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La paracha de la semaine. Commentaire sur la Torah
La paracha de la semaine. Commentaire sur la Torah

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Chofetim 5778 envoyé déjà en 5776
"Tu ne planteras pour toi d'Achera, ni tout arbre, près de l'autel..."
(DEVARIM 16,21)
Cette semaine, nous lisons la Paracha Chofetim, comme dans la plupart des parachyot du dernier livre de la Torah, Moshé donne ses recommandations aux Bné Israel, avant que le peuple entre en Israel.

Le verset en entête nous énonce l'injonction de ne pas planter d'arbre « Achera ». L'achera est un qualificatif que l'on donne à un arbre que l'on va transformer en idole. En clair, l'achera est un cas particulier d'idolâtrie. En l'espèce c'est l'arbre qui est adoré.

Une fois n'est pas coutume (car j'ai souvent du mal à le comprendre), je vais présenter un commentaire du Meche'h 'Ho'hma, que je traduis librement.

Les offrandes/sacrifices constituent une part importante de la Torah, même si de nos jours ils ne font pas partie de notre pratique. La Torah les qualifie de « Mon pain », à ne pas prendre au sens premier… car D. ne se nourrit pas ! D. ne manque de rien ! Le sacrifice, l'offrande ne viennent pas changer D., ou satisfaire un besoin divin. Le sujet des sacrifices est très profond… ils viennent « réparer » l'homme et sûrement pas D.

D'ailleurs dans toutes les passages qui parlent des sacrifices, on ne trouvera pas le nom Elokim ou El pour représenter D., On ne trouvera que le tétragramme. En effet, le nom Elokim symbolise la Force, et si on l'avait trouvé au milieu des sacrifices, on aurait pu croire (D. préserve) et que ces sacrifices puissent servir à ajouter de la force à D.
D. ne reçoit rien, n'a besoin de rien, et ne change pas.

Sur terre il existe des choses inertes comme les pierres. Pour qu'une pierre grossisse, il faut que des poussières s'y collent (ou d'autres pierres). La pierre ne grandit pas intrinsèquement.
A l'opposé, les végétaux ou les animaux se nourrissent et grandissent.

La Torah nous a demandé de fabriquer un autel en pierre, et non pas en bois. En effet, nous devons comprendre par là que l'autel n'a pas besoin d'être nourri. La pierre ne se nourrit pas, contrairement à l'arbre. Et cette idée nous l'apprenons de la Achera (verset en entête), qui symbolise l'idole qui a besoin d'être nourrie, de part sa nature … c'est un arbre.

Nous avons lu au début de la paracha Devarim « car le jugement est à D. » (Devarim 1,17). Et nous comprenons bien l'analogie entre le juge et D.
Le juge ne peut être vrai que s'il n'est pas intéressé. Le juge ne doit accepter, ni rechercher les cadeaux, les honneurs… Tous ces éléments faussent le jugement.
On dit que tout juge qui prononce un jugement vrai se fait l'associé de D. Cela signifie que comme D., le juge ne prend rien de l'extérieur, il n'a besoin de rien … et c'est comme cela que sort la vérité. D'ailleurs, les 2 versets qui précédent le verset en entête sur la Achera sont clairs :
« tu ne pervertiras pas le jugement, … tu ne prendras pas de cadeau corrupteur » « la justice, la justice tu poursuivras » (Devarim 16, 19-21).

Le parallèle est clair : D. n'a pas besoin des sacrifices, sinon ce n'est plus D., c'est une idole. Le juge n'a pas besoin de cadeau … sinon ce n'est plus la vérité qu'il prononcera.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN
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REE 5778
« Vous devez détruire tous les lieux où les peuples dépossédés par vous auront honoré leurs dieux, sur les hautes montagnes et sur les collines, et au pied des arbres touffus. Renversez leurs autels, brisez leurs monuments, livrez leurs arbres [idolâtrés] aux flammes, abattez les images de leurs dieux; effacez enfin leur souvenir de cette contrée.
(DEVARIM 12; 2-3)

Cette semaine, nous lisons la Paracha Réé, comme dans la plupart des parachyot du dernier livre de la Torah, Moshé donne ses recommandations aux Bné Israel, avant que le peuple entre en Israel.

Dans les versets en entête, la Torah nous parle des peuples dépossédés de la Terre de Canaan. La raison est simple, ce sont des peuples idolâtres. Légitimement les Bné Israel peuvent sortir du désert et prendre possession de la Terre. Mais le Sifri précise (rapporté dans le Torah Temima) : la Torah avertit les Bné Israel de ne pas tomber dans l'idolâtrie. Dans un tel cas, ce serait au tour des Bné Israel d'être chassé de la Terre.

Le Torah Temima éclaire d'ailleurs ce commentaire à la lumière du verset de la Paracha A'haré Mote : Craignez que cette terre ne vous vomisse si vous la souillez, comme elle a vomi le peuple qui l'habitait avant vous (Vayiqra 18,28). Les Bné Israel aussi, s'ils tombent dans l'idolâtrie, seront vidés de la Terre.

Les versets en entêtes nous parlent aussi de la Achéra qu'il faut brûler. Ce sont des arbres qui ont été idolâtrés, et que nous avons l'obligation de brûler en entrant en Canaan.

A ce sujet, la guemara Avoda Zara 53b demande : a-t-on la possibilité d'interdire ce qui ne nous appartient pas ?
La terre et ses arbres avaient été promis depuis Avraham à sa descendance, les Bné Israel ! Comment un autre peuple a-t-il pu rendre des arbres interdits ? La guemara répond que lorsque les Bné Israel ont adoré le veau d'or, ils ont montré qu'ils étaient en accord avec l'idolâtrie. Et tout se passe comme si les habitants de Canaan d'alors ont agi comme émissaire des Bné Israel … pour faire de l'idolâtrie.

C'est encore une fois le même principe : lorsque les Bné Israel fautent, ils perdent leurs droits sur la Terre d'Israel.


Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN
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VAHET'HANAN 5778
«Respecte ton père et ta mère comme l'Eternel ton D. te l'a ordonné ...» (DEVARIM 5,16)

Cette semaine, nous lirons la Paracha Vaet'hanan, suivie de la Haftara Na'hamou. En référence à la haftara, le Chabbat de cette semaine est d'ailleurs souvent appelé "Chabbat Na'hamou" (consolation), car il suit le 9 AV (destruction des deux temples).

Cette paracha commence avec la prière de Moshé, ou plus exactement ses supplications, ses implorations, pour avoir le droit d’entrer en Terre d’Israel.

Dans cette paracha, la Torah présente un rappel des 10 paroles : la Révélation sur le mont Sinaï.
A la fin de la paracha, on trouve le premier paragraphe du Chema. Le passage symbole du judaïsme que l'on récite soir et matin.

Dans le rappel des 10 commandements on trouvera, la 5è parole, qui nous demande de respecter père et mère, « comme l'Eternel ton D. te l'a ordonné ».

Le Meche'h 'Ho'hma s'intéresse à une partie a priori superflue du verset « comme l'Eternel ton D. te l'a ordonné ». On sait très bien que ce commandement en particulier et la Torah en général, nous a été donné (et ordonné) par D !

Le Meche'h 'Ho'hma nous explique, en citant le Talmud Yerouchalmi que le respect des parents est naturel. C'est en quelque sorte le remboursement d'une dette. Ils se sont fatigués, ils ont investi du temps et l'argent, c'est donc naturel de rembourser une petite partie de l'immense dette contractée.
Toutefois, quand D. nous a donné le commandement, nous étions dans le désert. Il n'y avait pas de souci d'argent car la manne tombait du ciel. L'eau nous suivait. La viande venait aussi du ciel avec les cailles. Les vêtements étaient tout le temps propres et repassés…. De façon miraculeuse.
Et malgré tout, nous avons eu l'ordre de respecter les parents : même s'ils faisaient moins d'efforts que des parents « normaux » (qui vivent sans miracles), il fallait les respecter.
C'est cela le sens du verset. Même dans une situation où l'enfant ne doit pas grand-chose à ses parents, il a l'obligation de les respecter.
A nous de déduire comment faut il les respecter lorsque l'on est énormément redevable.

De même les parents sont aussi une source de développement intellectuel pour l'enfant. Ce sont eux qui transmettent la tradition, la Torah.
Mais dans le désert, tout le monde a appris à la source, de Moshé Rabbénou qui l'a reçue de D.
Et bien de la même façon que dans le désert, il fallait respecter les parents même s'ils n'étaient pas le vecteur de transmission de la Torah, pour les générations suivantes (nous aussi), nous devons respecter les parents même s'ils n'ont pas enseigné aux enfants la Torah.


Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN


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DEVARIM 5778
" Comment [Ei’ha] porterai-je seul votre charge, votre fardeau, vos disputes "
(DEVARIM 1,12)
Le livre de Devarim, le cinquième et dernier de la Torah, est constitué des recommandations de Moshé aux Bné Israel. En effet, le peuple est sur le point d'entrer en Israel, Moshé est sur le point d'être rappelé par D.
Moshé donne donc des conseils, fait des réprimandes pour toutes les fautes qui ont été commises par le peuple dans le désert. Moshé veut que les Bné Israel tirent des leçons du désert afin de réussir leur vie en Israel.

La Paracha de Devarim est lue avant le jeune du 9 av, qui cette année commencera samedi soir au coucher du soleil, pour se terminer le lendemain à la sortie des étoiles. Le jeune du 9 av a été institué car c'est le jour où le Temple a été détruit. Cette année nous jeûnerons le 10 av, car le 9 av tombe chabbat.

Le verset en entête est en quelque sorte une allusion au 9 av. En effet, ce n’est pas courant de trouver le mot « Ei’ha » dans la Torah. Et ce mot est aussi le nom en Hébreu du Livre des Lamentations écrit par le prophète Yirmihaou (selon la tradition) que l’on lit le 9 av.

Le Rambam, dans les Lois sur les fondements de la Torah Chap 7, Loi 4, nous explique :
Les prophètes ne peuvent pas prophétiser à chaque moment où ils le souhaitent. Ils doivent se concentrer, être joyeux, et s'isoler pour prophétiser.
Car la prophétie n'est pas possible dans la tristesse, ni dans la paresse (=sans effort)…

Voici quelques échanges au sujet de ce passage du Rambam.

Comment peut on être joyeux perpétuellement afin de pouvoir prophétiser ?
Il ne s'agit pas d'être hilare, ou joyeux en permanence. C'est en fait la nécessité de chasser les soucis et les angoisses qui sont bloquants et empêchent de réfléchir. Pour prophétiser, il faut en avoir les moyens, savoir se libérer d'éventuelles angoisses. Un pauvre qui lutte pour se nourrir aura du mal à s'élever : comment pouvoir se rapprocher de D. si toutes mes préoccupations tournent autour de mon gagne pain.

La lecture des prophéties de Yirmihaou nous mène à découvrir la figure tragique d'un homme éprouvé, qui maudit le jour où il est né. Selon la tradition, Yirmihaou est le symbole des lamentations, l'auteur de la Méguila Ei'ha. On a du mal à imaginer Yirmihaou comme un homme joyeux… Alors comment est-ce possible que Yirmihiaou le prophète (donc qui doit être joyeux, avec l'esprit libre) soit l'auteur de Ei'ha ?

En fait, la Méguila Ei'ha n'a probablement pas été écrite par Yirmihaou. C'est seulement la traduction des septantes qui a introduit Yirmihaou comme l'auteur des lamentations sur la destruction du Temple.

En plus, Ei'ha n'est pas un livre de prophétie. C'est un livre de lamentations.
D'autre part, qui a dit que Yirmihaou était joyeux lors de l'écriture des Lamentations. Ce livre n'est donc clairement pas un livre de prophéties.
Que D. fasse que nous ne connaissions que des joies, que nous puissions assister à la reconstruction du Temple. Ainsi, nous aurons l'esprit libre. Et, celui qui le voudra pourra faire les efforts pour tenter de se rapprocher de D.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN
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Massé 5778

" Moshé écrivit leurs départs selon leurs voyages d’après la parole de D., et voici leurs voyages selon leurs départs. "
(BAMIDBAR 33,2)

Cette semaine nous lirons 2 parachiot Matot et Massé.
La paracha Massé présente les différentes étapes des Bné Israel dans le désert. Et à chaque fois la Torah précise un point de départ et un point d’arrivée, qui se transforme en point de départ … etc.
Le début de la paracha Massé semble très monotone, plein de répétitions. Et cela commence dès le verset 2 (en entête).
La Torah rapporte que Moshé a écrit " leurs [aux Bné Israel] départs selon leurs voyages d’après la parole de D. " et présente ensuite " leurs voyages selon leurs départs ".

Nous savons que la Torah est éternelle. La Torah n’est pas un livre d’histoire ou de géographie. La Torah a été donnée par D. à Moshé, et elle est indispensable pour chaque juif.

De plus chaque passage de la Torah, même ceux qui semblent les plus anecdotiques est nécessaire à chacun d’entre nous. …. Alors que m’apprend le récit de ces voyages ? Que m’apprend la liste des 42 étapes, citée dans notre paracha, entre la sortie d’Egypte et la Terre d’Israel ?

Le Leqa'h Tov, célèbre livre de compilation de commentaires sur la Torah, et le Hagot Be parachiot Ha Torah, nous rapportent les mots du Rambam dans le Moré, chapitre 3 à propos de la paracha.

Voici les mots du Rambam (libre traduction) :
«
A priori ce passage semble sans intérêt. Et pourtant, nous en avons grandement besoin. En effet, les miracles ne sont vrais que pour ceux qui les ont vécus. Mais dans le futur, des gens peuvent se lever et nier la véracité de ces miracles. Et l'un des plus grands miracles est la survie des Bné Israel, pendant 40 ans dans le désert. La manne chaque jour (sauf chabbat). Vivre dans un milieu hostile : les serpents, les scorpions, la soif, … Les Bné Israel ont vécu dans un milieu hostile à l'homme. Ce sont des terres non cultivables : pas de figuier, pas de vignes, pas de grenadier…
Malgré tout, dans le futur, quelqu'un pourra remettre en cause cette vie surnaturelle pendant 40 ans. On pourra toujours dire qu'il y avaient des puits, que les lieux n'étaient pas si éloignés de la civilisation, que ce sont des lieux où la nourriture tombe quotidiennement et naturellement du ciel, ….

C'est la raison pour laquelle la Torah a voulu ancrer en nous la véracité de ces miracles, en détaillant les étapes depuis la sortie d'Egypte. »

Maintenant, que nous avons compris le pourquoi de ces répétitions, on peut se poser une autre question. Pourquoi est-il nécessaire de passer par les miracles ? A quoi servent les miracles ? A qui servent les miracles ?

Avraham a découvert D. seul, sans intervention divine !

De nos jours, le monde semble avancer sans intervention divine surnaturelle. C'est ce que nous disent les sages : « Le monde avance selon sa façon (naturelle) d'avancer ».

Alors pourquoi la Torah donne-t-elle une place si grande aux miracles ?

Une des réponses est peut être que les Bné Israel, en Egypte, étaient tellement prisonniers (physiquement et surtout intellectuellement) que seuls des chocs pouvaient les sortir de leur monde idolâtre pour découvrir le D. UN.

De nos jours, c'est peut être la même chose. Les miracles que nous présente la Torah sont l'ouverture de la porte qui permettra ensuite à celui qui le souhaite de tenter découvrir le D. UN
Les miracles racontés ne sont peut être utiles qu'à nous aider à tendre l'oreille. L'essentiel, ce sera les efforts que l'on fera par la suite pour se rapprocher de D.

Chabbat Chalom

Stéphane Haim Cohen
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PIN’HAS 5778
« Pin’has fils d’Eleazar fils d’Aaron le Cohen retira Ma colère contre les bné Israel en prenant Ma vengeance de parmi eux et Je n’ai pas détruit les enfants d’Israel dans Ma vengeance.» (BAMIDBAR 25, 11).

Pin’has est l’homme zélé, qui a tué d’une même lance Zimri, prince de la tribu de Chim’on et Kozbi fille de Tsour (Prince de Midiane). Tsour était le roi le plus important de Midiane (Rachi) et n’a pas hésité à prostituer sa fille, et à l’envoyer séduire les Bné Israel. Les Bné Israel ont ainsi fauté, et une terrible épidémie a frappé le peuple. L’épidémie s’est arrêtée lorsque Pin’has a tué Zimri et Kozbi, « Parce qu’il [Pin’has] a vengé son D. ».
A propos de l'acte de Pin'has on dit toujours qu'il a bien agi, mais si l'on demande aux rabbanim la conduite à tenir, et bien l'on ne recommandera pas le comportement de Pin'has. C'est «Hala'ha ve ein morine ken ».

Rashi sur le verset en entête nous explique pourquoi la Torah a précisé l'ascendance de Pinhas.
En effet, les tribus se moquaient de Pinhas en soulignant que son grand père maternel était idolâtre.
Le Taz dans son livre Divré David  demande : pourquoi se moquer des origines de Pinhas ? Si on pense qu'il a tué Zimri à juste titre pourquoi se moquer de Pinhas ? Si on pense qu'il ne fallait pas tuer Zimri, alors il faut le traiter de meurtrier, et pas seulement se moquer de lui !


Le Divré David propose une explication osée. 
Dans le Choulhan Arouh, Hochen Michpat simane Beth on apprend que si un tribunal réalise que le peuple n'écoute pas la Torah et fait comme si certaines lois n'existaient pas, alors on peut prononcer des peines plus lourdes que ce que recommande la Torah.

Ainsi on trouve Rav Nahman a condamné un homme à payer plus que ce que la loi exigeait,car il savait que cet homme était un voleur invétéré qui sévissait depuis de longues années. Et la guemara précise que c'est parce que Rav Nahman était le grand de la génération qu'il avait le droit d'agir de la sorte.

Selon la loi stricte Zimri ne méritait pas la mort. En effet, c'était une hala'ha lemoshe mi Sinaï qui imposait la peine de mort. Et cette hala'ha même Moshe l'avait oubliée.

Les tribus ont considéré que Pinhas a agi pour sauver le peuple de la dépravation. Il a donc légitimement appliqué une peine plus lourde. Seulement les gens lui reprochaient qu'en tant que descendant d'idolâtre il n'avait pas le droit d'agir comme le grand de la génération. La Torah vient donc nous rappeler que Pinhas est descendant d'Aaron. À juste titre il a sauvé le peuple en tuant Zimri.

Abrabanel explique quant à lui que la Torah précise que Pinhas descend d'Aaron pour que l'on comprenne qu'il n'a pas grandi avec les armes à la main.
Dans une famille de Cohen, on se consacre au service de D. 
Pinhas ne savait pas manier les armes, il aurait pu aussi facilement se faire tuer. Et malgré tout pour l'honneur de D. et pour sauver le peuple, il a agi.

Chabbat Chalom

Stéphane Haim COHEN
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BALAQ 5778


«  D. a dit à Bilaam : ne vas pas avec eux [pour maudire] …. » (Bamidbar 22,12)
« D. est venu la nuit vers Bilaam, Il lui dit … lève toi et vas avec eux… » (Bamidbar 22,20)

Commentaire déjà envoyé en 5776
BALAQ, c'est le nom du roi de Moav qui avait décidé de s'en prendre aux Bné Israel, dans le désert. Cependant, il avait remarqué que la manière forte ne fonctionne pas, puisque les Bné Israel gagnaient leurs guerres de manière surnaturelle.
Balaq décide donc de demander de l'aide à Bilaam, qui est un prophète des nations, et qui va être chargé de maudire les Bné Israel.
Mais Bilaam échouera dans sa mission : il ne parviendra pas à maudire les Bné Israel, au contraire, il les bénira.
Au début de la paracha, D. semble interdire à Bilaam d’aller maudire les Bné Israel (verset en entête). Puis quelques versets plus loin, D. donne son aval à Bilaam. Comment comprendre cette apparente contradiction ?
La guemara Makot nous rapporte que le libre arbitre est un concept essentiel, et d’où sait-on que le libre arbitre existe ?
De la paracha de la semaine. D. dit d’abord à Bilaam de ne pas aller maudire les Bné Israel. Puis D. dit vas y (versets entête).
C’est cela le libre arbitre. La guemara Makot 10b nous dit « Dans le chemin où l’homme veut aller, on le fait aller ».
Plus loin dans la paracha, en route pour tenter de maudire les Bné Israel, l’ânesse que chevauche Bilaam se mettra à parler. Le but étant que Bilaam comprenne qu'il n'y a rien à faire, et qu'on ne peut pas maudire les Bné Israel.
Mais pourquoi un tel miracle a-t-il eu lieu devant Bilaam et les princes qui l'accompagnaient. Et même si Bilaam avait maudit les Bné Israel, D. n'aurait-il pas pu annuler ces malédictions ?
Le Meche'h 'Ho'hma présente la raison pour laquelle D. ne veut pas que Bilaam maudisse les Bné Israel.
Il explique que Bilaam était la référence au sein des peuples de la région. En l'empêchant de maudire, on installait automatiquement la crainte des Bné Israel dans le coeur des nations qui habitaient alors en Canaan, et autour.
Si Bilaam, ne peut rien, alors personne n'y pourra rien, et l'entrée en Israel sera ainsi grandement facilitée.
Mais les princes pouvaient croire que de la même façon qu'ils avaient subventionné Bilaam, les Bné Israel avaient aussi payé Bilaam (encore plus) afin qu'il ne les maudisse pas. C'est pourquoi la Torah nous raconte le miracle de l'ânesse. Devant les princes de Balaq l'ânesse a parlé. On réalise donc que si Bilaam ne maudit pas c'est parce que c'est impossible techniquement, et ce n'est pas une histoire de pots de vin !
Automatiquement les peuples de la région ont eu peur… et tout se passe comme si, ils avaient déjà capitulé sans combattre devant les Bné Israel.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN
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'Houqat 5778
« Ceci est le décret de la Torah, ….» (BAMIDBAR 19, 2).


Ce commentaire a déjà été envoyé dans une large mesure l'an dernier.

La Paracha de la semaine nous présente la vache rousse. Si quelqu’un s’est impurifié au contact d’un mort, il devra se purifier le troisième et le septième jour (après le contact avec le mort), par une eau qui contient des cendres de la vache rousse qui a été sacrifiée.
Cette paracha est donc bien compliquée puisqu’elle présente des lois sur la pureté et l’impureté. Les concepts même de pureté et d’impureté sont difficiles à comprendre, alors à plus forte raison les lois qui réglementent la pureté et l’impureté.

Rashi sur le verset en entête s'efforce d'expliquer le mot « décret » : si les nations viennent demander quelle est la raison de la vache rousse, on leur répondra que c'est un décret. Cela signifie que l'on ne comprend rien aux motivations et au fonctionnement des lois de la vache rousse.

Pourtant un peu plus loin Rashi va nous expliquer en détail le parallèle qui existe entre la faute du veau d'or et la vache rousse. Il souligne ainsi que la loi de la vache rousse est venue réparer la faute du veau d'or.

Mais le flou ne fait que s'intensifier… Au début de la paracha on me dit que cette loi est incompréhensible, qu'elle n'a pas de but intelligible, et maintenant on me dit que cette vache rousse vient expier la faute du veau d'or ! C'est donc qu'il y a une explication !

Pour comprendre ce paradoxe, il faut rappeler que le veau d'or est l'archétype de l'idolâtrie, la avoda zara. Mais qu'est-ce que réellement la avoda zara ?

L'objectif de l'homme doit être de servir D.
Mais parfois il se trompe consciemment ou inconsciemment, et il ne sert pas D.
Il sert autre chose que D. (littéralement avoda zara = service étranger). Au lieu de servir D., il va servir une idole, un homme, lui-même… tout cela c'est de la avoda zara.
En caricaturant on pourrait dire qu'un homme qui a pour objectif la recherche des honneurs, et qui accomplit des commandements de la Torah pour recevoir des honneurs, et bien cet homme est idolâtre. Il croit et veut faire croire qu'il sert D. en accomplissant les mitswot, mais en fait, il devient son propre D. puisque son objectif est de « se faire mousser », de recevoir les honneurs. Et la limite est souvent étroite. Rappelons que rares sont les personnes qui fautent et qui ont conscience de fauter. La nature humaine fait que l'on croit toujours agir dans un but louable, « Lechem Chamayim ».

Lorsque l'on accomplit une mitswa, on peut la faire pour obtenir une récompense : un bonbon des parents, ou une promesse de récompense matérielle.
On peut aussi accomplir une mitswa dans le but de s'améliorer. Exemple : je fais la tsedaka pour corriger ma nature égocentrique. Je pourrais ainsi (à tort) mettre l'homme au centre de la Torah et considérer que la Torah a pour but ultime d'éduquer l'homme.

En transformant la Torah en un outil, j'oublie D. et ce n'est plus D. que je sers, c'est l'homme ! C'est de l'idolâtrie !

On peut donc maintenant comprendre la contradiction apparente. D'une part on a l'archétype de la avoda zara avec le veau d'or. Et d'autre part on a la vache rousse qui vient réparer la faute du veau d'or. Mais pour réparer la faute du veau d'or il faut une mitswa incompréhensible. Il faut un commandement qui ne sert à rien. Il faut un commandement inintelligible. La 'houqa, la loi que l'on ne comprend pas, la loi qui ne dépend pas de moi c'est la loi qui me permet, si je ne me fourvoie pas de servir D.
Ce n'est donc pas à moi de fixer la loi, sinon, c'est moi que je sers.

Chabbat Chalom

Stéphane Haim COHEN


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PARACHAT QORA’H 5778

"Il prit, Kora'h, fils de Yitshar, fils de Kehat fils de Lévi, et Datane et Avirame fils de Eliav, et One fils de Peleth les fils de Réouven"
(BAMIDBAR 16,1)


La Paracha de la semaine expose la révolte de Qora'h et de ses acolytes. Qora'h revendique le poste de Cohen Gadol (Grand Prêtre). Il reproche à Moshé d'avoir injustement nommé Aaron, son frère, comme Cohen Gadol.
Ils se révoltent donc contre l'autorité de Moshé et par voie de conséquence contre D.
Ces révoltés finiront engloutis par la terre.

Ibn Ezra, dans son premier commentaire sur la paracha nous explique que toute l'histoire de Qora'h s'est produite dans le désert du Sinaï, après la faute du veau d'or. La paracha n'est pas placée ici selon un ordre chronologique.
En effet, après la faute du veau d'or, les premiers nés ont perdu leur rôle prépondérant au profit de la tribu de Lévi.
Parmi la tribu des Lévi, Aaron et ses descendants, seront choisis pour le service divin. (Cohanim). La reste des Leviim auront des missions d'intendance. Ils chanteront aussi au Temple.

Cette révolte de Qora'h, c'est donc la révolte des premiers nés, qui contestent la nomination d'Aaron. Ils accusent Moshé d'avoir nommé son frère Aaron comme Cohen Gadol, uniquement parce que c'est son frère. Ils pensent que Moshé a agi de sa propre initiative et pas sur un ordre divin.
Qora'h était un premier né, tout comme les chefs qui se sont assemblés dans cette révolte.
Ibn Ezra fait remarquer que les contestataires diront « toute l'assemblée, tous sont SAINTS ». En fait, cela fait écho à l'ordre de la Torah «SANCTIFIE moi les premiers nés ».

Datan, Aviram, et One ben Pelete sont actifs aussi aux côtés de Qora'h. Ils sont issus de la tribu de Reuven. Ils se sont associés à la contestation justement parce que ce sont des descendants de Reuven qui a perdu sa prérogative d'aîné au profit de Yossef.

La contestation est donc menée par les aînés. Lorsque la Torah nomme les ancêtres de Qora'h, elle s'arrête à Lévi : on ne nomme pas le patriache Yaaqov. En effet, Yaaqov s'est lui aussi battu contre l'aîné, et il a pris la place spirituelle de l'aîné (Esaw). Cela eut été un manque de respect envers Yaaqov que de le nommer aux côtés des aînés contestataires.

Pour terminer une question : comment comprendre que d'éminents personnages, qui ont vu tous les miracles, qui ont vu que Moshé a reçu la Torah, puissent penser que Moshé agit « pour son compte » et pas selon les ordres divins ?

Chabbat Chalom.
Stéphane Haim COHEN
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CHELA'H LE'HA 5778

" Ils le placèrent en prison car il n'avait pas été explicité ce qui lui serait fait »
(BEMIDBAR 15,34)

La Paracha CHELA'H LE'HA présente le tristement célèbre épisode des explorateurs. Les Bné Israel ont demandé de visiter la Terre d'Israel avant d'y entrer. Moshé nomme donc les plus éminentes personnalités (un représentant par tribu). Il bénit Yehochoua. Les explorateurs partent en Israel et reviennent avec de terribles nouvelles.

Vers la fin de la paracha on trouve l'épisode de celui qui a coupé du bois le chabbat, « le mekochech etsim ». Le verset en entête nous dit qu'on le mit en prison car l'on ne savait pas ce qu'on devait lui faire.

Rappelons, en guise d'introduction la force de nos sages (ceux de la guemara) qui ont rendu théorique les peines de mort présentées dans la Torah. En effet, le Talmud nous dit qu'à partir du moment où les meurtriers sont devenus nombreux, la peine de mort fut supprimée. En effet, le caractère dissuasif avait disparu, on a donc cessé d'appliquer la peine.

Sur le verset en entête la guemara Sanhédrine 78b fait une dracha : « Moshé savait que le mekochech méritait la peine de mort. Seulement on ne connaissait pas le type de peine qui lui serait appliqué ». On ne savait pas comment serait exécutée la peine de mort.

Le Torah Temima vient nous apprendre que cette dracha a pour but d'expliquer comment le mekochech a pu être condamné à mort. En effet, on sait que pour être condamnable il faut avoir été prévenu par 2 témoins qui énoncent la peine encourue.
La guemara explique que Moshé, et donc les Bné Israel, connaissait la peine encourue. Les témoins ont donc prévenu le mekochech qu'il mériterait la peine de mort, en coupant du bois pendant chabbat.

Le verset d'ailleurs précise « il n'avait pas été explicité ce qui lui serait fait ». Alors que pour le Mégadef (celui qui a maudit …) à la fin de la paracha Emor, c'est la peine que l'on ne connaissait pas. Ici, pour le mekochech, il est écrit en plus qu'on ne savait pas ce qui lui serait fait. C'est donc le type de peine de mort que l'on ne connaît pas ici.

Comme on sait maintenant que les témoins ont prévenu le mekochech qu'il encourait la peine de mort sans en préciser le type, ce passage va dans le sens de 'hahamim qui s'opposent à Rabbi Yehouda. En effet, Rabbi Yehouda dit qu'un avertissement ne peut être retenu que si la peine détaillée encourue est spécifiée (ex. M. X risque la strangulation, et non pas la peine de mort). En revanche, 'ha'hamim disent qu'il suffit de prévenir le coupable qu'il risque la peine de mort.

Le Torah Temima continue en critiquant Tossefot sur Baba Batra 119a. Le Torah Temima vient nous exposer pourquoi Moshé ne connaissait pas le type de peine de mort applicable au mekochech. En effet, dans Ki Tissa on apprend que celui qui enfreint chabbat sera retranché (Karet = peine qui tombe du Ciel, et donc non appliquée par les hommes). En général, on sait que la peine de mort standard c'est 'heneq (strangulation), quand rien d'autre n'est précisé. Moshé se demandait donc si peine de mort pour le mekochech ne devait pas être uniquement Karet. La Torah est donc venue pour nous dire que celui qui profane chabbat intentionnellement, devant des témoins aura skila. Celui qui profanera chabbat intentionnellement mais sans témoin aura Karet.

Chabbat Chalom

Stephane Haim Cohen
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