa main à celle de sa mère. C'est à ce moment que j'ai fait la photo.

C'est une image qui parle de l'autorité et de son refus, de la crainte d'une mère pour sa fille, mais aussi de l'amour qu'elle lui porte. C'est une image qui, dans l'instant d'un geste à jamais suspendu, ouvre le vaste catalogue des sentiments qui régissent les relations humaines. Donne la main à ta mère, fillette. C'est un cadeau dont tu n'imagines pas combien elle l'appréciera.


I do not believe in the symbolism of the photographic image. This is due to the often prosaic nature of what it represents. Unless we have recourse to manipulation, editing, imbrication... everything that falls within the general category of "tricks" – by which we are already leaving the real domain of photography – the raw photographic image offers nothing, beyond what it shows. It is our imagination to supplement what a photo can at best suggest only. Since it stops the time, it has no story to tell. But we, spectators, remain carried away by the temporal flow, and spontaneously record our perceptions and their understanding in this flow.

The image presented here was seized in New York during Independance Day. It's morning, and the town is surprisingly quiet. Little traffic. I had failed in Harlem trapped by the reduced supply of subway stations served on public holidays. I walked up Saint Nicholas Avenue towards Central Park where I hoped to find some interesting event, animation or activity to photograph.

A pedestrian crossing was protected by a traffic light. We had to wait. In front of me, this mother and her daughter. The latter was impatient and would willingly have begun the crossing since no more cars seemed to approach the crossroads. Her mother told her to stay on the sidewalk. The girl rebels. The mother: "Give me the hand! ". The tone is imperative, but the rebel still pretends to strike, subtracting her hand from that of her mother. That's when I made the picture.

It is an image that speaks of authority and its refusal, of the fear of a mother for her daughter, but also of the love she carries to her. It is an image that, in the moment of a gesture forever suspended, opens the vast catalog of feelings that govern human relations. Give your mother a hand, little girl. It's a gift you can not imagine how much she will appreciate.
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Marchand d'ananas - Pianeapple merchant
English version of this post can be found below. Si
l'on voulait élaborer une théorie générale de la photographie –
à supposer qu'une telle entreprise soit d'un quelconque intérêt –
elle ne saurait faire l'économie d'une description des
« mécanismes » qui p...

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LE REGARD PERDU

Bruxelles, Zinneke Parade 2016

Elle participait à une zinnode qui venait d'achever une ultime répétition avant que le cortège ne s'ébranle. Je ne me souviens plus quel y était son rôle, actrice ou musicienne.

Après le tapage tonitruant de la répétition, un silence relatif était tombé sur la ruelle. Un instant de répit avant de devoir recommencer les mêmes gestes deux heures durant. Elle souffle un peu, la clope mal roulée au bec, sa casquette lui donnant un air gavroche, et son grimage approximatif.

Elle semble rêver, et son regard s'est perdu. Comment peut-on perdre son regard ? Pour un photographe, c'est à peine compréhensible, et surtout terriblement angoissant. Que serait un photographe qui aurait « perdu son regard » ?...

Mais il n'est pas perdu pour tous. Non, elle n'a pas perdu son regard; elle se l'est réapproprié. Elle regarde non plus le monde qui l'entoure, mais observe un instant ce qui se passe à l'intérieur. À l'intérieur d'elle-même, où elle vient soudain de découvrir un souvenir négligé, un espoir ancien, un désir secret qu'elle observe avec un peu de nostalgie, comme quelque chose d’émouvant qu'elle sait ne pouvoir saisir. Elle s'est rendue à elle-même après avoir donné aux autres, et avant d'en donner plus encore. Elle fait le point sur ce qu'elle est avant de faire ce qu'elle doit paraître.

Son regard est absent mais il n'est pas vide. Il est plein d'elle-même, de toute son intimité. Nous y devinons un monde riche, rempli de choses extraordinaires et de rêves fascinants, de désirs envoûtants et d'espoirs réconfortants... Nous y devinons tout cela, nous l'imaginons plutôt, car nous n'y avons pas accès. Son regard s'est perdu, et il nous ferme ainsi l'accès à ce que nous brûlons pourtant de connaître. Son regard s'est perdu, mais le photographe a su le recueillir. Il reste ainsi perdu à jamais, nous laissant éternellement interrogatifs devant son énigme.
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EMBARCADÈRE

Xitang, Chine 2009

     C'est par la sobriété des moyens qu'elle met en œuvre que la photographie couleur puise toute sa force. Un graphisme dépouillé; une, deux, peut-être trois couleurs majeures au maximum, lui donnent une faculté d'évocation émotionnelle, un impact visuel fort, l'épiphanie d'un miracle pictural, qu'une arlequinade de couleurs et d'éléments dans l'image lui refuseraient.

     L’image de cet embarcadère saisie dans l'un de ces nombreux water villages - ici Xitang - qui ponctuent la plaine aux environs de Shanghai, en est l'illustration. Au fond, c'est une photo en noir et blanc avec du rouge. Le rouge lumineux des lampions alignés et de la banderole tendue sur le garde-fou, illuminés en transparence par un bas soleil d'hiver, créent l'armature graphique de cette image. Il n'en faut rien de plus.

     Je disais que c'est une photo en noir et blanc avec du rouge. Il faudra me croire sur parole quand je dirai que ce résultat n'est en rien le résultat d'un quelconque bidouillage Photoshop. Les bâtisses grises, que l'éclairage à contre-jour laisse à l'ombre, constituent cet arrière-plan presque noir sur lequel le rouge des lampions et de la banderole se détachent si fortement. Mais aujourd'hui, à l'heure du règne dominant de Photoshop et de ses recettes trop faciles à appliquer, une telle image n'apparaît même plus comme un petit miracle. Le regard photographique s'étiole à trop scruter les écrans et n'imagine même plus qu'il suffit de sortir et de saisir ce que l'on a souvent devant le nez.
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