Les négociations sur l’accord de partenariat transatlantique (TTIP) ne tarderont pas de reprendre. Démonstration par l’absurde des priorités réelles des dirigeants européens. Humiliés comme on est rarement (à la suite de la révélation par Washington de leur collaboration avec la NSA), placés en face de la réalité d’une surveillance US hors contrôle, sur leurs citoyens/leurs entreprises/leurs propres communications personnelles, ils continuent à faire comme si de rien n’était. 

Le tout pour un accord qui, selon les estimations les plus optimistes (celles de la représentation commerciale US à Bruxelles) donnerait, peut-être, une impulsion de 0,4%  du PIB à la croissance européenne. Mais son mérite n’est pas là car, de l’aveu officiel américain, « nous ne focalisons pas sur les chiffres concrets ». 

Pour bien prendre la mesure de l’importance de ces négociations commerciales aux yeux des responsables euro-atlantistes, il faut se tourner vers l’OTAN où le secrétaire général Rasmussen s’extasie devant ce qu’il espère devenir le fondement d’une « communauté transatlantique véritablement intégrée ».  

Il va même jusqu’à évoquer l’article 2 du traité de Washington de l’Alliance pour démontrer à quel point il serait logique d’établir cette nouvelle « OTAN économique » à côté de l’OTAN proprement dite. Elle pourrait alors devenir, selon Rasmussen, un brillant exemple pour la coopération économique, tout comme l’Alliance l’est de son côté pour la coopération en matière de sécurité… 

Alors là, c’est la comparaison de trop. Car mêmes les avocats les plus zélés du TTIP espèrent quelque chose de plus qu’un « partenariat » aussi déséquilibré que celui qui prévaut au sein de l’Alliance atlantique. N’empêche qu’à force de persévérer, ils ne feront que d’étendre et d’aggraver ce même déséquilibre.

Discours du Secrétaire général Anders Fogh Rasmussen sur « Une nouvelle ère pour le commerce UE-US » à la Confederation of Danish Industry, Copenhague, 7 octobre 2013 :
http://www.nato.int/cps/en/natolive/opinions_103863.htm 
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