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Limud
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La paracha de la semaine. Commentaire sur la Torah
La paracha de la semaine. Commentaire sur la Torah

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YITRO 5777

«Souviens toi du jour du Chabbat ... »
Chemot (20,8).

Cette semaine nous vivons le but de la sortie d’Egypte, le Don de la Torah.

C'est dans la paracha Yitro que tout le peuple va atteindre le niveau de prophète, à tel point que chacun pourra percevoir le message divin.

La paracha nous décrit le don de la Torah. La paracha nous décrit les éclairs, le tonnerre, le monde entier qui tremble parce que la Torah est donnée.
Dans cette paracha, nous allons lire les 10 paroles (les 10 commandements)... Ces 10 paroles sont gravées sur les Tables de la Loi.

Le verset en entête est le début de la 4è parole : C'est l'obligation de se souvenir du jour du chabbat, le 7è jour, celui que l'on chôme.

Le Simane 250 du Choul'hane Arou'h Ora'h 'Hayim nous dit qu'il convient de se lever le tôt le vendredi afin de préparer ce qui est nécessaire pour chabbat. Et le choul'hane Arou'h précise que même celui qui a des serviteurs doit réaliser lui même quelques tâches en l'honneur du chabbat.

Le Maguen Avraham explique ce passage en précisant qu'il est préférable de faire les courses pour chabbat le vendredi que le jeudi. Ainsi, les produits seront plus frais pour chabbat. Mais de nos jours, nous avons la possibilité de bien conserver les aliments (grâce aux réfrigérateurs et au congélateurs), alors on peut aussi faire ses cours avant le vendredi.

Le Maguen Avraham rapporte le Darké Moshé qui nous dit qu'il convient de préparer le chabbat à partir du dimanche. Ainsi, en faisant ses achats le dimanche, si l'on trouve un aliment de choix, on l'achètera pour chabbat. Si le lundi, on trouve un meilleur aliment, alors on mangera celui qui a été acquis le dimanche, et l'on gardera celui du lundi pour chabbat… et ainsi de suite, si bien que tous les achats de la semaine auront été faits en l'honneur du chabbat.

Cette technique est rapportée par Rashi sur le verset en entête « Souviens-toi du jour du chabbat... ». Tous les jours de la semaine on se souvient ainsi du chabbat, puisqu'on le prépare en achetant les aliments en l'honneur du chabbat.

Rashi a lui même rapporté la guemara Betsa 16a. On y apprend ainsi que Chamay faisait de la sorte. Dès le dimanche, il achetait sa nourriture en l'honneur du chabbat. Hillel de son côté, attendait le vendredi pour acheter en l'honneur du chabbat. Il se fondait sur le verset des Tehilim « Béni soit D. chaque jour, D. nous comblera,... » (Tehilim 48,2). L'attitude de Hillel est la conséquence de son degré très élevé de confiance en D.
Il était persuadé qu'il trouverait le vendredi ce dont il aurait besoin pour chabbat.

Le Ramban dans son commentaire sur le verset en entête précise que la Hala'ha n'est pas comme Chamay, car rares sont les fois où l'on tranche comme lui.

En revanche, le Michna Beroura sur le simane 250, précise que de nombreux décisionnaires pensent qu'Hillel lui même est d'accord que pour un homme normal, il est préférable d'agir comme Chamay. Il est conseillé d'être prudent, et de commencer à acheter en l'honneur du chabbat dès le dimanche.

Enfin, précisons que celui qui agit de la sorte se souviendra du Chabbat chaque jour. Il se souviendra donc de la création monde, et donc du Créateur. C'est cela la signification première du chabbat : celui qui garde le chabbat, celui qui se souvient du chabbat, témoigne que D. existe.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN



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BECHALA’H 5777

«…Voici mon D., et je veux l’embellir [véanevéhou]… »
Chemot (15,2).


Après la sortie d’Egypte, nous vivons cette semaine la traversée de la Mer des Joncs.

C'est dans la Paracha Bechala'h que Pharaon regrette d'avoir laissé sortir les Bné Israel d'Egypte. Il les poursuit donc avec son armée, jusqu'à la Mer des Joncs. La mer s'ouvre, les Bné Israel passent à pieds secs, les égyptiens les suivent et sont engloutis. Ils chantent « Az yachir Moshé ». La fin de la paracha présente la manne qui tombe chaque jour de la semaine, sauf le chabbat.

La guemara Chabbat 133b, explique le verset en entête. On y explique, que l’on a l’obligation d’embellir les mitswot.

Il faut faire une belle soucca, avoir un beau loulav, un beau chofar … En clair, la Torah reconnaît que le concept de « beau » existe, et on doit l’appliquer au mitswot.

Il convient de noter que le paroxysme de recherche du beau est probablement lié au Etrog. C’est le cédrat que l’on utilise à Soukot.
La Torah le nomme « Peri ets Hadar », par son nom déjà on comprend qu’il faut le choisir beau. En clair, la Torah sait que la recherche du beau est un besoin pour l’homme, et elle nous demande d’appliquer ceci aux mitswot. Le beau, je le mets au service du Vrai.

Dans les civilisations sans Torah, la recherche du beau pouvait mener à l’idolatrie : n’avait-on pas la déesse de la beauté chez les grecs ?

De notre côté, nous devons intégrer le beau dans les mitswot. Mais, une fois que la fête de soukot est finie, que fait-on du bel etrog ? On le jette, ou on le mange… en clair le beau n’est pas sacralisé. Cette mitswa doit nous éduquer pour comprendre que le beau n’est pas l’essentiel.

Aba Chaoul interprète le verset en entête différemment. Il traduit « C’est mon D., [il faut] lui ressembler ». Véanevéhou = Ani vaHou, je dois ressembler au Créateur.

De la même façon qu’Il a de la pitié/clémence [ra’houm], nous devons aussi être « ra’houm ».

Rabbi Avraham, le fils du Rambam, dans son livre « Hamaspiq le Ovdé Hachem » explique à l’instar de son illustre père que la pitié/clémence est une des valeurs que l’on doit acquérir. C’est d’ailleurs pour cela que la Torah nous a donné des commandements qui créent cette valeur en nous : s’occuper des pauvres,…

A l’inverse D. interdit d’avoir un coeur de pierre, d’être sans pitié : « n’endurcis pas ton coeur » (Devarim (15,7)).

Mais encore une fois tout est question de mesure :
la clémence à l’extrême peut pousser à des absurdités, comme ne plus vouloir manger de poulet … parce qu’on égorge ces pauvres petites créatures.
La clémence/pitié poussée à l’extrême pourrait m’empêcher de punir un condamné.

Le but est donc d’utiliser la Torah pour ancrer en moi la bonne mesure de Clémence/pitié.

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Bo 5777

« Moshé dit : ainsi D. a parlé… Tout premier né mourra dans le pays d’Egypte depuis le premier né de Pharaon qui est assis sur son trône, jusqu’au premier né de la servante… »
Chemot (11,4-5)

La paracha BO nous raconte les trois dernières plaies (les sauterelles, l’obscurité et la mort des premiers nés) ainsi, que la suite logique, la sortie d’Egypte.
C'est aussi dans cette paracha la première fois où les Bné Israel, en tant que peuple, reçoivent des commandements divins (Mitswot).

Le verset en entête annonce la dernière plaie d'Egypte, la mort des premiers nés. Mais pourquoi les premiers nés ont-ils été frappés ? Est-ce juste ? Qu'avaient-ils fait ?

Dans le Tana'h, on voit régulièrement que les premiers nés sont punis, ou mis de côté.

- Ainsi, parmi les 12 tribus, ce n'est pas Reuven l'aîné qui donnera naissance aux chefs et aux rois d'Israel. La royauté viendra de Yehouda, ce n'est pas l'aîné !

- Quand Yossef présente à Yaaqov ses fils Ménaché et Ephraim afin qu'ils soient bénis, Yaaqov croise ses mains pour mettre sa main droite sur Ephraim, qui n'est pas l'aîné.

- Pour le service divin, chez les Bné Israel, c'est les premiers nés qui y étaient destinés. Ainsi, on lit dans ntore paracha :
D.ieu parla à Moché en disant : Sanctifie pour moi tout premier-né …
(CHEMOT 13, 1 et suivant)
A l'origine, le premier-né était réservé au service de D., il devait jouer le rôle de Cohen (=prêtre). Mais comme les premier-nés ont fauté lors de l'épisode du veau d'or, ils ont perdu cette fonction au profit de la tribu des Lévi. Ce sont donc les Cohanim et les Léviim qui servaient dans le sanctuaire dans le désert (Michkan), puis dans les 2 Temples qui ont été détruits (Beth Hamikdach.
Encore une fois les premiers nés sont mis de côté.

- Plus tard, quand Shmouel ira chercher le futur Roi d'Israel, il ne prendra pas l'aîné des fils de Ychai, mais il choisira David, le petit.

Bien sûr, la liste ci-dessus n'est pas exhaustive, mais il en ressort, qu'il ne fait pas bon être l'aîné. L'aîné a souvent été mis de côté. Pourquoi ?

L'aîné représente la force héritée. En Egypte, c'était les aînés qui détenaient le pouvoir. C'était eux qui oppressaient donc les Bné Israel.

La force en tant que tel, ce n'est pas gênant si elle est utilisée à bon escient. Le problème, c'est lorsque la force devient violence.

Les premiers nés egyptiens ont été punis à cause de la violence qu'ils utilisaient comme outil pour diriger le pays.
Et la Torah nous demande de faire attention. En mettant de côté les aînés elle nous prévient qu'une société ne peut pas fonctionner correctement si c'est la loi du plus fort qui prime. Le risque est grand de voir la force se transformer en violence.
Régner, ou exercer l'autorité grâce à la force mène à l'échec. Ce n'est pas en écrasant l'autre, même s'il ne me ressemble pas que je pourrai devenir un homme qui se rapproche D.


Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN

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VAERA 5777

« C'est Aaron et Moshé à qui D. a dit : faites sortir les Bné Israel…
Ce sont eux qui parlèrent à Pharaon … c'est Moshé et Aaron.»
Chemot (6,26-27).

La paracha de la semaine expose le début du processus de la libération des Bné Israel d’Egypte.
Ainsi, dans Vaera nous trouvons les sept premières plaies (sur 10) qui ont frappé les Egyptiens, avant la fin de l’esclavage des Bné Israel.

La Tossefta à la fin du traité de Kritoute nous dit à propos des versets entête que si la Torah insiste sur « Aaron et Moshé » c'est pour nous montrer qu'ils étaient aussi grand l'un que l'autre.
En revanche la michna kritoute cite d'autres éléments comparables, mais « elle oublie » de préciser que Aaron et Moshé étaient semblables. Pourquoi ?

Le raison est simple : Aaron et Moshé n'étaient pas semblables. Moshé était clairement plus grand que Aaron. C'est Moshé qui est monté vers D. pour prendre la Torah. C'est Moshé qui est le plus modeste des hommes. C'est Moshé sur qui la Torah écrit « qu'il n'y a pas eu de prophète comme Moshé ».
Nous comprenons donc pourquoi la Michna de Keritoute ne peut pas dire que Moshé et Aaron sont du même niveau.

Pourtant la Tossefta de Keritoute a tenu à nous préciser que Moshé et Aaron sont semblables sur un certain point de vue :
Pour la mission qui leur est confiée ils sont égaux.
Moshé est celui qui va faire sortir les Bné Israel d'Egypte.
Aaron est le négociateur qui parle avec Pharaon.
Chacun a sa spécialité.

Dans le premier verset en entête Aaron précède Moshé quand on parle de la sortie d'Egypte. Dans le second verset présenté, c'est Moshé qui précède Aaron, alors qu'on évoque les négociations avec Pharaon.

En fait, c'est le contraire qui aurait dû être fait. Si chacun a sa spécialité, on aurait dû présenter Aaron avant Moshé lorsque l'on parle des discussions avec Pharaon.
Pour la sortie d'Egypte, on aurait dû présenter Moshé en premier.

Mais si c'est l'inverse qui a été fait, nous explique le Torah Temima, c'est pour nous montrer que pour la mission présente Moshé et Aaron étaient du même niveau. Aussi bien pour faire sortir les Bné Israel d'Egypte que pour négocier avec Pharaon, ils étaient aussi capables l'un que l'autre !

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN


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CHEMOT 5777

« Moshé répondit et dit : mais il ne me croiront pas… »
Chemot (4, 1)

La Paracha CHEMOT, est comme son nom l'indique la première du livre de CHEMOT. Littéralement, CHEMOT = "noms", mais la traduction française a pris l'habitude d'appeler le 2è livre de la Torah "l'Exode", en référence au thème principal, la sortie d'Egypte.

La paracha de la semaine commence par nous présenter la dégradation de la situation des Bné Israel en Egypte. De la position d'invités privilégiés du temps où Yossef était vice-roi d'Egypte, les Bné Israel sont à présent des esclaves.

Ils vivent le premier exil du peuple juif, l’exil en Egypte. C’est la paracha où l’on fait connaissance avec Moshé notre Maître.
Il est d'ailleurs vraiment très intéressant de lire l'introduction au livre de Chemot du Meche'h 'Ho'hma. Il y présente la particularité de la prophétie de Moshé par rapport aux autres prophéties. Il nous éclaire ainsi sur les principes fondamentaux du Judaïsme. Il se fonde sur le Rambam, 'Hala'hot Yessodé Hatorah, chap. 7 et 8.

Le Meche'h 'Ho'hma s'étonne par ailleurs du verset en entête. Pourquoi est-il écrit « Moshé REPONDIT », alors que dans toute la paracha cette formulation n'apparaît pas ? En général on a « Moshé dit » ou « Moshé parla », ici c'est le verbe « répondre » qui est utilisé.

Le Meche'h 'Ho'hma nous explique que ce verbe est une allusion.

Le verbe « répondre » est une caractéristique des Léviim. En effet, au Beth Hamiqdach, les Leviim répondaient. On l'apprend de Devarim (27,14) : « Les Leviim ont REPONDU à voix haute ».

Suite aux doutes de Moshé dans le verset en entête, D. va donner des signes à Moshé. Il lui demande de prendre un bâton, qui va se transformer en serpent. De même, la main de Moshé va devenir « lépreuse ».
Le serpent et la lèpre, nous explique Rashi, sont 2 allusions au Lachone Hara (médisance) de Moshé.
Moshé a mal parlé sur le peuple. Il a suspecté que le peuple ne le croirait pas.

A cause de cette épisode Moshé a perdu le titre de Cohen, au profit de son frère Aaron (Midrach Chemot Raba). Les rôles ont été échangés. Désormais, Moshé sera Lévi, et Aaron Cohen (prêtre).

On comprend donc pourquoi le verbe « répondre » n'est utilisé qu'ici dans la paracha. « Répondre » est une allusion à la caractéristique des Leviim, et c'est à cause de ce passage que Moshé ne sera plus que Levi et pas Cohen.

Un peu plus loin, le Meche'h 'Ho'hma explique que Moshé prendra sa femme et ses enfants avec lui afin qu'ils lui servent de preuve devant les Bné Israel. En effet, Moshé craint que les Bné Israel ne croient pas au caractère divin de sa mission. Il amène donc sa femme et ses enfants. Le peuple peut ainsi comprendre que si Moshé pensait que les Bné Israel n'allait pas sortir d'Egypte, il ne mettrait pas sa famille en danger !

C'est donc de sa propre initiative que Moshé amène sa famille. Ce n'était pas une nécessité. Et c'est la raison pour laquelle une accusation pèse sur lui. Il doit faire la brit mila de son fils. Si Moshé avait eu l'obligation de partir avec sa famille, alors la brit mila aurait pu être retardée. La mitswa de partir délivrer le peuple eût suffi pour protéger la famille. Mais dans le cas présent, Moshé prend sa famille de sa propre initiative, car il ne fait pas confiance aux Bné Israel. Il n'accomplit pas de mitswa en emmenant sa famille : il aurait donc dû circoncire son fils avant le départ.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN


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Vaye’hi 5777

« Yossef est un fils de grâce [Ben Porat Yossef], un fils de grâce pour l'oeil, des filles marchent pour contempler »
Berechit (49,22)


La paracha de la semaine conclut le livre de Béréchit. Le peuple des enfants d’Israel (Yaaqov) est à présent une entité à part entière, bien que résidant en Egypte.
Yaaqov, le troisième patriarche bénit, dans notre paracha, ses enfants, les 12 tribus, avant de rejoindre le monde de la Vérité.

La bénédiction pour Yossef commence par le verset en entête. Rashi explique largement le verset. Il cite aussi une des interprétations : le mauvais œil n'aura pas de prise sur sa descendance.

Puisque Rashi parle du mauvais œil, retournons aux sources. A la page 107a de la guemara Baba Metsia, qui a été étudiée cette semaine dans le cadre du daf hayomi, on trouve le passage suivant :
Rav Yehouda a dit à Ravin fils de Rav Na'hman : Ravin mon frère, n'achète pas un terrain (agricole) qui est près de la ville ; car Rabbi Avahou a dit au nom de Rav Houna, qui a dit au nom de Rav :
Il est interdit à un homme de se tenir près du champ de son prochain, et de le regarder au moment où la récolte a poussé.
En effet, le regard peut générer le mauvais œil et la récolte serait alors endommagée.

La guemara amène ensuite un enseignement contradictoire, où l'on comprend que la proximité du champ avec la ville est une bénédiction. En effet, travailler près de son lieu de résidence est une bénédiction.

La guemara répond : qu'un champ près de la ville est une bénédiction s'il est entouré de barrières qui le protégeront des regards envieux (mauvais œil).

Et la guemara continue en décrivant le fléau que représente le mauvais œil selon Rav.

La lecture de cette guemara nous amène donc à penser que le mauvais œil est une réalité, et qu'il a même des conséquences pratiques : on ne doit pas acquérir un champ sans barrières, s'il se situe près de la ville.

Pourtant le Rambam, qui a tranché la Hala'ha, à partir de la guemara, ne rapporte pas cette hala'ha. Tout se passe comme si, il avait « zappé » ce passage du Talmud. Pourquoi ?

Et bien tout simplement, parce que pour le Rambam, le mauvais œil cela n'existe pas.

Certains pourront interpréter autrement… Mais lorsque l'on s'intéresse à d'autres écrits du Rambam, la conclusion semble évidente.
A propos de l'astrologie, de la magie, des esprits, des forces occultes, le Rambam nous dit de ne pas s'intéresser à ce genre de choses. Cela n'intéresse que ceux qui veulent tromper leur leur prochain.
Mais pourtant le Talmud en parle ?
Et bien le Rambam répond à ce problème : Peut être que ce sont des allusions, ou peut être que ce sont des paroles prononcées par rapport à des événements qui se sont déroulés à l'époque.

En tout état de cause, même si ce sont des passages du Talmud, selon le Rambam, il ne faut surtout pas en tirer des enseignements sur les Lois que nous appliquons.

CHABBAT CHALOM


Stéphane Haim COHEN

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VAYIGACH 5777

« Pharaon dit à Yossef : … Et prenez votre père et vos familles et venez chez moi ; je vous donnerai le meilleur du pays d’Egypte et vous mangerez le gras du pays.»
Berechit (45,17-18).


La paracha de la semaine nous raconte le dévoilement de Yossef devant ses frères.

C'est dans cette paracha que les masques tombent. Les frères de Yossef étaient persuadés d'être dans le vrai. Ils s'étaient débarrassés de Yossef, et ils étaient sûrs d'avoir raison ! Ils en étaient tellement persuadés qu'ils ne pouvaient pas reconnaître leur frère qui étaient devant eux. Cela prouve vraiment qu'il est terriblement difficile de prendre du recul et d'analyser son comportement.

Après son dévoilement, Yossef demande à ses frères de ramener toute la famille en Egypte. Yaaqov et tous les siens descendront donc en Egypte.

Dans le verset en entête, on remarque que par le mérite de Yossef, par son ascension sociale, toute la famille de Yaaqov va être accueillie et nourrie en Egypte.

La guemara Baba Batra pose une question liée à notre paracha.

En page 123a de Baba Batra on a :
Pourquoi Yaaqov a-t-il enlevé le titre « d’aîné » à Réuven pour le donner à Yossef ?

La guemara répond, c’est connu, Réuven a défait le lit où son père dormait avec Bil’a.

La guemara précise donc : pourquoi est-ce à Yossef que doit revenir le droit d’aînesse ? En clair, que Reuven perde son titre, c’est compréhensible, mais pourquoi le donner à Yossef ?

Pour comprendre ceci la guemara apporte un machal, une histoire dont la ressemblance avec le cas envisagé, doit nous permettre de répondre à la question.

Un orphelin a été élevé dans la maison d’un père de famille. En grandissant l’orphelin est devenu riche, il décide donc d’en faire profiter son bienfaiteur qui l’a élevé, il lui fait des cadeaux.

Pour Yaaqov et Yossef, cela semble comparable. Yaaqov arrive en Egypte avec toute la famille et va être logé et nourri grâce à Yossef (verset en entête). Yaaqov, c’est donc l’orphelin recueilli chez Yossef. Avant de partir dans le monde de la vérité, Yaaqov donnera une double part d’héritage à Yossef, il sera traité comme un aîné. Yaaqov remercie Yossef.

Mais la guemara demande : et si Reuven n’avait pas agi de la sorte, Yaaqov n’aurait-il pas été reconnaissant à Yossef ?
En plus, peut-on vraiment considérer que Yaaqov est reconnaissant avec Yossef en faisant des cadeaux sur le dos de ses autres enfants. Quand on dit merci, on donne quelque chose qui nous appartient, et pas une part d’héritage que l’on enlève à l’un pour donner à l’autre !

La guemara doit donc trouver une autre explication à l’attitude de Yaaqov.

En fait, à l’origine, l’aîné devait venir de Ra’hel (la mère de Yossef), mais Léa (la mère de Reuven) l’a devancée par ses supplications à D.
Néanmoins, grâce à la pudeur de Ra’hel, lorsqu’elle a su s’effacer devant sa soeur le droit d’aînesse est revenu chez elle.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

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MIQETS 5777 et Hanouca

« Donc, que Pharaon choisisse un homme prudent et sage et qu'il le prépose au pays d'Égypte»
Berechit (41,33).

La paracha de la semaine nous raconte l'ascension surnaturelle de Yossef dans la société égyptienne. Il était dans une obscure prison à la fin de la paracha Vayechev (Chabbat dernier), et voici qu'il va devenir vice-roi d'Egypte.
Cette promotion sociale vient du fait que Yossef saura expliquer le rêve de Pharaon. En prison, déjà il avait expliqué le rêve du préposé au vin (Sar Hamachqim) de Pharaon.

Après avoir expliqué les rêves de Pharaon, Yossef se met à donner des conseils : il faut maintenant nommer un responsable pour l'Egypte. Mais pourquoi prendre cette initiative ?

Le Rav Ovadia zatsal, dans ses cours du samedi soir a rapporté les 2 explications suivantes :

1/ Yossef est présenté devant pharaon le jour de Roch Hachana. C'est le jour où les hommes sont jugés. Or Yossef interprète un rêve sur les récoltes prochaines de l'Egypte. La guemara Roch Hachana nous apprend que les récoltes sont jugées à Pessa'h. A Roch Hachana, ce sont les hommes qui sont jugés, Yossef, se devait donc d'introduire des hommes, sinon le plan divin eut été incomplet.

2/ Yossef en interprétant les rêves de Pharaon avait peur de s'être mis à dos la cour du Roi. Il enchaîne donc en conseillant au Roi de déléguer la mise en place de son programme économique. Yossef pensait que Pharaon ferait appel à l'un de ses conseillers …

Enfin, ce chabbat sera aussi le chabbat 'Hanouca. Nous fêtons pendant 8 jours le miracle de la fiole d'huile, et la victoire des Macabim contre les Hélènes.

Dans le passage propre à 'Hanouca, que l'on ajoute dans la prière quotidienne on dit que les grecs ont voulu nous faire transgresser les 'Houqim de la Torah. Les 'Houqim sont des commandements particuliers … ce sont les commandements sans justification, que la raison humaine peut difficilement comprendre. Exemple : la brit mila, la vache rousse, mélanger le lin et la laine.
Les grecs ne voulaient plus que les juifs appliquent les lois que l'on ne comprend pas. C'est le fondement du peuple juif qui était là remis en question.
En effet, celui qui n'applique que les commandements qu'il comprend, ne sert pas D., il se sert à lui même.
En revanche, celui qui applique même les lois incompréhensibles (des lois qui ne dépendent pas de lui) accepte qu'il n'est pas le centre du monde …. et c'est ainsi qu'il pourra servir de D.


CHABBAT CHALOM – 'Hanouca Samea'h

Stéphane Haim COHEN



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Vayechev 5777

« Ce fut le 3è jour, le jour anniversaire de Pharaon… »
Berechit (40,20)

La paracha de la semaine nous rapporte le triste épisode de la vente de Yossef par ses frères. Ces derniers étaient convaincus d’être dans le vrai. Ils avaient jugé Yossef, et l’avaient condamné.
C’est à cause de la vente de Yossef par ses frères, que la famille de Yaaqov s’installera 20 ans plus tard en Egypte.
Yossef commence sa vie en Egypte en tant qu'esclave, puis devient l'intendant de Putifar. La paracha se termine alors que Yossef est en prison, suite à la dénonciation calomnieuses de la femme de Putifar.
Le verset en entête fait référence à l'anniversaire de Pharaon qui à cette occasion libérera le maître des boissons, et pendra le maîtres des pains.

Rashi à propos du verset en entête nous dit que Pharaon fêtait le jour de sa naissance, que l'on nomme « Yom Guinossia ».

Le Torah Temima nous cite le Yerouchalmi (Avoda Zara Chap 1, Hala'ha 2) qui dit que nous apprenons d'ici que la date anniversaire de la naissance des rois se nomme « Guinossia ».
La conséquence pratique est qu'il est interdit de commercer avec les païens le jour de  Guinossia. En effet, comme c'est un jour de fête pour eux, ils pourraient ensuite remercier leurs idoles d'avoir fait de bonnes affaires avec le juif, le jour de sa fête.

Pourtant, une michna (Babli) nous dit « voici les jours de fêtes des idolâtres : le jour de guinossia des rois, et l'anniversaire de leur naissance, ... »
Il est donc clair que guinossia ne signifie pas l'anniversaire de la naissance, puisque la michna considère que ce sont 2 évènements.

En fait le Talmud Babli considère qu'il y a 2 dates :
- le jour anniversaire de l'accession au trône (guinossia)
- le jour anniversaire de la naissance.

En revanche le Yerouchalmi ne cite qu'une date : l'anniversaire de la naissance.

Rashi a choisi l'explication du Yeroushalmi. Pourquoi ?
Et le Yeroushalmi, pourquoi choisit-il de ne mentionner qu'une date ? L'anniversaire de l'accession au trône n'est-il pas une fête ?

Il est possible que si le Babli considère qu'il y a 2 dates à fêter pour un roi, c'est parce qu'il s'intéresse aux rois romains. En effet, chez les romains, le roi n'est pas fils de roi. On fête donc la naissance, ainsi que l'accession au trône, qui sont 2 événements non liés.
Le Yerouchalmi de son côté s'intéresse aux rois qui sont fils de rois. Pour ce type de royaume, il n'y a qu'une date à fêter. En effet, dès sa naissance, on sait que l'héritier est promis à siéger sur le trône de son père. Il n'y a donc qu'une date à fêter : la naissance.

Dans notre paracha, on parle de Pharaon. On sait très bien que Pharaon ce n'est pas le nom du roi, mais c'est son titre, qui se transmettait de père en fils. Pour les rois égyptiens, il n'y a donc qu'une date à fêter, celle de la naissance. Voilà pourquoi Rashi a préféré expliquer « Guinossia » selon le Yeroushalmi, et pas selon le Babli.


CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN


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VAYICHLA’H 5777


« Yaaqov resta seul, un homme combattit avec lui jusqu’à l’aube.»
Berechit (32,25).


Au début de la Paracha Vayichla’h, Yaaqov se prépare à retrouver son frère Esaw. Rappelons la façon dont ils s’étaient séparés dans la paracha Toledot : Esaw voulait tuer son frère Yaaqov suite à l’épisode de la bénédiction d’Isaac.
Yaaqov se prépare triplement à cette rencontre périlleuse :
Il se prépare à l’affrontement armé, en séparant sa famille en 2 camps. Si l’un des deux devaient être frappés, l’autre serait sauvé.
Il prie D. de l’aider en disant, en autre, « Sauve-moi de la main de mon frère de la main d’Esaw ».
Il prépare des cadeaux pour amadouer son frère (il veut négocier !).

Yaaqov, ce qui est un trait caractéristique de son existence, doit donc faire face à une épreuve supplémentaire.

Mais avant ceci, il va affronter l’ange de Esaw.
Yaaqov fait passer sa famille de l’autre côté du fleuve, mais lui retourne sur ses pas. Il reste donc seul, la nuit, sur une des rives du fleuve. C’est là qu’il va vaincre l’ange. Nos Maîtres ont expliqué, que l’homme dont parle le verset en entête est l’ange de Esaw.

Le début de la paracha nous présente donc une lutte physique avec l'ange d'Esaw. Yaaqov lutte contre l'ennemi.

Dans la vie il y a 2 types d'ennemis :
- celui qu'on identifie immédiatement, celui qu'il est facile de désigner, c'est l'ennemi de l'extérieur.
- l'autre ennemi est celui de l'intérieur, celui que l'on a du mal à discerner. Celui qui se fait passer pour un ami, mais qui en fait va me perdre.

Rabénou Avraham, le fils du Rambam, nous parle de la lutte contre l'ennemi de l'intérieur. Dans son livre « Hamaspik le Ovdé Hachem » il rappelle que l'homme est le fruit de la coexistence entre une essence spirituelle et un corps matériel.
L'homme a la capacité de s'élever intellectuellement, de développer ses connaissances, de se rapprocher de la vérité.

Mais l'homme c'est aussi un corps, attiré par les plaisirs matériels (ex. manger, boire, le sexe,…). Si l'homme ne s'investit pas pour développer son côté spirituel, alors forcément, son côté matériel grossira, … la nature a horreur du vide.

Et Rabbi Avraham enchaîne en nous expliquant que l'accomplissement des commandements de la Torah nécessite une lutte contre la nature. La récompense dépendra de l'effort fourni. « Lefoum tsaara agra » (Pirké avot 5,23). C'est cette lutte contre les tendances naturelles qui est en elle même une récompense.

Enfin, Rabbi Avraham termine son chapitre sur cette lutte en précisant que ce chemin doit être progressif. Vouloir faire un trop grand saut trop vite, peut mener l'homme au précipice.


CHABBAT CHALOM

Stephane Haim Cohen

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