Tout le problème, en un mot ? "Rituel".

Un rituel en Bouddhisme ne peut être séparé des conséquences dudit rituel. Par exemple, si une prière (du type développement de la compassion — metta ) aide à s'ouvrir à l'autre, ou à vivre en paix avec notre prochain, alors c'est un rituel utile et constructif… Si "relâcher" dans la nature des animaux qui n'avaient été élevés qu'à fin d'être vendus (contre profit) pour être relâchés ne sauve pas lesdits animaux et entraine au contraire des dégâts, alors c'est un rituel ridicule, néfaste et à éviter, qu'il soit "traditionnel" ou pas…

Il n'y a pas, en Bouddhisme, de "mérite" qui peut être stocké (sur un compte épargne ?) pour une sorte de jugement au moment de la mort. Il y a "mérite" mais "causal", pas "stocké" : les conséquences sont donc critiques !

Et il n'y a pas, en Bouddhisme, de "mérite" obtenu pour "bonne" sottise. L'intention compte, mais elle doit être cultivée pour devenir "juste", "entière" ou "pleine", c-à-d. elle ne peut être sélective, aveugle aux conséquences qui dérangent, etc.

L'intention de libérer des êtres sensibles de la souffrance ou de la mort se fait en protégeant l'environnement, en évitant le gaspillage, etc. et non pas en relâchant des animaux d'élevage dans la nature, sans prendre le soin de vérifier l'adéquation entre espèce relâchée et environnement dans lequel elle l'est, ou sans prendre le soin de voyager pour de facto trouver l'environnement adapté.

Quand l'intention supposée "positive" du rituel est mélangée au négligent "j'en ai rien à faire" et à l'égoïste "je ne vais quand même pas réellement prendre soin de cet animal, et lui trouver un environnement qui va", le rituel a perdu sa valeur voire devient son contraire : une forme d'égoïsme destructeur, au nom du "mérite" individuel, sans souci de l'inter-dépendance des phénomènes !
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