Le faux antagonisme entre liberté et sécurité.

Bruxelles ce week-end le rappelle: l’insécurité, ce n’est pas la liberté.

Ce n’est pas parce qu’en Europe on veut (faire) croire depuis 2001 que le Patriot Act américain est liberticide que c’est vrai: où sont les dommages, en quoi Madame et Monsieur Tout-le-monde, et autres activités politiques ou culturelles, en ont-ils souffert? C’est toujours en Russie que le pouvoir persécute ses opposants, pas dans les démocraties libérales: la liberté est autant une pratique que des textes.

Si toute mesure sécuritaire n’accroît pas forcément la liberté, liberté et sécurité ne sont pas non plus un jeu à somme nulle. Toute avancée de celle-ci n’est pas forcément au détriment de celle-là, n’en déplaise aux paranos de la protection d’une sphère privée abstraite, prenant la pose martiale d’assumer (surtout pour autrui) le risque qui bien sûr subsistera toujours. Mieux vaut une surveillance efficace, avant, que l’armée dans les rues, après.

De tout temps les forces de l’ordre (police et autres services plus ou moins secret) n’ont pas eu seulement pour mission d’attendre que des infractions soient commises pour remettre leurs auteurs présumés à la justice. C’est encore mieux, même si c’est moins spectaculaire, de les prévenir ou simplement d’empêcher bien en amont qu’elles se produisent en perturbant les perturbateurs potentiels. Qu’il faille adapter la législation aux nouvelles modalités de la vie numérique ou du terrorisme de masse n’a rien d’étonnant.

Bien sûr qu’il faut le faire avec prudence et pragmatisme. Mais le procès d'intention et le refus d’entrer en matière pour ne pas avoir à se salir les mains avec la réalité ne sont politiquement pas défendables.
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