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Microscope ouvre les yeux sur le ciel
Par l’équipe Microscope

Quatre jours après sa mise en orbite, #Microscope  a bien gagné en acuité sensorielle.
 
Tout commence vendredi 29/04 à 8 h 30 par une activité de validation exhaustive des lignes de réchauffage. En effet, une myriade de résistances équipe la plateforme pour maintenir chaque équipement dans sa plage de fonctionnement malgré le froid du vide spatial. Les lignes de puissance basculent en tous sens, les consommations sont conformes aux prévisions, tout va bien.
 
Deux heures plus tard, lors d’un passage de Microscope au-dessus de la station de Kourou, nous procédons à l’allumage des senseurs stellaires. Deux têtes optiques vont se mettre à scruter le ciel, à la recherche de motifs d’étoiles connus pour estimer finement l’orientation du satellite. Ces mini-télescopes joueront un rôle important dans l’expérience, puisqu’il faut connaître précisément l’orientation du champ de gravité par rapport à l’instrument de mesure. Quelques minutes après la mise en configuration des senseurs nous observons les premiers « quaternions d’attitude » valides. Applaudissements dans la salle des experts : Microscope a trouvé la vue et s’est orienté correctement !
 
À 12 h 00 vient ensuite le tour du récepteur GPS. Là encore, c’est une grande satisfaction de voir descendre en direct les premières mesures valides. Le récepteur fournit un temps précis, ainsi qu’une mesure de position qui viendra affiner le calcul d’orbite, jusque-là basé sur la mesure des signaux RF envoyés par le satellite au-dessus de chaque station terrestre. Comme beaucoup d’autres, ces éléments contribueront à la performance de la mesure du principe d’équivalence, le signal recherché étant directement lié au champ de gravitation et donc à la position sur orbite qu’il faut bien connaître.
 
Après une rapide pause repas, nous faisons le point des activités passées et à venir lors de la réunion quotidienne du GCO (Groupe de Coordination Opérationnel). L’après-midi sera consacrée à la vérification du système IDEAS, qui ne servira que dans quelques années pour déployer ses ailes et accélérer la rentrée dans l’atmosphère de MICROSCOPE. Nous récupèrerons ensuite un maximum de données pour caractériser finement les comportements des senseurs fraîchement activés.
 
À 19 h 45, la fin des activités opérationnelles est déclarée. Microscope sera laissé tranquille par les équipes pour le week-end, avant la mise en œuvre tant attendue de la charge utile.

Comment travaillent les ingénieurs du CNES ? Cette semaine, l’équipe du satellite Microscope vous parle de son travail lors de sa mise sur orbite. N'hésitez pas à poser vos questions !
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Romain Mejean's profile photojean-marie thierry's profile photoJose Galas Cifuentes's profile photoCité Segora's profile photo
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Intéressant de connaître le détail des procédures de mise en route d'un satellite. Merci.
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Une longue et courte nuit
Par l’équipe Microscope

La nuit devait être longue, elle est passée trop vite… Après la retransmission du lancement et le suivi des évènements de mise en orbite pour Sentinel1B, les équipes Microscope se séparaient entre des veilleurs de nuit incapables de dormir, des personnes en repos, et des travailleurs qui poursuivaient la chronologie négative : pour ces derniers il s'agissait de vérifier le bon état du segment sol et des antennes avant la première acquisition. Aucune anicroche de ce côté.
 
Nous imaginions les 5h d'attente très longues. Elles ont filé, ponctuées des comptes rendus sur la bonne réalisation des multiples boosts de Fregat. Et nous voilà déjà à 03h03, moment de la séparation entre Microscope et Fregat. La télémesure lanceur indique une séparation correcte, premier soulagement.
A 3h30 nous recevons un diagnostic sur l'orbite qui elle aussi semble nominale. Mais Microscope n’est pas encore en vue d’une des six stations de réception. Son premier signe de vie ne doit nous arriver que 45 minutes plus tard.

Tous les experts sont en place au centre de contrôle pour vivre le moment fatidique de la première télémesure. Quelques minutes avant l'heure prévue, le silence se fait dans la salle des experts, chacun retient son souffle. À 04h13min47s le premier signal de Microscope se fait entendre au-dessus de la station d'Inuvik : tout va bien, la séquence de début de vie s'est très bien déroulée et tout est nominal à bord !
 
Les activités peuvent alors se poursuivre, sans utiliser une programmation d'urgence. On avance progressivement dans l'analyse du comportement de la plateforme, tellement nominal qu'il semblerait tout droit sorti d'un simulateur. Les premières télécommandes sont envoyées à 07h44, puis on vide les données de télémesure stockées à bord afin d'offrir plus de données aux avides architectes. Ils vont se précipiter pour dépouiller tout cela et faire parler chacun des octets du signal reçu. Et revivre un peu de cet évènement incroyable et si bref qu'est le réveil d'un satellite, à sa séparation du lanceur…

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Manuel Rodrigues's profile photo
 
Bravo à toute l'équipe. On a hâte d'y être aussi lundi......
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Report de VS14 - Ça n’est pas de la science-fiction !
Par l’équipe Microscope

Dans les films de science-fiction, les décollages s’improvisent au dernier moment, et la météo ne semble pas être un problème… Hier soir le rouge météo nous a pleinement ancré dans la réalité. Le report de tir fait partie des contingences que nous avions préparées, et il a quelques conséquences sur le travail de l’équipe Microscope à Toulouse.
 
Vendredi 18 h 30 : la chronologie négative lanceur a été interrompue avant le remplissage de Soyouz. En cause des vents d’altitude importants qui créent un risque sur le lanceur et pour la sauvegarde (retombée d’éléments au sol).
Une fois l’information reçue et confirmée, nous devons décaler toutes les activités d’un jour. On aimerait que ça ne soit que l’affaire d’un +24 heures dans un tableau, mais tout n’est pas aussi simple…
 
19 h : nous avertissons en cascade toutes les équipes pour reporter les tours de travail de 24 h. La soirée événementielle est elle annulée et reportée sous une autre forme, contraintes du week-end obligent.
 
19 h 30 : les activités de la chronologie négative au centre de contrôle sont déjà stoppées et, à la place, un travail important de nouvelle réservation des passages station démarre. Le réseau des antennes sol CNES doit être réaffecté pour permettre de décaler les tests sur les 6 stations utilisées par Microscope six heures avant tir, et pour offrir les passages nécessaires aux activités de début de vie pendant les premières 48 heures. Cet exercice avait été anticipé pour éviter les conflits avec tous les autres satellites opérés par le CNES.
 
Vers 20 h : les dernières équipes en poste au centre de contrôle rentrent se reposer. Le chef de mission indique que le reste du travail de planification reprend le lendemain.
 
Samedi 8 h : une équipe de 6 personnes finalise le travail. Les passages station sont vérifiés, et toutes les chronologies opérationnelles avec les groupes de commande sont redatés et vérifiés. Nous travaillons autour d’un beau buffet de petit-déjeuner, restes inévitables de ce qui était prévu pour les shifts de nuit de 50 personnes.
D’ici quelques heures le travail sera achevé, nous rentrerons pour un tour de repos en espérant que ce coup-ci ça sera le bon ! 

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Merci pour ce post !
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De la CRE VCF à la RG2
Pierre-Yves Guidotti, responsable système Microscope

La journée commence par une CRE VCF. Dans le spatial, comme dans beaucoup de métiers, on est très fort en acronymes. Derrière ces termes barbares se cache la Commission de Revue des Essais pour la Validation des Chaînes Fonctionnelles. On revoit lors de cette réunion, avec un formalisme cadré par le responsable qualité, les essais menés pour valider toutes les fonctions et interfaces pilotées par le logiciel de vol central.
Sur Microscope, comme pour les autres micro-satellites développés au CNES, on utilise depuis 2000 un simulateur temps réel parfaitement représentatif du satellite. Il est composé d’un calculateur sur lequel tourne le logiciel de vol, de cartes électroniques représentant toutes les interfaces avec les équipements du satellite et des modèles numériques de ces équipements. Pour certains équipements "sensibles", on utilise de vrais calculateurs, des modèles de qualification qui ne voleront pas.
Aujourd'hui c'est la dernière des CRE VCF. C’est l'aboutissement de plus de 3 ans d'activités pour 5 personnes, plus d'une centaine d'essais, des mois de simulation, des centaines de fiches d'anomalie et d'évolution, une vingtaine de revues VCF. Dialogues avec les équipements, modes satellites, asservissements internes, détections de pannes et reconfiguration, tout est conforme. Ouf !
 
Après ces 3 heures de réunion vient le temps d'une pause un peu particulière. Le chef de projet organise un pot pour célébrer le prochain départ en campagne du satellite, la fin de la qualification technique du système et le début des répétitions générales. Plus de 200 personnes partagent un moment d'émotion lors de l'évocation des dates clés et événements qui ont marqué le projet. Rendez-vous compte : un projet démarré il y a plus de 15 ans, l'équivalent de 300 équivalents temps plein engagés, et nous voici à moins de 2 mois du tir. Le moment d'une photo de groupe, et d’un passage en salle blanche pour voir une dernière fois le satellite. Pour beaucoup les échanges avec MICROSCOPE ne se feront plus bientôt que par les ondes de la bande S…

Mais il est temps d'aller prendre du repos. Cette nuit beaucoup de repères spatio-temporels vont sauter, on passe en rythme de travail 24 h/24 pour la deuxième Répétition Générale. Ce matin, les équipes du centre de contrôle ont préparé tous les postes de travail et le simulateur.
Dans la nuit de mardi à mercredi, nous simulerons la séparation du lanceur à 01h03 UTC, puis l'enchaînement de toutes les activités permettant de vérifier la bonne mise à poste et le comportement du satellite dans son mode le plus robuste, le MAS (Mode Acquisition Survie). Puis nous passerons en mode grossier, propice à la recette et la vérification de tous les équipements.
Cette RG2 aura une saveur toute particulière, les équipes le savent bien, puisque j'injecterai un certain nombre de pannes dans le système à l'aide de quelques complices. Le but est de confronter les équipes à des anomalies, pour vérifier qu’ils effectuent les bonnes analyses et lancent les bonnes procédures de reconfiguration. À 5h du matin, quand vous attendez du signal en provenance du satellite et que rien ne répond, je peux vous dire que le stress monte rapidement. Mais chut, ne dévoilons pas tout de suite la teneur de la RG2… Gageons que les responsables système qui me relaient, les responsables satellite ou opérations et tous les architectes sauront réagir impeccablement !

Comment travaillent les ingénieurs du CNES ? Cette semaine, Pierre-Yves Guidotti, responsable système pour le satellite Microscope, vous parle de son travail à 6 semaines du lancement. N'hésitez pas à poser vos questions !
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Si les espoirs de reprendre le contact sont désormais minimes, Rosetta est toujours à l’écoute de Philae.
La sonde spatiale, toujours en orbite autour de la comète Churyumov-Gerasimenko, s’en rapproche peu à peu, augmentant les chances de contact avec Philae. Si la quantité d’énergie solaire que reçoit Philae diminue progressivement, l’incertitude sur la position et l’orientation de Philae laisse quelques espoirs aux scientifiques. Une équipe réduite est donc toujours en place au SONC, le centre de contrôle de Philae du CNES.
https://rosetta.cnes.fr/fr/mince-espoir-d-etablir-une-liaison-avec-philae

Après son atterrissage sur « Tchoury », en novembre 2014, le petit robot avait travaillé durant 60 heures, réalisant 80 % de son programme scientifique. Puis, après s’être assoupi sur sa comète, il avait brièvement recontacté Rosetta en juin et juillet dernier.
À l’époque, l’énergie du Soleil était largement suffisante pour alimenter les panneaux solaires de Philae. Mais ces communications n’avaient pas permis de compléter les opérations scientifiques de l’atterrisseur.
Rosetta avait dû se mettre hors de portée de Philae en s’éloignant de la comète, très active lors de son passage au plus près du Soleil. Cela avait rendu tout nouveau contact impossible.
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LEOP accomplie avec succès !
Par l’équipe Microscope

Mercredi 27/04 à 22 h 30, le groupe de coordination opérationnelle, le GCO, prononçait la fin de la première phase d’opérations, la LEOP, qui s’est parfaitement déroulée. Il aura fallu 48 heures d’activités non-stop, 31 passages station, 26 orbites, le relais de 80 personnes et quelques litres de café pour garantir la bonne santé de Microscope dans son mode grossier de contrôle (basé sur le champ magnétique terrestre).
 
Même si ces opérations sont très similaires à ce qui a déjà été réalisé pour les autres microsatellites du CNES, elles n’en demeurent pas moins critiques pour chaque plateforme qui voit l’espace pour la première fois. Le passage station au-dessus de Kourou à 23 h  l’illustre bien, avec la réception des premiers « EDAC » sur une mémoire du calculateur central. L’environnement spatial est hostile, avec son bombardement régulier de particules qui prennent un malin plaisir à faire basculer les bits des mémoires. On utilise donc des composants particulièrement robustes, et on implémente des codes détecteurs et correcteurs d’erreurs, l’EDAC. L’analyse des données est rapidement effectuée par les experts du logiciel de vol et de la commande-contrôle juste après la réunion du GCO de fin de LEOP. Ils confirment l’hypothèse d’un événement singulier survenu au-dessus de la SAA (South Atlantic Anomaly), zone dans laquelle le bombardement est plus intense. Ces évènements ont été gérés comme prévu par le mécanisme EDAC à bord qui fait son reporting en télémesure.
 
Il est temps maintenant pour les équipes de se recaler sur un rythme de travail plus normal, avec la fin des activités de nuit. Nous libérons les supports spécifiques MICROSCOPE pour le réseau d’antennes sol et le réseau de transmission de données, pour les services informatiques et la phonie. Tous les automatismes ont été validés ; chaque passage station est maintenant entièrement automatique, depuis la mise en configuration de l’antenne, la connexion du centre de contrôle à l’antenne, le vidage de télémesure par le satellite en bande S, la réception, la transmission puis la mise sous un format lisible des données jusqu’aux utilisateurs.
 
Jeudi 28 les équipes sont en repos avec quelques astreintes en cas de problème. Vendredi nous reconfigurerons la salle des experts pour accueillir de nouveaux venus participant à la mise en œuvre du récepteur GPS, nous activerons également le senseur stellaire. Les activités spécifiques à MICROSCOPE vont alors commencer, avec un nouveau lot d’émotions.

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Lancement réussi ! Cette nuit, Soyouz  #VS14  , après avoir décollé du Centre Spatial Guyanais, a placé sur orbite  #Microscope  ,   #Sentinel1B   et trois cubesats.

Microscope testera avec une précision 100 fois meilleure que sur Terre le principe d’équivalence, fondement de la théorie de la relativité générale d’  #Einstein  . 
Il est réalisé en collaboration avec l’#ONERA, le +CNRS l’+European Space Agency, ESA et le +DLR, German Aerospace Center : http://microscope.cnes.fr
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Learn more about the COMARS+ package that #DLR developed for +European Space Agency, ESA's  #ExoMars2016 to gather flight data during entry, descent and landing on #Mars.

More about COMARS+: http://www.dlr.de/as/en/desktopdefault.aspx/tabid-194/407_read-45334/

For more info about the mission, visit the ESA ExoMars site http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/ExoMars
and the +CNES ExoMars site https://exomars.cnes.fr/en/EXOMARS/index.htm

Launch of #ExoMars is scheduled for 10:31 CET (09:31 GMT) from the Baikonur Cosmodrome in Kazakhstan. Livestreaming of the launch will begin on 14 March at 09:30 CET (08:30 GMT), with regular text updates provided on this page: http://bit.ly/1RbzISq

Image: Complete COMARS+ payload including harness. Credit: DLR (CC-BY 3.0).
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Microscope s’envole pour Kourou
Pierre-Yves Guidotti, responsable système Microscope

La fin de RG2 approche ; les derniers paris ouverts sur les cas de panne vont voir un dénouement proche.

J+3 05h00 : une anomalie conduit à un nouveau redémarrage du calculateur central. L'objectif que je visais avec ce dernier évènement était de tester l'appel automatique par le centre de contrôle du personnel en astreinte, suivi du déclenchement en cascade d'autres appels. Les équipes doivent alors revenir au centre de contrôle, appliquer les premières procédures suite à l'anomalie et planifier le reste des activités. N'étant pas d'astreinte mais en tour de repos, je rejoins les opérations quelques heures plus tard. Je vois alors comment tout cela s'est déroulé, fais un petit débriefing avec mes collègues, et prononce officiellement la fin de l'essai RG2 : nul besoin d'en faire plus, tous les objectifs sont atteints et le bilan est très satisfaisant ! Le système a été profondément secoué, tous les métiers ont été sollicités pour gérer efficacement les nombreuses reconfigurations et revoir la planification des opérations. Tout ceci n'est pas facile avec la fatigue accumulée par les longues nuits d'opération. Nous tiendrons dans 10 jours une commission de revue de cet essai pour faire le point sur la configuration finale, les anomalies rencontrées, les actions ouvertes, et j'accepterai alors formellement cet essai.

La fin de la matinée est vite passée avec quelques discussions de couloir. C'est toujours important de récolter les impressions et échanger avec les collègues, surtout après ce genre d'essai très sollicitant.

Durant l'après-midi je passe en téléconférence avec nos partenaires de l'ONERA pour discuter des ressources au centre de mission scientifique. L'ONERA se prépare à gérer un centre à la fois opérationnel (analyse quotidienne du bon fonctionnement de l'instrument), et scientifique. Cette composante scientifique recouvre des logiciels élaborés pour étalonner des paramètres de l'instrument, puis les réinjecter dans les algorithmes d'extraction d'un éventuel signal de violation du principe d'équivalence. Dimensionner les ressources pour ce genre d'expérience nouvelle et où beaucoup d'aléas peuvent subvenir n'est pas évident du tout. 

Je termine ensuite ma semaine par du traitement de dossiers et de courriels. La revue de fin de qualification opérationnelle approche (le 21 mars). Beaucoup de dossiers convergent à cette période clé vers le responsable système pour relecture et validation. Avec toute l'équipe, nous soumettrons à un groupe de revue (une sorte d'audit) les documents démontrant la pleine qualification et décrivant notre organisation pour mener à bien les opérations en vol.

La fin de la journée s'annonce, je passe dire au-revoir au responsable satellite. Il part lundi prochain avec le satellite, direction Kourou pour 6 semaines de campagne. Après des années de travail en commun, cela fait quelque chose de le voir partir. On se reverra à J-3, juste avant le tir pour reprendre des activités similaires à RG2, les anomalies en moins espérons le !

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Une de ces simulations qui ont l’air plus vraies que la réalité
Pierre-Yves Guidotti, responsable système Microscope

Bienvenue dans la RG2, la LEOP comme si vous y étiez, avec des anomalies en plus ! La LEOP C’est la « Launch and Early Operations Phase », période critique dans la vie d’un satellite qui accède à l’espace. 707 km d’altitude, le grand froid côté espace et un flux solaire qui réchauffe et apporte l’énergie nécessaire pour recharger les batteries. Nous allons simuler en temps réel cette phase lors d’une répétition générale, pour laquelle j’ai préparé quelques surprises. 

J0 21h02 UTC : lancement depuis Kourou avec une fusée Soyouz qui met à poste le passager principal (Sentinel 1B) puis 2 CubeSat. Quatre heures et quelques boosts de l’étage supérieur plus tard, c’est au tour de Microscope d’être libéré.

J+1 01h03 : début de notre simulation. Dès la séparation lanceur, le satellite se réveille automatiquement et le logiciel de vol central commande le déploiement des panneaux solaires, pilote les lignes de réchauffage. Il active le système de contrôle d’attitude pour pointer au plus vite vers le Soleil, recharger les batteries et se mettre dans un état thermique stable.

J+1 02h13 : enfin !! Voici la première visibilité station, nous récupérons les premières télémesures qui transitent via des stations dans le Nord Canada, puis en Suède, et en Afrique du Sud. Premières observations, premiers soulagements : les générateurs solaires sont bien déployés, le mode acquisition survie se déroule correctement, la décharge batterie est correcte : l’essentiel est assuré. Seule ombre au tableau, on ne dispose pas encore d’information sur l’orbite d’injection. Nous perdons comme prévu la visibilité vers 03h05.

J+1 03h53 : 2e enfilade de stations, on s’attend à voir Microscope revenir en visibilité et à confirmer les premières observations sur le bon état du satellite. Mais patatras, il n’y a pas de signal. Le stress monte dans les équipes. Les informations que je reçois ne permettent pas de statuer sur le problème, il faut temporiser et attendre une estimation d’orbite qui finira par arriver vers 04h30. On redésigne les stations sur cette base, et on finit par retrouver Microscope. Ouf. Première anomalie de la RG2 passée... De tels cas de dispersion d’orbite, sans information sur l’orbite à séparation + 2h correspondent à une panne majeure du lanceur, donc une situation extrêmement dégradée.

Au fil des heures et des passages qui suivent les architectes satellite découvrent les pannes injectées dans la simulation. Je les vois se gratter la tête, proposer des explications, des procédures de reconfiguration. La nuit et la matinée sont ponctuées de réunions de coordination où, avec le chef de mission, je planifie les opérations pour avancer progressivement dans la mise en configuration du satellite. La séquence des activités nominalement prévue est vite chamboulée, mais le cap est tenu. 

Puis je passe le relais à ma coéquipière responsable système, qui me remplacera de 11 à 22h. Le repos fera du bien !

J+1 22h00 : je reprends mon poste, 30 min de débriefing avec mon binôme avant qu’elle n’aille se coucher. Globalement tout s’est déroulé selon le planning prévu, avec évidemment quelques menues surprises, au niveau des outils sol ce coup-ci.

J+2 03h00 : nous attendions de voir Microscope sortir du mode survie pour rejoindre le mode grossier de contrôle d’attitude. Mais à la période de visibilité suivante, on découvre qu’un redémarrage du calculateur, certainement provoqué par l’impact d’un ion lourd, a bloqué toutes les activités prévues à bord. Je donne l’autorisation de jouer les procédures « immédiates » pour stabiliser le satellite et le système dans ce genre de situation. Puis il va falloir enquêter, et tout replanifier ! Cette anomalie (volontaire elle aussi) a beaucoup de conséquences opérationnelles. Après un gros travail de toutes les équipes, on finit par rétablir la situation, le planning a pris 11h de retard…

Quelques opérations en plus, un va-et-vient régulier des équipes qui tournent, des pauses café et repas qui font du bien pour couper la fatigue des opérations… et on finit par prononcer à J+2 23h00 la fin des opérations de LEOP. Le satellite est placé en baby-sitting, des équipes en astreinte pour intervenir en cas de panne. RG2 sonnera-t-elle ce genre de rappel en cas de nouvelle panne ? À suivre…

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Réunion Système
Pierre-Yves Guidotti, responsable système Microscope

Tir moins 2 mois ; tout s'accélère de façon incroyable. Le satellite Microscope va bientôt quitter la salle blanche du CNES et partir pour Kourou d'où il décollera le 22 avril 2016 à bord d'une fusée Soyouz. L'équipe satellite a démontré l'aptitude au vol et va entrer en campagne de lancement. L'équipe système finalise les derniers essais de qualification, joue des répétitions générales et prépare sa revue de qualification opérationnelle afin que soient données les dernières autorisations pour le lancement.

Le lundi c'est le jour des réunions de coordination. L'après-midi, je tiens la réunion système avec l'équipe associée. Le système ? C'est une histoire d'interfaces et d'impacts. Derrière ce mot se tiennent beaucoup de composantes et de métiers qu'il faut coordonner. Pour Microscope, le CNES est maître d'œuvre du satellite et du système dans son ensemble, ce qui implique des équipes importantes à Toulouse et beaucoup d'interfaces en interne. En externe la principale interface est l'équipe scientifique de l'ONERA Palaiseau responsable de l'instrument et du centre de mission scientifique.

Comme chaque fois, nous commencerons par une revue des réunions et des jalons importants de la quinzaine à venir. Il faut synchroniser les agendas et assurer la juste participation des intervenants aux rendez-vous prévus. 

J'ai ensuite prévu une discussion sur le planning de la recette en vol. Les dernières études énergétiques sur le satellite ont libéré des marges. Il nous est donc maintenant possible de poursuivre les activités du mode mission entre mai et juillet, malgré la présence d'éclipses périodiques du Soleil par la Terre à cette saison. Voilà un sujet typiquement système ! Il faut trouver un planning qui minimise la durée de la recette en vol (2 à 3 mois), qui respecte les contraintes techniques du satellite, les contraintes opérationnelles et humaines, qui accommode quelques marges et permette in fine la mise en œuvre progressive et cohérente d'un système extrêmement complexe.
Complexe ? Imaginez la chose : pour permettre l'observation du principe d'équivalence avec une précision de 10^-15, nous allons mettre en œuvre une charge utile extrêmement sensible et utiliser les mesures accélérométriques de ses masses en lévitation pour mettre le satellite en "drag-free". Dans ce mode, le système de contrôle d'attitude et d'accélération assurera automatiquement la compensation de toutes les forces mesurées (sauf la gravitation bien sûr), grâce à un système de micro-propulsion gaz froid. Une première mondiale en orbite basse ! Mais, avant d'en arriver là, nous devrons passer de longues journées à allumer chaque équipement et le tester en vol, à le mettre « dans la boucle », à lancer les traitements sol d'analyse des données. Tout cela à partir de nos centres de contrôle et d'expertise, avec une visibilité en temps réel réduite (8 passages de 10 min par jour) et évidemment l'impossibilité de réparer en vol.

Le planning de la recette en vol est donc revu, ajusté en séance puis validé. Je poursuis la réunion avec un état d'avancement des essais système. Il n'en reste évidemment plus beaucoup, nous en sommes aux "RG". Ces Répétitions Générales sont assez emblématiques, puisque l'on répète les activités des premiers jours de vie du satellite, une fois lâché sur son orbite à 707 km d'altitude. C’est la phase la plus critique, qui sollicite toute l'organisation opérationnelle. Le tableau des tours pour travailler 24 h/24 donne une idée des opérations. À ces équipes s'ajoutent aussi tous les supports pour opérer les antennes au sol, les centres de restitution d'orbite et tous les moyens techniques transverses. 

Vient le moment du tour de table. Au menu avancement et reste à faire pour chaque composante, évocation des éventuelles difficultés. La magie de cet exercice c'est que les sujets "système" jaillissent naturellement, sous forme de problème ou de solution, c'est selon. 

Fin de la réunion. Retour au bureau, temps consacré au traitement des emails et appels téléphoniques nécessaires. 

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Quelles données satellites pour aider les secours ?
Claire Tinel, représentante du CNES au Secrétariat Exécutif de la Charte

Charte activée, satellites programmés : il n’y a plus qu’à être patients ! Les premières images sont acquises, en moyenne, moins de 30 heures après l’activation. Ce délai peut paraître long, mais, comme on ne peut « dérouter » un satellite, il faut attendre que celui-ci passe au-dessus de la zone d’intérêt.

Une fois l’image acquise, elle est téléchargée depuis le satellite vers les centres de production grâce à un réseau d’antennes spécialisées et le chef de projet de l’activation en est informé.
Une image radar, dont l’interprétation ne dépend pas des conditions météorologiques, sera automatiquement traitée et fournie.
Dans le cas d’une image optique, il ne faut pas que les nuages cachent les zones à observer :
○ si l’image est complètement nuageuse, elle est rejetée et la programmation continue, 
○ si elle est exempte de nuages, elle est validée,
○ si elle présente quelques nuages, le chef de projet va d’abord visualiser un aperçu et vérifier si ces nuages sont gênants.

Le chef de projet transmet les images satellites acquises à l’entité qui a déclenché la Charte, afin que celle-ci puisse en extraire toutes les informations permettant d’aider les équipes de secours. 

Mais les images seules ne sont en général pas suffisantes. C’est à ce moment-là que les services de cartographie rapide entrent dans la boucle. En effet, il est plus facile et rapide pour les équipes sur le terrain de lire des images déjà interprétées sous forme de carte de dégâts ou de situations.
Par exemple, en cas d’inondations, il est intéressant de connaître les délimitations de ces inondations, mais également de pouvoir déterminer si les lits des rivières se sont déplacés (par comparaison avec des images dites d’archives, acquises avant la catastrophe).
De même, lors de tremblements de terre ou de cyclones ayant frappé des zones urbaines, les secouristes ont besoin de l’identification des habitations impactées (endommagées ou détruites).
Dans ce cas, des organismes comme le SERTIT, à Strasbourg, sont capables, en seulement quelques heures, d’extraire l’information utile à partir d’images satellites de plusieurs centaines de kilomètres carrés grâce à la photo-interprétation.

Une activation dure en moyenne de deux à quatre semaines. Lorsque l’utilisateur ayant activé la Charte, en contact permanent avec le chef de projet, estime qu’il a reçu toutes les informations d’urgence nécessaires, le chef de projet peut enfin clore l’activation. Un travail qui se répète une quarantaine de fois par ans.

Comment travaillent les ingénieurs du CNES ? Cette semaine, Claire Tinel, représentante du CNES au Secrétariat Exécutif de la Charte, et Martine Béhague, ingénieur opérations, vous parlent de leur travail lors d’une astreinte Charte.
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L'agence spatiale française / The French space agency
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The French space agency / L'agence spatiale française

Founded in 1961, the Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) is the government agency responsible for shaping and implementing France’s space policy in Europe.
Its task is to invent the space systems of the future, bring space technologies to maturity and guarantee France’s independent access to space. 

CNES is a pivotal player in Europe’s space programme, and a major source of initiatives and proposals that aim to maintain France and Europe’s competitive edge.
It conceives and executes space programmes with its partners in the scientific community and industry, and is closely involved in many international cooperation programmes—the key to any far-reaching space policy.
The agency’s more-than 2,400-strong workforce constitutes an exceptional pool of talent, with some 1,800 engineers and executives, 35% of whom are women.
Through its ability to innovate and its forward-looking vision, CNES is helping to foster new technologies that will benefit society as a whole, focusing on:
  • Ariane
  • Sciences
  • Observation
  • Telecommunications
  • Defence
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Le CNES propose aux pouvoirs publics la politique spatiale de la France et la met en oeuvre dans 5 grands domaines stratégiques : Ariane, les Sciences, l’Observation, les Télécommunications et la Défense.

Ses 2 450 collaborateurs se répartissent dans quatre centres d’excellence : le Centre spatial de Toulouse pour la conception des systèmes orbitaux, la Direction des Lanceurs pour le développement des systèmes de lancement, le Centre spatial guyanais pour la mise en oeuvre des lanceurs européens et le Siège social pour l’élaboration de la politique spatiale.

Le CNES entretient des relations très étroites avec l’industrie spatiale, ses partenaires européens dans le cadre de l’Agence spatiale européenne et de la Commission européenne, et à l’international. Le CNES est un acteur majeur de la diplomatie économique et permet à l’industrie française d’enregistrer de nombreux succès.

Son président est Jean-Yves Le Gall.