KI TISSA 5774

 « Il [D.] donna à Moshé, quand Il eut fini de parler avec lui au Mont Sinaï, les Tables de témoignage...»
(CHEMOT 31,18)


La Paracha Ki Tissa est marquée par l'épisode du veau d'or et sa conséquence : la destruction des premières Tables de la Loi.
En effet, Moshé a reçu les Tables de Loi, et à la fin des 40 jours, D. lui dit de descendre car le peuple s’est corrompu.

Le verset en entête introduit le passage du veau d'or. C'est la fin des 40 jours, Moshé s'apprête  à descendre retrouver le peuple, avec la Torah.

Ce matin, en lisant ce verset, dans le 'Houmach Torah Temima, j'y ai lu un passage de la guemara qui y est associé. 
Dans Nedarim 38a, Rabbi Yo'hanane dit qu'au début Moshé étudiait la Torah, et l'oubliait. Ce n'est qu'au moment où D. lui a donné la Torah comme un cadeau, qu'il a pu la garder et ne pas l'oublier. En effet, le verset en entête commence par « Il donna » … la Torah a été donnée à Moshé.

La lecture des paroles de Rabbi Yo'hanane m'a interpellé ! Comment est-il concevable que c'est la « dimension cadeau » de la Torah qui a permis à Moshé de ne pas l'oublier ? 

La guemara Meguila 6b dit bien « J'ai fait des efforts et j'ai réussi, crois le ! ». Ce sont normalement les efforts qui paient, pas les cadeaux !
En général, tout ce qui s'acquiert par l'effort perdure, en revanche les cadeaux vite obtenus, on les oublie rapidement ! Et, là, il semble que ce soit le contraire pour la Torah.

J'ai donc interrogé le Talmid 'Ha'ham qui se trouvait à 2 mètres de moi... Et pour lui  la réponse est claire. 

Rabbi Yo'hanane veut nous faire comprendre que la Torah ne reste chez Moshé qu'à partir du moment qu'il considère que la Torah lui appartient intégralement. 
En effet, si l'on étudie une science, on ne se l'approprie jamais. Etudier la physique ce n'est pas faire un avec la physique ! En revanche, en étudiant la Torah, je peux l'intégrer en moi. Et si je considère que la Torah est à moi, que c'est une partie de mon moi, alors je ne l'oublierai jamais.

Le cadeau que reçoit, Moshé n'est pas le signe qu'il n'a pas fait d'efforts ! Bien au contraire, la Torah précise que le cadeau est arrivé « quand il eut fini de parler » … après les efforts, est venu le cadeau.
Pour intégrer la Torah, les efforts sont indispensables … mais ils ne suffisent pas : il faut considérer la Torah comme une partie de moi, et non pas comme une science extérieure.

Chabbat Chalom

Stéphane Haim COHEN

D'après guemara Nedarim 38a
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