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christophe sanchez
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lit en lui comme dans un blog et accessoirement, écrit dedans.• fut-il.net • co-revuiste @RevueLaPiscine
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christophe sanchez's posts

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7 variations sur le même thème #5
N’oublie pas la blessure. Le pansement ne cache rien. Dans la plaie résiste une peur que tu ne peux soigner. L’onguent du temps ne soulage rien. La douleur passe à travers la peau malgré l’oubli des peines. Elle est têtue, purulence d’un destin caillé dans ...

C’est un jour de février. Le ciel est bas et son corps sans le vouloir se voûte sous le poids des nuages. Elle se protège comme s’il risquait de lui tomber sur la tête. Son dos forme une bosse, une saillie sous sa cape. C’est le haut d’une croix qu’elle porte depuis toujours et qu’elle dresse vers son Dieu pour le mettre en garde. Elle sait se défendre de toute la misère qu’il crache. Le ciel en colère ne lui fait plus peur.
C'est un jour de février cloué sur le trottoir où une flaque noire renvoie sa silhouette ramassée. Son visage est clos par une piété triste et la bouche entrouverte, elle murmure quelque psaume inaudible. Elle lutte avec ses démons, les yeux à présent tombés dans la coupe que forment ses mains comme pour accueillir la pluie.
C’est un jour de février. Un nuage se pose juste au-dessus d’elle et la recouvre d’une ombre si noire qu’on dirait soudain la nuit tombée. Il est seize heures et l’hiver tend une écharpe à la vieille dame. Elle s’emmitoufle dans l’obscurité et sort de la bosse un chapelet de perles qu’elle fait glisser entre ses doigts. D’une colère pauvre, elle somme le monde entier de la laisser tranquille. Elle descend du trottoir, s’arrête au milieu de la route. Une voiture l’évite, puis deux… Elle se redresse, bat sa bosse en tendant tout son corps vers le ciel et se met à pleurer. Dans le raffut des klaxons, le cliquetis des perles.

#LesGens #UnJourDeFevrier

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7 variations sur le même thème #4
Au bord de toi, je garde un pied sur la ligne, l’autre dans le vide. Un vertige me saisit dès que ton âme se désaxe. Je reste en rotation, pris dans l’attraction d’un désastre. Ta plainte est un pic, ta langue une corde lisse et je tombe dans un abîme de ch...

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On cause de Morning à la fenêtre #Morning
Ci-dessous des extraits de deux nouvelles notes de lecture sur « Morning à la fenêtre » paru en septembre 2016 chez Tarmac éditions :  http://bit.ly/morning_tarmac Un grand merci à Marilyne Bertoncini et Marilyse Leroux. Marilyne Bertoncini, dans Recours au...

Sur le trottoir étroit, la ville grouille. Des gens comme s'il en pleuvait clapote dans l'eau. Montent, descendent. Ouvrent leur parapluie sous le redoux. Il fait bon mais il fait pluie.
Sur le trottoir étroit, les gens de la ville se croisent, têtes baissées. Foncent et se cognent, s'excusent et passent leur chemin.
Sur le trottoir étroit, certains — les pires — hésitent, lèvent le nez, se toisent en ralentissant avec dans le regard une appréhension : qui doit descendre du trottoir pour laisser la place à l'autre ? Suis-je celui qui doit faire preuve de politesse ? Car je suis plus jeune que la personne hésitante en face de moi et que je lui dois le respect, car je suis un homme galant devant la femme qui n'a pas l'intention de dévier de son chemin, car ce quidam est plus costaud que moi et que si on en vient au choc, ça peut faire du grabuge. Trop de tergiversations qui ne parviennent pas à trancher la situation.
Et puis après tout, ce morveux à capuche doit descendre le premier. La pluie redouble et le caniveau est un ruisseau désormais, je ne vais quand même pas foutre mes pieds dans l'eau jusqu'aux chevilles pour ce con prétentieux avec son costume et sa cravate qui ne veut pas descendre du trottoir. Non mais !
L'un part à gauche en rasant le mur, l'autre aussi. Impact.

#LesGens #Impact

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#SlowReading — La Patagonie • Perrine Le Querrec — Éditions Les Carnets du Dessert de Lune

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#LesGens
Reprise des posts Facebook #LesGens  : traversée entre les gens, leur lieu, leur instant. Un regard forcément biaisé sur eux et ce qu'ils dégagent parce que c'est écrit et que ça passe par la tête avant d'arriver aux doigts. Ce n'est pas la réalité mais ça ...

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7 variations sur le même thème #3
Sur le chemin un point de soleil entre deux brassées d’air. C’est là que tu tires un souffle auprès d’un arbre éteint. Une buée glisse et se répand sur les bûches du temps. Tu ne bouges pas, un voile t’avale. De toi plus personne ne sait rien. Tu te confond...

Il a une tache de vin dans le cou. Une belle carte faite de veines en guise de frontières. Il me parle lentement. Lorsque mon regard, sans que je puisse m’en empêcher, passe sur sa petite topographie, sa main remonte pour masquer les lignes, les creux et les bosses. Sa tache ressemble aux Etats-Unis d’Amérique. Il se gratte la Floride où quelques poils s’enquillent. Défiant, il se frotte le menton près de la Californie. Sa gêne augmente, le met dans tous ses états. Il perd son assurance, bredouille, bave, gesticule autour de son cou jusqu’à défaire les faits, même les plus alternatifs. Quelques minutes durant lesquelles l’on sait tous les deux qu’il ne faut rien en dire. De la tache, des Etats-Unis. Mais dès lors, parler d’autre chose devient comme traverser l’Atlantique à la nage.

#LesGens #DansLeCou


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7 variations sur le même thème #2
C’est à la tombée du jour que les grimaces s’affolent. Entre enfance et pudeur, c’est là que tu t’ébats. Tes yeux roulent pour chasser les poussières. Ton cœur s’écarte pour laisser entrer le jeu. Ton corps convulse aux prémices de l’envoûtement. La petite ...
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