Profile

Cover photo
Thierry Chatel
Works at MethoTIC Conseil - architecture logicielle et formation AngularJS
Attended Ecole Centrale Paris
Lives in Lunel
717 followers|392,166 views
AboutPosts

Stream

Thierry Chatel
owner

Discussion  - 
 
Le point sur Angular à l’occasion de la 2.0 finale

Voilà, la version finale d’Angular 2.0 est sortie. Deux ans d’attente, d’impatience, de doutes, et elle est là.

Mais que signifie vraiment version finale ? Qu’est-ce qui est terminé, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Est-ce le bon moment pour s’y mettre ? Faut-il migrer les anciennes applications ? J’imagine que les questions de ce genre vont fleurir dans les semaines et les mois qui viennent. Voici mon analyse de la situation, avec des opinions qui, je tiens à le préciser, n’engagent que moi.

Petite rétrospective

Commençons donc par une rétrospective, qui débute il y a près de deux ans, à la conférence ng-europe de 2014. L’équipe Angular y présente ses travaux sur l’ébauche de la version 2, et illustre les différences majeures avec la version antérieure par une série de slides présentant des pierres tombales. Ils n’avaient sans doute pas imaginé le choc que ça allait susciter, ni les réactions quasiment hystériques. L’image était forte, et reste sans doute dans les mémoires comme l’une des plus grosses bourdes en terme de communication de toute l’histoire de l’informatique. Je souris en écrivant ça, car c’est tout-à-fait le genre d’erreur que j’aurais pu commettre moi-même, avec ma tendance à mettre les pieds dans le plat de façon souvent abrupte.

Une fois qu’on avait bien compris qu’Angular 2 serait différent du 1, on a vu sortir une succession de versions alpha permettant déjà de jouer avec le framework, et de se faire une bonne idée de ce à quoi il allait ressembler. La première version beta, sortie juste avant Noël 2015, m’a pris de court car le framework me paraissait encore bien trop expérimental. Mais la pression sur l’équipe était déjà forte, et il fallait avancer et sortir quelque chose. Même chez Google, “quand tout sera fini” ça doit paraître trop lointain comme date. Et rebelote avec la première RC au printemps 2016. Comment qualifier de Release Candidate une version où beaucoup de choses sont encore en plein chantier, comme les formulaires entre autres ? Personnellement je ne l’aurais même pas qualifiée de beta.

Et que dire de tous les impatients qui se sont empressés de clamer qu’Angular 2 était sorti et bien terminé, sans avoir prêté attention au “rc”, et sans avoir regardé un seul instant l’état du chantier ? Quand mes clients me demandaient si c’était pertinent de démarrer des projets sur Angular 2, je leur répondais invariablement que oui, s’ils n’avaient pas besoin d’être productifs, et s’il n’y avait aucune urgence à mettre les projets en production. Pour moi, ceux qui demandaient des formations sur un framework aussi loin d’être abouti n’étaient pas du tout prêts à démarrer dessus, et allaient vraisemblablement se planter. On pouvait l’aborder comme de la veille techno, de l’apprentissage, mais le fait de demander une formation signifie qu’on n’est pas dans cette démarche. Bon évidemment j’ai dû perdre quelques clients, qui se seront tournés vers des concurrents qui proposaient des formations à Angular 2 dès la version alpha.

Bien sûr, comme il fallait s’y attendre, il y a eu des changements majeurs pendant l’été : principalement la refonte du routeur, des formulaires, et l’apparition des modules. Je disais lundi dernier, au meetup ngParis, que pour moi la version 2.0rc6 était la première véritable release candidate : la version du gros nettoyage des anciennes API deprecated, et la première ayant de réelles chances de ressembler à la version finale. Mais je n’aurais pas imaginé à ce moment-là qu’il restait seulement deux jours avant la version finale. En fait j’avais pronostiqué au DevFest Paris début 2015 qu’on pouvait espérer une version beta pour la fin 2015 et la version finale avant la fin 2016. Plus tard, en voyant l’avancement et l’ampleur que prenait le projet, de plus en plus ambitieux, j’étais persuadé d’avoir fait preuve de trop d’optimisme. Finalement les sorties ont eu lieu aux moments pronostiqués à l’époque, mais avec beaucoup plus de précipitation que ce que j’aurais imaginé nécessaire. Je crois même que j’aurais préféré m’être trompé.

Que signifie version finale ?

Si la rc0 ressemblait encore une version alpha, puis la rc5 à une beta, et enfin la rc6 semblait être la première vraie release candidate, peut-on avoir aussi vite une version finale ? Oui, bien sûr, puisqu’elle est sortie et qu’elle s’appelle Angular 2.0 finale.

Le framework est à peu près stable, même s’il y a encore des éléments marqués comme expérimentaux dans la documentation, notamment pour les animations. Les outils vont demander encore du travail, comme le générateur Angular CLI qui vient de basculer sur WebPack mais ne supporte pas encore le nouveau routeur, ou le compilateur AoT (Ahead of Time) pour une compilation préalable des templates.

Évidemment, la version finale est sortie tellement vite qu’il y a forcément un manque de recul sur les changements réalisés ces derniers mois. Sur les nouveaux modules par exemple, introduits seulement un mois avant la version finale, il reste quelques aspérités, et les bonnes pratiques quant à leur usage sont encore loin d’être évidentes. Il ne faut pas se leurrer, c’est une version finale qui ouvre la voie à une version 2.1. On fige une version à un moment donné, parce qu’elle paraît suffisamment cohérente et qu’il n’est pas possible de la différer plus longtemps, et le reste ira dans la version suivante. Le framework n’est pas terminé, si tant est qu’un framework puisse l’être un jour. Il va continuer à évoluer, et les versions suivantes le complèteront et l’amélioreront. Si l’on attend que tout soit parfait avant de sortir une première version, elle ne verra jamais le jour.

Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’Angular 2 est une plate-forme, un socle technique, auquel il faut ajouter d’autres éléments, en fonction de son usage, mais au minimum une bibliothèque de composant est indispensable. Le framework est une chose, mais c’est tout l’écosystème qu’il faut considérer, Angular seul n’étant pas suffisant pour répondre aux besoins des développeurs d’applications web. Certains choisiront d’écrire leurs propres composants, et pourront donc s’en contenter. Mais c’est seulement lorsqu’on a pu trouver des bibliothèques de composants suffisamment matures qu’Angular 1 a pu être adopté dans toutes les entreprises. On peut aujourd’hui tester une preview de Ionic 2, Angular Material 2 est en version alpha, comme ng-bootstrap, PrimeNG est en version beta, la fin du portage de Kendo UI en composants Angular 2 est annoncée pour courant 2017, et j’en passe. Ça progresse bien, mais il reste du chemin à parcourir.

Et l’écosystème ne se limite pas aux composants. Il y a aussi la documentation et toutes les ressources apparentées : la doc du framework, les articles et vidéos techniques, les exemples concrets et les réponses en tout genre sur StackOverflow ou ailleurs. Les développeurs ont besoin de trouver facilement ces informations sur internet, s’ils ne veulent pas perdre un temps fou à devoir découvrir par eux-mêmes les solutions face aux moindres difficultés. Le framework est déjà relativement bien documenté, même s’il reste du travail. Pour trouver de vrais exemples à jour par rapport aux dernières modifications, c’est nettement plus difficile. Les articles également sont souvent dépassés, ce qu’ils présentent n’est parfois plus la bonne façon de faire. C’est un problème de niveau de connaissance général. Sur Angular 1, il a fallu plusieurs années pour atteindre le niveau de maturité actuel, à la fois du framework et surtout de ses utilisateurs. Au tout début, le framework était vraiment confidentiel, et la seule solution était souvent de se plonger dans le code source. Angular 2 est déjà bien plus répandu qu’Angular 1 à ses début, mais il est encore bien jeune et on manque forcément de recul.

Angular 2 pour quels usages ?

On va utiliser Angular 2 pour créer des applications web, bien sûr, mais pas seulement : de l’appli mobile hybride, de l’appli mobile native, du rendu côté serveur, de l’appli desktop, de la Progressive Web App, et je pense qu’on est loin d’avoir vu tous les usages possibles. Comme l’a expliqué l’équipe Angular, si la version 1 est un framework, la version 2 est devenue une véritable plate-forme pour créer une interface utilisateur.

Côté web, Angular 2 est résolument tourné vers l’avenir : support des Web Components, TypeScript recommandé (même si on peut aussi utiliser ES6, voire ES5, ou encore Dart)... et les dernières API web dont le support est encore rare ! Pour les navigateurs plus anciens, il va falloir patcher, charger des polyfills pour arriver à faire fonctionner le framework et les applis. Même sur IE11. Il faudra des polyfills pour utiliser certaines directives, ou encore certains pipes comme ceux basés sur l’Internationalization API. Et ça me paraît très bien, heureusement que le code d’Angular 2 n’est pas truffé de bouts de code pour la compatibilité avec des navigateurs totalement obsolètes qui devraient avoir disparu depuis longtemps. A un moment il faut savoir si on choisit de se tourner vers l’avenir ou vers le passé. Et je compatis avec ceux qui doivent supporter des vieilleries. Si vous en êtes encore à IE9, Angular 2 n’est peut-être pas le meilleur choix. Peut-être qu’avec les polyfills nécessaires il y a moyen que ça marche. Je n’ai pas essayé, et franchement ça me paraît à peu près aussi pertinent que de vouloir brancher un vieux magnétoscope VSH SECAM sur une télé 4K HDMI.

Sur mobile, on peut faire bien sûr de l’appli web classique. Mais aussi de l’application hybride, qui n’est rien d’autre qu’une appli web packagée avec un outil comme Cordova, mais ça offre plus de possibilités en terme d’accès au système ou au matériel. Le framework Ionic 2, qui est une surcouche à Angular 2, est destiné à simplifier cet usage. La dernière possibilité qui émerge, c’est de faire de l’application native, en utilisant NativeScript. On écrit une application Angular 2, qui est transformée et s’affiche comme une application native, sans WebView, à l’exécution ce n’est plus du web. C’est une technologie encore plutôt expérimentale, mais qui devrait connaître un beau succès. C’est l’équivalent de React Native mais pour Angular.

Les performances ont été améliorées par rapport à Angular 1, avec un rafraîchissement en cascade et en un seul passage, et non plus une boucle comme dans la version précédente. Le résultat, c’est que quand Angular 1 pouvait supporter quelques milliers de bindings simultanés, la version 2 repousse la limite, et une dizaine de milliers de bindings ne lui fait pas peur. On peut afficher des tables plus grosses sans avoir à les découper. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus aucune limite, elle est juste repoussée. Ça ne vous empêchera pas de devoir expliquer à vos clients que ce n’est vraiment pas une bonne idée de vouloir recréer un tableau Excel de 500 000 lignes dans une application web. Néanmoins cette amélioration des performances sera profitable, en particulier pour les applis mobiles sur des terminaux un peu poussifs.

Concernant la taille des applications, Angular 2 est beaucoup plus adapté pour de grosses applis. A l’exécution, le chargement dynamique des modules évite de tout charger au démarrage, seules les parties réellement utilisées seront chargées lors de leur première utilisation. Et pour les développeurs, c’est un environnement beaucoup plus industrialisé. Entre le typage apporté par TypeScript, les outils comme npm et autres, on se retrouve dans un environnement de développement bien plus proche de ce qu’on connaît en Java que du développement web avec jQuery. Fini le temps de la v1, où l’on charge un fichier JS et c’est parti. Là au démarrage du tutoriel d’Angular 2, qui n’est pas une bien grosse application, ce sont pas moins de 132 fichiers qui sont chargés. Il est vrai qu’il y en a déjà 83 rien que pour RxJS, pas tous utiles, ça peut être largement optimisé. Simplement en terme de couches d’outils et de librairies, on est dans une toute autre dimension. Et un packaging efficace n’est plus du tout une option, c’est un prérequis. Si le développeur Java se sentira à l’aise, avec autant de libs JS que ce qu’il avait de fichiers JAR dans ses projets, pour le développeur jQuery ça va être un sacré choc culturel, bien plus encore que d’aborder Angular 1.

Quel succès pour Angular 2 ?

Comme on le voit, Angular 2 a de beaux atouts, mais présente aussi quelques challenges. Alors peut-on lui prédire un succès similaire à la version 1 ?

Le contexte n’est plus le même. Avant la sortie d’Angular 1, comme framework pratique pour écrire un client web en JS, il n’y avait rien. Avant c’était Backbone + jQuery, ce qui revenait à quasiment tout écrire à la main, solution qui ne pouvait paraître pertinente qu’aux développeurs n’ayant jamais rien vu d’autre. La sortie d’un framework qui divise quasiment par 10 le nombre de lignes de code nécessaires, je n’avais encore jamais vu ça en informatique, et je doute de le revoir un jour. Ça n’a pu se produire que parce qu’on partait d’un niveau zéro. Donc le succès de ce genre de framework à l’époque était obligatoire. Il y avait aussi le framework Ember.js, apparu en même temps mais qui malgré ses qualités n’a jamais réussi à s’extraire de l’ombre d’Angular. Le résultat c’est qu’Angular a tout raflé, et qu’avant le succès plus récent de React, c’était quasiment 100 % de parts de marché pour Angular.

Bien sûr il existe d’autres frameworks, mais pour arriver à émerger de façon significative, c’est très difficile. Je ne parle pas d’adoption par quelques développeurs aventuriers dans des startups, ou ceux qui veulent absolument tester toutes les nouveautés, même les plus farfelues. Je ne parle pas de technos qui font le buzz dans les conférences, où ceux qui en parlent sont parfois plus nombreux que ceux qui les utilisent.

Je parle d’adoption généralisée dans l’industrie. Quand un langage ou un framework va être choisi comme une évidence même par tous les développeurs qui n’ont jamais mis les pieds à une conférence. Et même par ceux qui vivent dans une grotte depuis l’invention d’internet. Et même par ceux qui n’ont jamais rien lu de plus technique que 01 Informatique. Ceux qui vont aux conférences, qui s’intéressent aux technologies émergentes, qui s’enflamment pour tel ou tel outil qui fait le buzz, ne sont qu’une minorité, très visible et audible, mais ils sont peu représentatifs de l’ensemble des développeurs. Dans la plupart des boîtes, côté serveur on utilise Java, .Net ou PHP. Et c’est comme ça, inutile de vanter les mérites de Python, Ruby ou autre Scala. Et parmi les centaines de développeurs que j’ai eu en formation, il y a 2 ou 3 ans j’y voyais beaucoup de geeks avec un profil d’early adopters. Aujourd’hui, la moitié n’ont jamais entendu parler de React, et certains même pas d’une version 2 d’Angular. Tout ça pour dire qu’il y a de l’inertie, et que la plupart des développeurs utilisent une techno juste parce que tout le monde fait comme ça.

Je suis certain qu’Angular 2 va connaître un gros succès. Parce qu’une grande partie des geeks l’attend avec tant d’impatience, et que le framework ne devrait pas les décevoir. As-t-on déjà vu un tel engouement pour un framework 2 ans avant sa sortie ? Une attente fébrile, de conférence en conférence, pour guetter la moindre info, la moindre annonce de ses développeurs ? Et tous les autres, la foule silencieuse des développeurs qui ne savent déjà pas pourquoi ils se sont mis à Angular 1, ils passeront un jour à Angular 2 parce que c’est la nouvelle version et qu’il faut bien migrer. On se trompe rarement en suivant le mouvement, en utilisant ce qui marche pour les autres. Et s’il y a bien plus de panache à faire des choix audacieux, il est aussi beaucoup plus probable de se planter.

Actuellement le seul framework qui arrive vraiment à percer à côté d’Angular 1, c’est React. Il commence à avoir un vrai succès, certes bien moindre que celui d’Angular, mais son adoption est réelle. Alors que tous les autres frameworks sont presque inexistants en terme d’adoption, quelle que soient leurs qualités. React monte, mais Angular 1 n’a pas faibli, enfin en pourcentage si, forcément, mais il est encore de plus en plus adopté. Pour ceux qui s’y sont mis il y a 3 ou 4 ans c’est déjà un passé lointain. Mais la réalité c’est qu’il n’y a jamais eu autant de développeurs qui se débutent sur Angular 1 que maintenant, et il y a encore une grosse marge de progression. La plupart des boîtes font toujours des pages web côté serveur. Avant que toutes les vieilles applis JSF, Symfony ou autre disparaissent peu à peu, ça va prendre des années, pendant lesquelles l’adoption de React et d’Angular - 1 puis 2 - va encore augmenter.

Si je dois me risquer à un pronostic, je prédis un basculement massif vers la version 2 pour 2018. D’ici là, les deux versions d’Angular vont cohabiter. Le grand frère Angular 1, et le garnement Angular 2 avec la fougue de la jeunesse, bien décidé à dépasser son aîné.

Faut-il migrer ? Et quand ?

Angular 2 est utilisable dès maintenant. Si vous pouvez vous permettre de passer du temps à apprendre et à chercher les infos. Si vous pouvez vous contenter des composants existants, pas forcément terminés ou bien stables, ou écrire vos propres composants. N’hésitez pas, ça sera un apprentissage très bénéfique, car en mettant les mains dans le cambouis on comprend bien mieux le fonctionnement. Et c’est l’avenir. Par contre si l’état encore relativement expérimental de l’écosystème Angular 2 ne convient pas à vos projets, parce que vous devez privilégier l’efficacité immédiate, alors le moment n’est sans doute pas encore venu de franchir le pas.

Rassurez-vous, Angular 1 est encore là pour longtemps. Les entreprises ont investi et continuent à investir dessus. L’équipe de Google ne l’a pas abandonné, elle prépare la future version 1.6, et rien ne laisse supposer pour l’instant que ce sera la dernière. Il n’y a rien d’absurde à démarrer maintenant des projets avec Angular 1. Si l’on a une équipe formée, de l’expérience, des composants stables et prêts à l’emploi, c’est même le choix le plus logique. Le basculement vers Angular 2 viendra en son temps, quand il y aura tout un écosystème stable et mature, permettant d’être aussi productif qu’avec la version 1.

Migrer pour migrer, ça n’a pas de sens. Les applications Angular 1 vont continuer à fonctionner, même quand la version 2 sera beaucoup plus à la mode. Angular 2 apporte des nouvelles possibilités très intéressantes, mais beaucoup de projets n’en ont pas vraiment besoin, et pour tous ceux qui tournent bien avec la version 1, un portage en version 2 n’a pas spécialement d’intérêt. Ce qui se faisait facilement avec Angular 1 ne se fera ni plus facilement ni plus vite avec Angular 2. Bien sûr pour certains projets, notamment les très grosses applications, Angular 2 est vraiment supérieur. Mais la quantité d’outils et de librairies à maîtriser pour la version 2 peut même être un handicap pour des petits projets, tant que les développeurs n’auront pas acquis une expérience suffisante. Sans parler des projets devant supporter IE9.

Quoi qu’il en soit le basculement se fera, peu à peu, c’est inéluctable. De plus en plus de projets utiliseront Angular 2, les bibliothèques de composants seront stables et mieux mises à jour que les anciennes de la version 1, les nouveaux développeurs apprendront directement Angular 2… Il arrivera un moment il sera plus logique de démarrer tous les nouveaux projets sur la version 2.

Et là se posera la question des projets au long cours, ceux qui durent sur des années, faudra-t-il les migrer ou non ? Un jour, dans plusieurs années, continuer à faire évoluer des applications Angular 1 deviendra un problème. Surtout parce qu’il sera plus facile de trouver des développeurs pour la version 2. Avant qu’Angular 1 devienne le Cobol du web, il s’écoulera encore des années, mais ça finira par arriver, et bien plus vite que pour Cobol : l’évolution sur mainframe, c’est en temps géologique comparé à ce qu’il se passe côté web.

Ceci dit, très peu de projets auront vraiment besoin d’être migrés juste pour un changement de framework. Parce qu’au bout de quelques années d’existence, ça sera plutôt l’occasion d’une refonte de l’interface utilisateur, avec un changement de version d’Angular au passage. La durée de vie d’une interface web ne dépasse guère quelques années, avant qu’elle ne paraisse complètement périmée. Et rappelez-vous que ce n’est que la partie cliente, vous pourrez mettre à jour votre interface web et basculer sur Angular 2 sans avoir à modifier votre serveur REST. Le client change, le serveur REST ;-)

Et pour les rares projets qui auront vraiment besoin d’être migrés, il sera possible de faire une migration progressive en utilisant le UpgradeAdapter d’Angular 2. Il permet de faire cohabiter Angular 1 et Angular 2 dans une même application, avec les deux frameworks qui tournent en même temps. Et pas du tout chacun dans son coin, puisqu’il permettra d’utiliser les composants Angular 2 dans les templates Angular 1, et inversement les directives Angular 1 dans les templates Angular 2, mais aussi d’injecter des dépendances (services) d’un framework vers l’autre. Ne vous précipitez pas dessus pour l’instant, dans l’espoir de commencer à intégrer dès demain des composants Angular 2 dans votre projet actuel : l’outil a besoin d’être mis à jour suite à tous les changements de ces derniers mois. Mais à terme il sera possible d’envisager un upgrade progressif vers la version 2, plutôt que de devoir réécrire d’un coup toute la partie cliente. Ça sera à étudier pour chaque projet, car la cohabitation des deux frameworks ajoutera forcément un peu de complexité, ça ne sera pas si magique que sur le papier, mais ça sera une option envisageable.

Liens

Et voici pour finir quelques lectures complémentaires :

- doc Angular 2 : upgrading from 1.x (UpgradeAdapter) :
https://angular.io/docs/ts/latest/guide/upgrade.html

- Angular 2 Upgrade Strategies from Angular 1.x
http://developer.telerik.com/featured/angular-2-upgrade-strategies-angular-1-x/

- We Have Seriously Underestimated Angular
http://developer.telerik.com/featured/you-have-seriously-underestimated-angular/

- 19 Tips to Make Learning Angular 2 Easier
http://developer.telerik.com/featured/19-tips-to-make-learning-angular-2-easier/

#gde #angular #blogpost
 ·  Translate
25
5
Nicolas's profile photoStéphane Legouffe's profile photoOdy Light's profile photoMathieu Lorber's profile photo
6 comments
 
Je réagis avec un peu de retard... Je partage certaines choses dans ce post mais il y aurait des choses à modérer un peu. Comme la révolution dans la productivité (pour js ok... mais les interfaces c'est (était =D) pas seulement js !), mais aussi et surtout pour "les autres frameworks qui arrivent à percer". Il faut sortir un peu, vraiment =p... Non React n'a pas "pris des parts de marché" à Angular 1 ; il l'a largement dépassé depuis un moment (my 2 cents : à raison pour beaucoup d'applications). Cf, par exemple, http://stateofjs.com/2016/introduction/
stateofjs.com - State Of JavaScript Survey Results: Introduction
 ·  Translate
Add a comment...

Thierry Chatel

Shared publicly  - 
 
Les slides de ma présentation au DevFest Paris 2015 :
AngularJS 2.0... et avant ?

http://tchatel.github.io/slides-devfestparis2015/

#angularjs  #gde #techtalk
 ·  Translate
7
4
david chollez (dcz switcher)'s profile photoThierry Chatel's profile photoXavier Loup's profile photo
3 comments
 
Les vidéos filmées par Xebia TV (salle Dremel) devraient être disponibles dans la semaine. Il faudra attendre 3 semaine pour les salles filmées par l'association vidéo de l'ECE.
 ·  Translate
Add a comment...

Thierry Chatel
owner

Discussion  - 
 
Une journée de formation AngularJS niveau intermédiaire quasi gratuite en prélude à ngEurope. 
Elle portera sur les formulaires et directives avancées.
 ·  Translate
 
Salut à tous!

Si vous avez déjà votre ticket pour la conférence ng-europe, vous pouvez assister pour seulement 25 euros à une journée entière de formation avec +Thierry Chatel, le premier formateur AngularJS de France. Thierry sera accompagné par +Julien Bouquillon (aka revolunet), auteur de nombreux projets open source Angular à succès tels que angular-google-analytics et angular-carousel. Thierry et Julien seront accompagnés aussi de deux professionnels de AngularJS que sont +Benjamin LONGEARET et +Mathieu Tricoire.

Quelques détails sur la formation:

* Les horaires seront de 9h à 17h30, déjeuner inclus et une pause en milieu de matinée et une autre en après midi.
* Le programme sera divisé en quatre parties comprenant chacune une leçon, un exercice et des informations complémentaires et bons trucs à savoir sur la leçon.
* le niveau requis est intermédiaire
* venir avec votre portable, nodejs, npm, git installé ainsi que votre bonne humeur :)
Le programme et le lieu exacte seront annoncés bientôt.

Je rappelle que cette formation ainsi que la ngEurope peuvent vous être remboursée en utilisant notre formulaire ici http://ngeurope.org/formation.html Vous pouvez aussi acheter votre ticket de 25 euros directement ici https://ti.to/patcito/ngeurope si vous avez un ticket pour la ngeurope.

à jeudi pour le prochain meetup!

Patrick
 ·  Translate
2
2
Add a comment...

Thierry Chatel
owner

Discussion  - 
 
Il me reste 2 places pour une formation AngularJS du 4 au 8 août à Lille (à EuraTechnologies).

Voir le lien pour les détails, et pour me contacter pour ceux qui sont intéressés.
 ·  Translate
La première formation en France sur AngularJS, par Thierry Chatel - MethoTIC Conseil
1
1
Add a comment...

Thierry Chatel

Shared publicly  - 
 
La vue depuis le balcon de la cantine des locaux de Google à San Francisco. Sympa. 
 ·  Translate
4
1
Add a comment...

Thierry Chatel

Shared publicly  - 
 
Direction San Francisco 
9
Julien Bouquillon's profile photoYvan Douënel's profile photo
2 comments
 
Tu vas faire une offre à Larry Page pour que Crealead rachète Google ?
 ·  Translate
Add a comment...

Thierry Chatel

Shared publicly  - 
 
Qu'est-ce que ça coûte de ne pas se former (à AngularJS) ?

Beaucoup d’entreprises considèrent le coût d’une formation comme une dépense nette, et facultative. Comme les développeurs sont capables d’apprendre par eux-mêmes, le fait de ne pas les former peut apparaître comme une économie. 

Je me suis amusé à faire un petit calcul pour voir à quel point c’est illusoire, en prenant pour base la formation au framework AngularJS que j’anime très régulièrement - bientôt la cinquantième session. 

Cette formation de 5 jours (une journée sur le langage JavaScript, très utile, suivie de 4 jours sur le framework AngularJS lui-même) est facturée en intra entreprise 6000 € HT pour un groupe d’un maximum de 7 participants. Avec mes frais de déplacements, ça fait environ 7000 € HT pour la semaine. Pour calculer le coût réel de la formation, il faut ajouter les salaires des participants, qui sont mobilisés toute une semaine. Si l’on prend comme base un salaire annuel brut de 40000 €, le coût pour l’entreprise avec l’ensemble des charges et autres cotisations est d'environ le double du salaire net, soit 5000 € par mois et par développeur, ou 1150 € par semaine.

Si les développeurs apprennent sur le tas, par eux-mêmes, ils vont forcément y passer du temps, et en perdre sur leurs projets : du temps à lire des tutoriels, des livres ou de la doc, du temps à chercher au début comment faire même les choses les plus simples, du temps à explorer de mauvaises pistes, du temps à refaire ou corriger ce qui a été mal fait par manque de connaissances… C’est inévitable, on en passe forcément par là, et moi comme les autres, je n’ai pas eu de formation à AngularJS et j’ai appris en faisant des erreurs, en recommençant plusieurs fois ce que j’avais fait. Et bien sûr, tout ça a un coût, qui n’apparaît pas à l’avance sur un devis, mais n’en est pas moins réel.

Je considère que le temps gagné par les développeurs qui suivent ma formation est au minimum de deux mois ; pas deux mois pleins consécutifs, mais en accumulation de temps perdu sur leur démarrage avec ce framework. C’est une estimation basse, j’en ai souvent en formation qui ont déjà passé plus de temps que ça à explorer AngularJS, et qui me disent ensuite qu’il ne leur reste plus qu’à réécrire ce qu’ils avaient fait. Donc je pense qu’en réalité ça peut facilement aller jusqu’à 4 ou 5 mois, mais ça dépend des personnes, donc j’ai pris une estimation minimale de 2 mois pour le calcul. Le coût réel de l’auto-formation, c’est donc le montant des salaires pendant ce cumul de deux mois non productifs.

Et voici les résultats du calcul, qui sont sans équivoque : avec 5 participants, l’auto-formation coûte deux fois plus cher qu’une vraie formation - et encore c’est une estimation basse !

Pour 3 participants
10 450 € pour le coût total d’une semaine de formation
15 000 € pour le coût total d’une auto-formation 

Pour 4 participants
11 600 € pour le coût total d’une semaine de formation
20 000 € pour le coût total d’une auto-formation 

Pour 5 participants
12 750 € pour le coût total d’une semaine de formation
25 000 € pour le coût total d’une auto-formation 

Pour 6 participants
13 900 € pour le coût total d’une semaine de formation
30 000 € pour le coût total d’une auto-formation 

Pour 7 participants
15 050 € pour le coût total d’une semaine de formation
35 000 € pour le coût total d’une auto-formation 
 ·  Translate
19
4
Zala Pierre GOUPIL's profile photosebastien seignier's profile photo
3 comments
 
Si tu connais des personnes sur Aix et alentours n'hésites pas à me contacter.
 ·  Translate
Add a comment...

Thierry Chatel
owner

Discussion  - 
 
J'organise une formation AngularJS inter entreprises du 8 au 12 décembre à Montpellier. Il reste 3 places, pour les premiers à s'inscrire.
 ·  Translate
La première formation en France sur AngularJS, par Thierry Chatel, Google Developer Expert
1
1
Thierry Chatel's profile photoYassine Ennebati's profile photo
5 comments
 
Ok ça marche, je te contacte le plus rapidement possible.

Merci ;)
 ·  Translate
Add a comment...

Thierry Chatel

Shared publicly  - 
 
Une journée de formation AngularJS niveau intermédiaire quasi gratuite en prélude à ngEurope.
Elle portera sur les formulaires et directives avancées.
 ·  Translate
 
Salut à tous!

Si vous avez déjà votre ticket pour la conférence ng-europe, vous pouvez assister pour seulement 25 euros à une journée entière de formation avec +Thierry Chatel, le premier formateur AngularJS de France. Thierry sera accompagné par +Julien Bouquillon (aka revolunet), auteur de nombreux projets open source Angular à succès tels que angular-google-analytics et angular-carousel. Thierry et Julien seront accompagnés aussi de deux professionnels de AngularJS que sont +Benjamin LONGEARET et +Mathieu Tricoire.

Quelques détails sur la formation:

* Les horaires seront de 9h à 17h30, déjeuner inclus et une pause en milieu de matinée et une autre en après midi.
* Le programme sera divisé en quatre parties comprenant chacune une leçon, un exercice et des informations complémentaires et bons trucs à savoir sur la leçon.
* le niveau requis est intermédiaire
* venir avec votre portable, nodejs, npm, git installé ainsi que votre bonne humeur :)
Le programme et le lieu exacte seront annoncés bientôt.

Je rappelle que cette formation ainsi que la ngEurope peuvent vous être remboursée en utilisant notre formulaire ici http://ngeurope.org/formation.html Vous pouvez aussi acheter votre ticket de 25 euros directement ici https://ti.to/patcito/ngeurope si vous avez un ticket pour la ngeurope.

à jeudi pour le prochain meetup!

Patrick
 ·  Translate
3
3
Add a comment...

Thierry Chatel

Shared publicly  - 
 
Camion publicitaire dans les rues de San Francisco. 
 ·  Translate
9
4
Bertrand Jolivel's profile photoJeremie Francois's profile photoDidier Schonne's profile photo
3 comments
 
C'est clair que ce n'est pas le même monde ! ☺
 ·  Translate
Add a comment...

Thierry Chatel

Shared publicly  - 
 
Badges
3
Add a comment...

Thierry Chatel
owner

Discussion  - 
 
Les slides de ma conférence à Devoxx France 2014, sur les bonnes pratiques avec AngularJS.
 ·  Translate
9
6
Rémi Becheras's profile photoAntoine Berthelin's profile photoThierry Chatel's profile photoYassine Ennebati's profile photo
6 comments
 
Merci merci :)
 ·  Translate
Add a comment...
Story
Tagline
Formateur AngularJS et consultant en architecture logicielle
Introduction
Je suis consultant et formateur, spécialisé en architecture logicielle dans le domaine de l'informatique de gestion.

Avec pour vocation d'améliorer la qualité des projets informatiques, je propose d'intervenir dès l'étude préalable, pour spécifier correctement les besoins et définir les grandes lignes de l'architecture du logiciel et de la modélisation des processus métier. Je réalise ensuite des audits d'applications existantes ou en cours de développement, et de l'accompagnement technique.

En tant que spécialiste du framework AngularJS, c'est actuellement sur ce framework que s'articule l'essentiel de mon activité : formation à AngularJS et JavaScript, audit et conseil sur des applications AngularJS.
Education
  • Ecole Centrale Paris
    1994
Basic Information
Gender
Male
Work
Occupation
Consultant en architecture logicielle, formateur AngularJS
Employment
  • MethoTIC Conseil - architecture logicielle et formation AngularJS
    present
Places
Map of the places this user has livedMap of the places this user has livedMap of the places this user has lived
Currently
Lunel
Links
Other profiles
Contributor to